Le président de l’ANAGH fait une plaidoirie pour la formation et le recyclage des greffiers

Publié le 2017-08-08 | Le Nouvelliste

National -

Alors que les greffiers observent deux semaines de trêve pour sortir certains dossiers en souffrance, le président de l’Association nationale des greffiers haïtiens (ANAGH), Jean Thomas Lans, en a profité pour apporter certains éclaircissements relatifs à la profession des greffiers et a balayé d’un revers de main certaines accusations.

Lors d’une interview accordée au journal vendredi, Jean Thomas Lans, qui a concédé qu’il y a eu trop de lacunes dans le milieu, plaide par ailleurs pour la mise en place d’une école pour former et recycler les greffiers.

Pour le moment, dit-il, notre proposition faite au ministère de la Justice pour instituer une école pour former les greffiers reste dans l’impasse. Le titulaire de l’ANAGH encourage la création d’une section greffe à l’École de la magistrature pour une formation initiale aux profits des greffiers.

« Cette fonction requiert beaucoup de bon sens et des aptitudes intellectuelles », a-t-il confié. Le président de l’ANAGH a admis que des personnes non compétentes dans le milieu peuvent créer une certaine lenteur dans le traitement des dossiers.

Plus loin, il en a profité pour critiquer les nominations malencontreuses souvent effectuées au sein des greffes du pays. « C’est lamentable de voir comment on embauche les greffiers », a-t-il fustigé. Si le décret du 22 août 1995 stipule clairement que des greffiers des tribunaux de premières instances, des cours d’appel et de cassation doivent être licenciés en droit, Jean Thomas Lans a déploré le fait qu’en général, ce sont des parlementaires ou une personne influente, ou un magistrat qui procèdent à leur nomination.

Affaire du greffier Fréderick Gédéon accusé de concussion

Fréderick Gédéon, greffier au Palais de justice de Port-au-Prince a été accusé de concussion puis arrêté le 15 mai sur ordre du juge d’instruction, Jean Wilner Morin. De l’avis du président Jean Thomas Lans, c’était une décision arbitraire car, dit-il, quand un greffier est fautif, il revient à l’ANAGH de se prononcer. De plus, ajoute-t-il, son nom n’a pas été cité dans le réquisitoire. « C’est une situation à redresser dans les tribunaux », a-t-il regretté, soulignant que L’ANAGH mène un véritable combat pour l'éradication de tels écarts.

Jean Thomas Lans a par ailleurs expliqué que s’il y avait manquement d'un magistrat dans un dossier, la responsabilité revient au parquet d’emprunter les voies légales. « Le greffier assure la gestion des dossiers et d’assister le magistrat dans son traitement, ce n’est pas dans son attribution de monter les dossiers », a-t-il rappelé.

Toutefois, Jean Thomas Lans a signalé que l’ANAGH est pour le licenciement de ceux qui ont commis des fautes. « On est là pour conseiller aux greffiers de prendre la bonne voie et d'inciter l’État à donner plus d’assistance à la fonction de greffier », a-t-il poursuivi, estimant que le véritable contrôle sur les actions de ces derniers revient au CSPJ.

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