Réseaux sociaux

Violence contre des Haïtiens en République dominicaine, le gouvernement haïtien dément

Publié le 2017-08-03 | Le Nouvelliste

National -

Depuis plusieurs semaines, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des Haïtiens maltraités et même tués par des Dominicains en territoire voisin. Le gouvernement haïtien dément et souligne que ces images ne traduisent pas la réalité actuelle de nos compatriotes en République dominicaine. Les autorités haïtiennes rassurent que les relations entre les deux pays se partageant l’île sont au beau fixe.

Rien de plus pertinent pour attiser la haine entre les deux peuples que des images sur les réseaux sociaux montrant des scènes d’horreur et de non-respect des symboles républicains des deux côtés de l’île. Ces derniers jours, des gens malintentionnés se sont donnés à cœur joie sur l’Internet en diffusant des vidéos dans lesquelles des Haïtiens se font malmener par des Dominicains. La chancellerie haïtienne, dans un communiqué, dénonce cette pratique et souligne que ces images ne traduisent par la réalité actuelle ou n’ont rien à voir avec les deux pays.

Selon le gouvernement haïtien, cette pratique vise à créer une situation de tension entre les deux peuples. Il rassure que les autorités des deux pays ont de très bonnes relations et se parlent régulièrement sur les rapports entre les deux États. Il dément aussi avoir demandé aux Haïtiens vivant en République dominicaine de quitter ce pays sous prétexte qu’ils sont la cible de gens malintentionnés.

Selon le ministère haïtien des Affaires étrangères, les autorités dominicaines ont donné la garantie qu’elles assureront la protection des vies et des biens de tous les ressortissants haïtiens vivant sur leur territoire.

Dans le même registre, le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR) a dit observer depuis plusieurs jours une situation de panique créée dans l’esprit de la population haïtienne tant en Haïti qu’à l’étranger, laquelle situation est due à la diffusion d'informations ou de messages vocaux, vidéos et photos sur les réseaux sociaux qui montrent des scènes de violence contre les migrantes et migrants haïtiens vivant en République dominicaine.

Le GARR informe que depuis la propagation de ces informations susceptibles de provoquer un climat de tension entre Haïti et la République dominicaine qu’il a contacté plusieurs représentants d'organisations partenaires dominicaines. « Selon eux, ces nouvelles qui sont présentées comme des faits actualisés se révèlent totalement fausses. Cependant certaines de ces informations constituent des événements qui ont eu lieu en 2015 en République voisine, notamment à Ortega, dans la municipalité de Moca, au sud-est de la province dominicaine "Espaillat" », rapporte le GARR.

Cependant, les représentants d’organisations partenaires dominicaines du GARR ont déclaré qu’au nord et au nord-est de la République dominicaine, notamment à Cibao et Bávaro, plusieurs migrants haïtiens ont été l’objet de sérieuses menaces verbales de la part de groupes civils dominicains. Ces derniers réclament l’expulsion de tous les ressortissants haïtiens en territoire dominicain depuis plusieurs semaines.

Le GARR demande aux autorités haïtiennes de poursuivre les pourparlers avec l’État dominicain afin que les menaces verbales proférées à l’encontre des ressortissantes et ressortissants haïtiens ne se transforment en agressions physiques.

Pour sa part, la Fondation Zile s’est dit préoccupée par une vague de fausses informations circulant sur les réseaux sociaux et en République dominicaine, faisant état notamment d’assassinats collectifs de ressortissants haïtiens en territoire dominicain. Cette organisation dirigée par l’ancien ministre des Haïtiens vivant à l’étranger Edwin Paraison dit offrir son appui aux démentis formels portés par les deux gouvernements de l’île à travers, successivement, le ministère dominicain de la Défense et le ministère haïtien des Affaires étrangères.

Toutefois, la Fondation Zile a signalé que des opérations contre l’immigration irrégulière que la République dominicaine est en droit de mener coïncidaient avec une remontée conjoncturelle de l’antihaïtianisme. Ce qui d’un côté, selon M. Paraison, donne lieu à un triple effet : a) les autorités semblent agir sous pression, b) une panique significative dans la communauté haïtienne c) une situation susceptible de provoquer des tensions entre les deux gouvernements. D’un autre côté, plus d’un pense qu’il s’agit d’une manipulation médiatique cherchant à détourner l’opinion publique des thèmes préoccupants de l’agenda national dominicain, particulièrement les retombées politiques de divers dossiers de corruption.

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