Recension :

Legs et littérature : Langues, littératures et cultures de la Caraïbe

Publié le 2017-08-10 | Le Nouvelliste

Culture -

Legs édition a sorti son dernier numéro semestriel [1] sur un thème particulier : Langues, littératures et cultures de la Caraïbe. Ce numéro traite d'un sujet pertinent : la Caraïbe. Sagit-il de l’espace géospatial ou de la position géopolitique ou encore, faut-il prendre en compte l’unité ou la diversité de cet espace sur les plans culturel, linguistique et littéraire ? Avec toutes ces divergences, en fonction de ses particularités ethniques, la Caraïbe forme une « mosaïque culturelle ».

L’éditorial du confrère Dieulermesson Petit-Frère insiste sur deux aspects remarquables : dégager d'une part l’ambiguité de la situation de la langue dans la Caraïbe poétique; accentuer d'autre part sur des particularités dans la Caraïbe elle-même. C’est cette diversité que les recherches écrites par des spécialistes, haïtiens et étrangers, ont partagé avec les lecteurs. La littérature courante et future ne peut guère s’écarter de ce double niveau.

Le thème principal est traité par des auteurs qui ont parfaitement cerné le sujet et l'objet Caraïbe. À preuve, le bel exposé sur « La pensée archipélitique face à la résurgence de l’extrême droite américaine ou du monde : du négrisme, de l’antillanité, de la créolité à la pensée archipélique. Il est signé Claudy Delné, docteur en études françaises et francophones de City University of New York (CUNY), avec une spécialisation sur les fictions coloniales et postcoloniales (XIXe et XXe siècles).

La recherche pointue de Hugues Saint-Fort sur « Le créole haïtien et ses origines : française ou africaine ? » nie toute influence du français ou de toute autre langue africaine, telle le fon, sur un rôle fondateur dans la naissance et la création de la langue créole. Celle-ci demeure « une langue autonome avec son propre système syntaxique et phonologique ».

Il convient de noter un travail d’un genre particulier. Frenand Léger a analysé le traitement du créole dans les trois premiers romans de Gary Victor : leur mode d’intégration, leur statut dans ces textes littéraires d’expression française. Avec un objectif précis : apprécier la qualité, la pertinence et le degré de créolisation linguistique dans les romans de Gary Victor.

Il faut enfin souligner que ce numéro est divisé en cinq parties, à côté des études scientifiques, on note une interview de Louis-Philippe Dalembert qui dégage l’originalité et la pertinence de sa richesse thématique, dans son travail d’écrivain.

Le prochain numéro de la revue prévu au mois d’octobre traitera d’un autre sujet pertinent : la critique littéraire en Haïti.

1- numéro janvier 2017, no 9.

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