L’hégémonie du provisoire en Haïti

Aux origines de nos turbulences Livres en folie Hégémonie et provisoire se retrouvent côte à côte pour nommer l’essai d’Ely Thélot, docteur en sociologie, spécialiste en études du développement. Comment le provisoire qui, par définition, ne saurait durer, peut-il être hégémonique, par conséquent, assurer une certaine domination ? Le résumé de Laënnec Hurbon est reproduit ici pour en dire plus.

Publié le 2017-06-07 | Le Nouvelliste

Culture -

« Il s’agit d’une invitation à changer notre regard sur la vie politique du pays et à découvrir le réel que nous cherchons inconsciemment à fuir à travers le marronnage permanent face aux problèmes structurels du pays. L’hégémonie du provisoire donne à découvrir et à penser ‘’une crise profonde du sens’’ dans la société haïtienne» (Laënnec Hurbon) Dans cet ouvrage, l’auteur développe la thèse centrale suivante : la République d’Haïti se retrouve en proie à une certaine hégémonie du provisoire. Et cette hégémonie du provisoire est enracinée dans les entrailles les plus profondes de l’histoire. Après avoir pris possession de l’île en 1492, les Espagnols s’en sont servi comme une étape provisoire vers la conquête des métaux précieux au sud du contient américain. Devenue le fleuron des colonies françaises au 18e siècle, Saint-Domingue abritait une population qui s’y considérait essentiellement de passage. Entre 1806 et 2006, l’État haïtien a connu cinquante et un (51) présidents provisoires. Ici, on habite la partance et on n’accepte d’être Noir qu’à titre provisoire, en attendant mieux. L’insécurité foncière se nourrit de toutes les formes du marronnage et le territoire est aménagé de manière à donner le dégoût du lieu natal.

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