Foire

Haïti joue sa carte à Agroalimentaria 2017 à Santo Domingo

Des représentants de cinq entreprises œuvrant dans l’industrie agroalimentaire haïtienne ont pris part, du 17 au 20 mai 2017, à la 6e édition d’Agrolimentaria 2017, à Santo Domingo. Les Dominicains placent sous les projecteurs toute la panoplie de leur industrie. En tant qu’invité au même titre que d’autres pays de la Caraïbe (Barbade, Trinidad, Jamaïque pour ne citer que ces pays-là), les Haïtiens ont su quand même tiré leur épingle du jeu.

Publié le 2017-05-23 | Le Nouvelliste

Economie -

La sixième édition de Agroalimentaria 2017, foire internationale des aliments, du tabac et des boissons de la République dominicaine, a vu, du 17 au 20 mai 2017, à l’hôtel La Renaissance de Santo Domingo, la participation des entreprises haïtiennes Sunfood, Tropic S.A., Caribbex, Berling S.A., Belzèb, qui tentent de percer d’autres marchés, y compris celui de la République dominicaine. Tant bien que mal, les exposants ont pu vendre le meilleur de leurs entreprises et d’Haïti. « Faire du business n’est jamais chose aisée.» Cette phrase revenait régulièrement quand on s’adressait aux exposants haïtiens à la foire Agroalimentaria 2017. En réalité, la foire est d’abord organisée par la Junte dominicaine de l’agroalimentaire (JAD) et le Centre des exportations et des investissements (CEI-RD) de la République voisine. Grâce au support de la Caribbean Export, une agence de développement caribéenne financée par l’Union européenne pour la promotion des exportations dans la sous-région, une délégation haïtienne y a pris part. Dans leur foire, chez eux, avec leurs propres moyens, les Dominicains ont sorti le grand jeu pour charmer des investisseurs et acheteurs venus de tous les coins du globe en quête de bonnes affaires dans l’industrie agroalimentaire. Elle est fière des produits haïtiens. Martine Laroche Cuvilly, directrice générale de Sunfood qui produit les cubes Don Poyo, informe vouloir percer le marché dominicain en offrant des cubes aux saveurs de crevettes et d’autres aux poulets piquants. En tant que responsable du Groupe Coles, elle emmène sa délégation qui comprend aussi Cannex S.A. (Hollandia) qui fabrique des produits laitiers et Tropic S.A. pour les boissons (Robusto,Xtreme red, Raggaman). « Les produits haïtiens ont toujours un certain succès dans les foires internationales », a-t-elle fait savoir en vantant leurs qualités. « Nous sommes en quête d’un distributeur en terre dominicaine. Pour notre deuxième participation à cette foire, on espère percer le marché dominicain », a fait savoir Rudolf Herbert Linge, vice-président de Berling S.A. qui produit liqueurs, crémas et Rhum du label Vieux Labbé. Selon lui, les négociations vont bon train sur le plan commercial, mais le principal obstacle demeure les barrières douanières. Rudolf Herbert Linge ne manifeste aucune crainte en ce qui a trait à la qualité pour ses produits déjà exportés vers les marchés américain et européen. Contrairement aux Dominicains, explique le responsable de Berling S.A., nos produits sont fabriqués à partir du jus de canne à sucre et non avec de la mélasse. Cela confère aux produits de Berling un avantage de qualité supérieure, une avance de toute importance quand il s’agit d’être compétitif. M. Linge a trouvé des acheteurs intéressés en Israël et en Amérique du Sud. De son côté, Dr Marie Roberte Laurent, P.D.G. de Belzèb S.A., exposante à la foire à Santo Domingo, s’est dit particulièrement satisfaite de sa participation. Elle a pu établir plusieurs contacts dont cinq distributeurs, en République dominicaine, aux États-Unis et à Nassau, pour ses produits d’aromathérapie. L’expérience de la foire est qualifiée d’extraordinaire par Mme Laurent dont l’entreprise produit du savon, de l’huile de massage, des repousse-moustiques. Le P.D.G. de Belzèb S.A. annonce qu’elle vient de mettre cette année sa ligne de thé sur le marché en faisant remarquer que la participation dans une telle foire est profitable à plus d’un titre. Escipión Oliveira Gómez, directeur exécutif adjoint, de Caribbean Export, agence de développement caribéenne financée par l’Union européenne pour la promotion des exportations, explique que son institution travaille dans un programme binational entre Haïti et la République dominicaine avec l’appui du ministère haïtien du Commerce et de l’Industrie. Il s’agit pour lui de mettre en relation les entreprises haïtiennes, dominicaines et celles de toute la Caraïbe pour tirer le meilleur de leur production. « Il y a de très bons produits dans la Caraïbe », s’est enorgueilli Escipión Oliveira Gómez qui a arrangé des rendez-vous d’affaires pour des entreprises participantes. La participation d’Haïti à Agroalimentaria 2017 de Santo Domingo est l’aboutissement de plus de sept mois de travail pour développer des relations commerciales durables entre les entreprises haïtiennes aptes à exporter en terre dominicaine et vers le reste de la Caraïbe. « Chaque pays a sa propre réglementation, il faut la maîtriser avant de penser à exporter. Une fois que les produits répondent aux normes et à la qualité le commerce devient possible », a conseillé le consultant Frank Robert du ministère haïtien du Commerce et de l’Industrie. Pour sa part, Elodie Lefort, officier de promotion au Centre de facilitation des investissements (CFI), a fait ressortir les opportunités d’affaires en Haïti en mettant en relief la proximité du grand marché nord-américain et les accords de libre-échange que le pays a déjà signés dont HELP dans le secteur textile. Elle a mis l’accent sur la modernisation et la reconstruction du secteur agricole qui a suivi le séisme de 2010 qui nécessite des investissements dans plusieurs domaines dont le coût est estimé à près de 10 milliards de dollars. Elodie Lefort a présenté son institution qui œuvre, entre autres, dans la facilitation, la promotion des investissements. Elle a fait savoir que des terres arables du pays sont prêtes à être exploitées pour une agriculture biologique de qualité. Nos efforts pour avoir quelques mots des responsables de Caribbex se sont révélés vains. Ses responsables n’ont pas souhaité prendre la parole. Cette foire a mis en vitrine le savoir-faire des Dominicains dans tout ce qui concerne l’agroalimentaire, de la semence à l’assiette, en passant par les méthodes pointues employées dans toute la chaîne de production, de transport, de transformation et de commercialisation. Plus d’une centaine d’exposants ont su profiter de cette vitrine internationale qui a attiré près 5 000 visiteurs dont 200 acheteurs venus de 40 pays. Des retombées de 350 millions de dollars sont attendus de la foire.

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