Table ronde sur la cartographie de l’industrie haïtienne de la musique

L’association haïtienne des professionnels de la musique (Ayiti Mizik) a organisé, la semaine écoulée, une table ronde pour clôturer le projet «Cartographie de l’industrie haïtienne de la musique». Lors de cette activité réalisée en leur local, au 12, rue Villate, Pétion-Ville, plusieurs personnalités importantes ont placé leurs idées pour l’aboutissement complet dudit projet.

Publié le 2017-05-30 | Le Nouvelliste

Culture -

« Il y a au moins 35 métiers liés à l’industrie musicale en Haïti. Les 1 520 professionnels qu’on a interviewés, dans le cadre du projet «Cartographie de l’industrie haïtienne de la musique», y sont issus », a révélé madame Milena Sandler, vice-présidente de l’association haïtienne des professionnels de la musique (Ayiti Mizik), en référence au dynamisme et à la vigueur du secteur de la musique en Haïti. La vice-presidente a, dans ses propos, mentionné qu’il est nécessaire d’avoir une meilleure idée du secteur de la musique afin de prendre des décisions appropriées. Dans cette démarche, elle a évoqué qu’il y a 13% de gens qui font du compas dans le pays et que 29% exercent la musique urbaine. D’un autre côté, elle a déclaré qu’il y a 7 % de personnes pratiquant de la musique évangélique et 29 % sont dans le rap et le rabòday, sans oublier les 7 % qui s’accoutument à la musique classique, etc. «Je n’ai pas tous les chiffres en tête, mais toujours est-il que la musique racine dans le pays est en reste », a-t-elle révélé. À propos du projet, la vice-presidente a fait savoir qu’il vise à promouvoir la musique en Haïti avec la coopération du gouvernement, du secteur privé et de la société civile ainsi que par la création d'une carte de l'industrie musicale nationale, qui puisse servir efficacement de point de départ au développement d'une politique culturelle dans ce domaine. Elle a dit que le secteur est une famille, alors que chacun a l’impression qu’il est tout seul. Pascale Jaunay, membre de Ayiti Mizik, a , de son côté, mis l’accent sur les différentes composantes de cette table ronde. Elle a parlé d’un groupe qui traitait de la question du statut des professionnels du secteur de la musique, d’autres qui battaient la question de la création, de la diffusion des œuvres, du droit d’auteur et de la mobilisation du secteur. « Les recommandations seront intégrées dans le rapport final qui permettra une meilleure connaissance de la chaîne des valeurs de l’industrie musicale, une meilleure prise en compte de ses spécificités par l’Etat et une (re)valorisation du secteur dans son ensemble », a-t-elle dit. David Bongard, directeur du bureau régional de l'Organisation internationale de la francophonie, pense qu’une cartographie de l’industrie haïtienne de la musique est un document d’importance nationale et de gouvernance. Il a mentionné qu’il est nécessaire de savoir: « Qui travaille où ? Qui fait quoi ? Comment est-ce qu’il le fait ? Qui vit de la musique ? Qui loue des espaces musicaux ? Combien de salles a-t-on? » Il dit que c’est la première fois qu’on réalise une cartographie de la musique en Haïti et que ce document touchera tout le monde. D’autres personnes interviewées, dans le cadre de cette table ronde, reconnaissent que la cartographie contribuera à la création d'une politique culturelle fondée sur des éléments concrets. Cela encouragera le partage des informations et la transparence. Elle favorisera, en outre, la coopération et les partenariats entre les acteurs gouvernementaux et de la société civile au sein des industries culturelles.

Wébert Pierre-Louis Auteur
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