Que font le ministère des Affaires étrangères et celui des Haïtiens vivant à l’étranger ?

Publié le 2017-08-02 | Le Nouvelliste

Editorial -

Pas une semaine ne s'écoule sans que nos compatriotes fassent l’actualité sur un point du globe qui nous est géographiquement proche ou parce que nous y avons des poches de population.

Quand ce ne sont pas les garde-côtes de Bahamas qui arraisonnent un bateau transportant des Haïtiens, ce sont les autorités de Turks and Caicos qui en attrapent.

Quand ce ne sont pas les déboires d’un compatriote qui font la une au Chili, ce sont les tribulations de ceux qui sont au Brésil qui retiennent notre attention.

Quand ce n’est pas une marche des Haïtiens de Miami qui soulève la question du TPS, ce sont ceux qui fuient les USA et arrivent au Canada qui ouvrent un nouveau front.

Quand ce ne sont pas de bonnes nouvelles en provenance du Mexique qui nous soulagent, ce sont de fausses informations en provenance de la République dominicaine qui indignent l’opinion.

Partout, on a l’impression que les Haïtiens sont seuls dans leur combat pour chercher la vie sous d’autres cieux.

Et pourtant, la diplomatie haïtienne, le ministère des Haïtiens vivant à l’étranger (MHAVE) n’ont jamais eu autant de personnels à leur disposition.

Selon l’article 3 de la Convention de Vienne de 1961, les fonctions normales de nos diplomates en poste à l’extérieur sont de représenter l’Etat, de négocier en son nom, de promouvoir de bonnes relations avec nos amis, de s’informer de tout ce qui peut être utile à Haïti dans le pays accréditant, mais surtout de protéger les intérêts de l’Etat haïtien et de ses ressortissants.

Les diplomates, les agents consulaires, les représentants du MHAVE n’ont d’autres missions que celles-là. Et pourtant, on les entend rarement partager des informations avec la population, encore moins protéger nos compatriotes. Ou les prévenir, les mettre en garde contre les péripéties de certaines aventures.

Bien entendu, il y a parmi nos diplomates des exceptions notables, mais l'écrasante majorité de nos missions diplomatiques, beaucoup de celles en première ligne dans les capitales d’entrée des Haïtiens sont souvent silencieuses. Trop souvent.

Port-au-Prince, l’Etat central, le gouvernement, l’exécutif, le Parlement ont-ils une politique migratoire ? De Port-au-Prince, soucions-nous du sort de ceux qui, au péril de leur vie, donnent corps à la diaspora nourricière ? Avons-nous d’autres projets que de jouer à l’autruche, tout en tendant la main pour dépouiller nos compatriotes de l’étranger ?

A quoi de bon peuvent servir le ministère des Affaires étrangères et celui des Haïtiens vivant à l’étranger dans un pays comme Haïti qui n’a d’autres affaires à l’étranger que celles de ses ressortissants ?

Tout le reste, dans nos rapports avec nos pays amis, nous étant imposé depuis des décennies… N'est-il pas temps de mettre nos diplomates, notre diplomatie au service de nos intérêts et des Haïtiens qui errent à travers le monde ?

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