Sandra Honoré s'exprime sur le retour de l'armée d'Haïti

La représentante du secrétaire général de l'ONU, Sandra Honoré, s'est exprimée sur le retour de l'armée, le travail fait pour renforcer la PNH et l'avenir des bases et équipements de la MINUSTAH après le 15 octobre.

Publié le 2017-08-09 | Le Nouvelliste

National -

Le Nouvelliste (LN) : Par rapport à la remobilisation des Forces armées d’Haïti, il y a plusieurs position exprimées. L’ex-secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, John Kelly, avait confié au Miami Herald que remobiliser une armée sans mission, c’est comme constituer un atelier de démons. Il y a des gens qui disent que l’État haïtien n’a pas les moyens de financer son armée. Il y a aussi ceux qui disent qu’il faut de préférence mettre l’accent sur le renforcement des capacités opérationnelles de la Police nationale d’Haïti. Dans le cas des Nations unies, vous vous situez où face à ces prises de position ?

Sandra Honoré (SH) : Je me situe vis-à-vis de ces prises de position comme représentante du secrétaire général des Nations unies et comme chef d’une mission à qui une tâche, un mandat a été confié par le Conseil de sécurité qui comprend la professionnalisation de la Police nationale d’Haïti. Je dirais donc que notre travail au cours de ces dernières années a été très cohérent avec les autorités haïtiennes pour préciser ce renforcement, cette consolidation de la PNH dans l’intérêt de la population haïtienne.

Je prends note des commentaires, des suggestions qui ont été faites non seulement par des autorités internationales et étrangères, mais aussi par la communauté haïtienne en ce concerne la remobilisation des Forces armées d’Haïti. Évidemment, c’est une décision qui a été prise, c’est un exercice qui avait été annoncé au cours de la campagne électorale. Le gouvernement saura donc ce qu’il fera dans ce cas surtout avec cet exercice projeté et avec les commentaires de la société civile haïtienne.

LN: En d’autres termes, c’est une question domestique, vous n’avez pas de commentaire, pas de préférence ?

SH: Je ne pense pas avoir une place pour exprimer une préférence. Je dois me limiter au mandat que nous avons comme mission du Conseil de sécurité en ce qui concerne la Police nationale d’Haïti. Et suivre, évidement avec attention et intérêt, les projets nationaux dont celui de la remobilisation des forces armées comme nous le faisons pour tous les projets sociaux visant le développement socioéconomique.

Notre mandat a été un mandat de contribuer à la stabilisation du pays. Une stabilisation qui va faciliter, d’une part, des investissements tant nationaux qu’internationaux pour créer des emplois. Tout le monde reconnaît dans le pays qu’il besoin de stabilisation pour aller vers de l’avant en ce qui concerne le développement socioéconomique pour le bien des citoyens du pays.

LN: Au niveau logistique, vous comptez rapatrier vos équipements ? Quel sera le sort de vos bases ?

SH: En ce qui concerne les composantes militaires et policières, l’équipement est la propriété des pays contributeurs de troupes et de police. De ce fait, à la fin de la mission, l’équipement d’un contingent militaire est rapatrié au pays originaire de ce contingent. En ce qui concerne des équipements, véhicules et autres, qui sont la propriété de la mission, étant donné que nous avons une mission de succession, suivant la procédure, nous devons premièrement voir quels équipements qui peuvent être laissés pour le travail opérationnel de la nouvelle mission. Nous devons ensuite voir dans quelle mesure certains équipements peuvent être déployés dans d’autres missions de maintien de la paix. Finalement, nous allons donner certains équipements au gouvernement d’Haïti.

À propos des bases, certaines ont été cédées à la mission par le gouvernement d’Haïti. Celles-là seront reconditionnées à l’État originel et remis au gouvernement d’Haïti. Dans le cas où ces bases appartiendraient à des propriétaires privés, c’est le même cas de figure. Elles seront reconditionnées et remises aux propriétaires privés.

Propos recueillis par Roberson Alphonse et Natacha Bazelais/ Transcription: Ricardo Lambert Auteur

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