André Fouad avec deux rééditions à Livres en folie

C’est avec une réédition de deux de ses recueils « Souf douvan jou » et « Etensèl mo m yo » que le poète André Fouad participe cette année à Livres en folie, qui se tiendra les 15 et 16 juin 2017, dans les jardins du Mupanah. L’homme, épris de cette activité autour du livre, en appelle à une politique de la part de l’Etat pour mettre en lumière tant de talents cachés de la plume qui végètent dans l’anonymat et qui pourraient, selon son opinion, changer la donne de la littérature contemporaine.

Publié le 2017-06-13 | Le Nouvelliste

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Inutile de présenter une fois de plus André Fouad. C’est un héritier des lumières qui n’a peut-être pas choisi de naître quelque part durant les dernières décennies du XXe siècle où la poésie, son art fétiche, ne vit pas ses heures de gloire. Qui pis est, l’amant des vers se retrouve depuis une dizaine d’années comme reclus à cause d’une résidence octroyée par ses parents, dans le Sud de la Floride où la poésie n’est pas la priorité des gens. Pour entretenir la flamme ou mieux dompter son exil chez Tonton Sam, il n’a cessé d’écrire et de rester en contact avec Livres en folie qu’il considère comme la plateforme absolue en ce qui a trait à la promotion de l’écriture tant de grands maîtres que d’écrivains en herbe. Sa dernière participation remonte à 2013 où il signait pour la première fois « Souf douvan jou » aux éditions « Bas de page ». En 2000, sa toute première fois à cette foire du livre, c’était pour signer « Bri lanwit ». Il dit se rappeler de ce jour où le jeunet qu'il était à l’époque devait trouver les mots pour converser avec ceux et celles qui se procurer son ouvrage. « Je suis donc reconnaissant envers cette équipe qui m’a donné la chance comme elle l'a donnée à tant d’autres jeunes auteurs, dont Makenzy Orcel qui est aujourd’hui l’un des invités d’honneur de Livres en folie », confie-t-il. André Fouad revient à la charge en 2017 avec « Etensèl mo m yo » et « Souf douvan jou » pour des raisons tout à fait judicieuses. Le premier, publié en 2006 à Miami, a reçu le prix : Joseph D. Charles de la Bibliothèque George Castera du Limbé. Un prix qui supposait de fait une réédition aux frais de cette entité. Les années passent et jamais cette réédition n’a vu le jour. Par un heureux hasard ou au détour d’une rencontre inattendue à un festival aux Gonaïves, les éditions Miroir lui proposent de rééditer l’ouvrage. Un sésame pour l’écrivain. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, presque au même moment, il participe en 2016 au prix Dominique Batraville de la poésie créole. Il arrive en deuxième place juste après Coutechève Lavoie Aupont. D’où cette énième réédition avec le partenariat de la maison Ruptures. Le livre est sorti pour la première fois en 2010 à compte d’auteur chez Educa Vision qui lui a offert la publication de 200 exemplaires. Dans le premier ouvrage, il est question pour lui de raconter ses rapports avec les mots. « J’évoque les relations avec les mots, ce matériau dont dispose chaque écrivain pour échafauder son monde.» Dans « Souf douvan jou », il est plutôt question de chanter l’espoir en dépit d’un environnement immédiat a priori déplorable. Ne vous méprenez pas, ce n’est pas des odes au misérabilisme même s’il y a un titre qui s’appelle « Mwen grangou ». C’est plutôt un regard universel sur des réalités. Le poète souhaite que le public s’amène en foule pour rencontrer les auteurs. « Il faut, dit-il, que le public soit conscient du sacrifice que suppose le travail d' écrivain en Haïti». Il en appelle aussi à une politique de l’Etat pour qu’on soutienne des écrivains disséminés à travers le pays et qui n’ont ni les contacts ni les moyens de faire valoir leurs talents. Les deux ouvrages sont aussi disponibles sur Amazon.

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