La quinzaine du livre, pari réussi à Léogâne

Plus de 16 000 jeunes, dont 3 406 élèves issus de dix écoles de Léogâne ont pris part à la quinzaine du livre à Léogâne qui s’est tenue du 2 au 16 juin 2017 dans le cadre de Livres en folie. Organisée par MEDIC Haïti, en partenariat avec l’Association touristique des Palmes (ATP), les organisateurs de cette édition réussie entendent déjà renouveler l’expérience.

Publié le 2017-06-16 | Le Nouvelliste

National -

Du 2 au 16 juin 2017, la place publique de Léogâne était le principal lieu de déroulement des activités sans oublier l’école nationale des filles de Léogâne, communément appelée Anacaona, qui accueillait aussi l’événement. C’est à l’école nationale des filles que s’est tenu un atelier de lecture de textes en français et en créole avec les nouvelles techniques basées sur la compréhension. Cette quinzaine de lecture a permis à 16 012 jeunes, dont 3 406 issus de dix écoles de la cité d’Anacaona de découvrir de nouveaux livres, de nouveaux auteurs et aussi les récentes publications des grands ténors de la messe du livre, dont quelques auteurs en signature à la 23e édition de Livres en folie. On peut citer Odette Roy Fombrun, Makenzy Orcel, sans oublier Dany Laferrière, Vivianne Gauthier, ainsi que le journaliste et auteur de livres jeunesse Claude Bernard Sérant. Les portraits de Dany Laferrière et de Viviane Gauthier l’écrivaine ont été aussi présentés. Selon Jean Chenet Ulysse, responsable de MEDIC Haïti, cette initiative a été prise dans le but d’étendre les activités autour de Livres en folie à toute la région des Palmes (Gressier, Léogâne, Grand-Goâve et Petit-Goâve). Dans la cité d'Anacaona, les écoles ont été le premier public cible et ont été impliquées dans des séances de travail sur les nouvelles techniques de lecture basée sur la compréhension, notamment à travers des ateliers, des expositions et ventes en ligne. Avec le support de Viviane Gauthier, directrice technique de cette initiative – native de Léogâne –, une écrivaine qui a signé à plusieurs occasions à Livres en folie, le Dr Jean Chenet Ulysse a osé le pari. Dans ses interventions dans le cadre de la quinzaine de Livres en folie a Léogâne, à l’occasion de la 23e édition de Livres en folie qui est la plus grande fête du livre et de la lecture de la Caraïbe organisée par le Nouvelliste et la Unibank, il a voulu faire renaître dans la cité d'Anacaona et dans la région des Palmes « la vie littéraire et intellectuelle ». «Aujourd’hui, la ville de Léogâne, comme Haïti tout entière, souffre d’une carence d’intellectuels, et le pays est anémié d’intellect et de création intellectuelle, comme reflète les dernières législatures d’Haïti. Pour remédier à cette situation, il faut penser à une éducation de qualité, mais surtout des écoles avec un programme de lecture basé sur la compréhension et non sur le charabia », lâche M. Ulysse, qui souligne que jadis Léogâne était « la cité du savoir et de l’intelligensia d’Haïti » avec des intellectuels de verbe et de manière. À titre d’exemple on peut citer l’ambassadeur Emile St-Lot, l’un des plus grands parlementaires de l’histoire du Parlement haïtien, Castel Démesmin, Erick Berrenaud, Me Pierre Lahissière, et plus près de nous, Dr Evans Beaubrun, Gérard Antoine, Vivianne Gauthier, notre fameuse écrivaine, le sénateur Patrice Dumont, pour ne citer que ceux-là. Plus loin, le responsable de MEDIC Haïti, estime que sans une bonne capacité de lecture, on ne peut pas être un grand mathématicien, ni un grand chimiste ni un grand physicien. Donc, c’est pour vous dire que la lecture c’est la base de la formation académique. « La lecture est l’emblème essentiel de l’intellectuel, pour devenir un grand lecteur, il faut lire chaque jour. Sans la lecture, vos journées sont gaspillées. Vous devez faire de la lecture votre religion et la bibliothèque votre église, et ça vaudra la peine car tout se trouve dans les livres et dans les bibliothèques. » Parallèlement, Jean Chenet Ulysse a, dans le cadre de « la Journée de Lecture en Pleine Nature » réalisée sous les manguiers de l’habitation de Guérin, 2e section de Petite-Rivière de Léogâne, fait savoir que ce volet de la quinzaine visait à sensibiliser les jeunes à la lecture et à la protection de l’environnement. L’objectif était de développer l’écocitoyenneté chez les jeunes des deux sexes de toutes les couches sociales du pays pour un comportement écologique responsable. Impliquer les élèves et les écoles dans des activités communautaires pour que l’école rentre dans un projet de développement communautaire. C’était aussi l’occasion de renforcer les liens entre la lecture et la nature chez les jeunes pour construire des écocitoyens en Haïti pour les années à venir. Jean Chenet Ulysse, en a profité pour annoncer le lancement de la caravane d’été du Livre et de la lecture dans les villes de province et de la Diaspora, le lancement du Buffet littéraire Vivianne Gauthier / Club Littéraire et l'organisation de la 3e édition de la Foire du Livre Anacaona (FLA) pour la Fête Ste-Rose de Lima le 27 août 2017. Promotion de la lecture et les productions littéraires En marge de cette quinzaine, un atelier de travail sur la promotion de la lecture et les productions littéraires à Léogâne et dans la région des Palmes entre les Éditions de Mme Franck Paul, P.D.G. de l’Édition Canapé-Vert et Medic Haïti à l’Hôtel de la Place. Au cours de l’atelier, l’imprimeur Frantzy Martial, qui intervenait sur le rôle des imprimeries dans les productions littéraires en Haïti, a souligné que le coût des matériels utilisés dans les imprimeries sont trop cher, problème qui affecte la production des ouvrages en Haïti avec une faible quantité de lecteurs et qui sont en majorité des gens de petite bourse. Selon lui, l’État doit s’engager, dans sa politique de livres et de la lecture, de subventionner les maisons d’édition et les auteurs pour renforcer la production littéraire en Haïti. Quant à Madame Franck Paul, elle a fait mention de la question de la chaîne du livre en Haïti, car, dit-elle, tous les acteurs du secteur livre en Haïti font tout et n’importe quoi, parce que le secteur livre n’est pas trop bien régularisé. Elle a soutenu aussi l’idée de subventionner les productions littéraires en Haïti comme moyen pour renforcer la production de livres en Haïti et pour rendre accessible le prix du livre sur le marché pour favoriser les lecteurs et les auteurs. « Pour augmenter les lecteurs en Haïti, il faut faire de la scolarisation universelle une obligation pour renforcer le marché du livre en Haïti», indique-t-elle, ajoutant aussi qu’il faut une nouvelle mentalité haïtienne en matière de livres et de la lecture en Haïti.

Réagir à cet article