Programme national de protection sociale/ Santé

Promouvoir des mutuelles de santé au profit des institutions de microfinance

Publié le 2017-05-16 | Le Nouvelliste

Economie -

Développer l’offre de services des mutuelles de santé au bénéfice des institutions de la microfinance est un investissement avec de multiples portées. Cette démarche, qui s’inscrit dans un plaidoyer pour la mise en place d’un programme national de protection sociale et de soins de santé, à l’intention des adhérents de la microfinance, entend non seulement protéger ces personnes des deux risques majeurs qu’ils encourent : la maladie et la mort, mais aussi favoriser ce secteur qui est en en pleine expansion économique. La protection sociale, en matière d’accès à la santé et aux soins de santé, est généralement conçue comme l’ensemble des mesures prises par une institution pour combattre, de manière curative, la maladie et les handicaps ainsi que pour fournir à ses adhérents , de manière préventive, les moyens de faire face aux risques majeurs auxquels ils sont susceptibles d’être exposés au cours de leur vie. Le Dr Ronald Laroche, dans une présentation au colloque sur la microfinance en septembre 2010 , s’est évertué à expliquer que la protection sociale en matière de santé pour les bénéficiaires de la microfinance sont comme les investissements réalisés pour leur permettre d’avoir accès à la santé et de prévenir la maladie. En ce sens que la conception de cet ensemble de mesures serait bénéfique à tous les membres des institutions du secteur. Dans son approche, le directeur fondateur de Développement des activités de santé en Haïti (DASH) a fait valoir que l’offre de services des mutuelles de santé par les institutions de la microfinance réduirait énormément la vulnérabilité des bénéficiaires et aussi favoriserait le progrès de ces derniers dans l’atteinte des objectifs de développement durable par Haïti. D’après les affirmations du docteur, diverses raisons peuvent justifier un investissement en matière de protection sociale aux adhérents de la microfinance. Elles sont autant économiques que sociologiques, techniques et éthiques. Vantant les mérites de ces types d’assurances le Dr Laroche a insisté sur le fait que les mutuelles de santé sont des organisations à but non lucratif créées sur la base de liens communautaires ou d’appartenance. « Leur émergence a suscité l’intérêt des gouvernements, des ONG et organisations internationales, » a-t-il rappelé. D’un autre côté, le directeur du DASH a souligné que le montage des mutuelles de santé dédiées aux bénéficiaires de la microfinance était une stratégie de développement conséquente en matière de protection sociale, argumentant qu’elle permettra de toucher 240 000 micros et petits entrepreneurs et leur famille à travers 220 caisses d’épargne et une vingtaine d’institutions de microfinance. En 2010, à elles seules, les institutions de la microfinance ont détenu plus de 6.3 milliards de gourdes d’actifs, environ 4,04 milliards de gourdes de crédits ont été octroyés par ce secteur qui a su générer des revenus de 2 milliards de gourdes, tout en créant 250 000 emplois directs. Ces chiffres, qui ont été fournis lors du colloque sur la microfinance réunissant différentes entités de l’État et du secteur économique, n’ont fait qu’augmenter ces sept dernières années et confirmer toutes les potentialités dont regorgent ces types d’institutions.

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