Herby Widmaier est mort :un coup dur pour la musique haïtienne

Publié le 2017-05-15 | Le Nouvelliste

Idées & Opinions -

Par Louis Carl Saint Jean La nouvelle du décès d’Herby Widmaïer survenu le jeudi 27 avril dernier m’a causé un choc épouvantable. Lorsque, à 16 h 02, le même jour, mon ami Georges Bossous, Jr. me l’a apprise par texto, je n’ai pu trouver comme réaction que le simple pronom exclamatif : « Quoi ! ». Le directeur de Word & Action de répliquer: « Oui ! Un coup dur ! » Oui, on ne peut trouver une meilleure façon pour parler de la disparition d’Herby Widmaïer : « Un coup dur ! ». Le coup est dur pour quiconque a connu et suivi l’histoire de la musique haïtienne et celle de notre radiodiffusion, particulièrement si cela a été fait au cours de la décennie 1946-1956. Personnellement, j’ai toujours considéré cette époque qui a vu grandir musicalement Herby Widmaïer et beaucoup d’autres sommités de sa génération comme la plus florissante de l’art populaire haïtien. Cette période de merveilleuses floraisons musicales, artistiques et théâtrales (dite « La Belle Époque ») a été rendue possible grâce à l’arrivée bénie à la magistrature suprême de notre pays le 16 août 1946 de l’honorable Dumarsais Estimé, l’un des présidents les plus éclairés et les plus progressistes qui nous ait jamais dirigés et guidés. Je connais le pianiste Edner Guignard depuis maintenant une quinzaine d’années. Je ne l’ai jamais senti aussi décontenancé que lorsque nous avons longuement parlé d’Herby hier après-midi. Il m’a confié au cours de cette conversation : « J’ai perdu en Herby Widmaïer un frère. La musique haïtienne, qui ne se trouve pas dans ses meilleurs jours, a perdu l’un de ses champions… Herby était l’un des rares musiciens haïtiens qui n’avait jamais exclu personne, quelle que fût la classe sociale à laquelle celle-ci appartenait. Dès qu’il détectait en quelqu’un un talent, il vous aidait à le développer… J’ai été témoin à Radio Haïti du soutien qu’il a accordé à des plus jeunes comme les Serge Simpson, Raymond Marcel et tant d’autres pour les aider à s’émanciper musicalement… En plus de Guy Durosier, Herby Widmaïer était mon champion, mon modèle et mon mentor... Je dois ma carrière musicale à ces deux hommes. » Le pianiste et accordéoniste Serge Simpson et le trompettiste Raymond Marcel approuveront le témoignage du légendaire Edner Guignard et emprunteront même sa voix. « Avec la mort d’Herby, m’a dit Serge, j’ai l’impression d’avoir perdu un père. Son départ laisse spontanément en moi un vide comparable à celui qu’avait creusé la mort de mon père. Comme je te l’ai plus d’une fois dit, mon héros musical est Herby Widmaier. Il est l’un de ceux à qui je dois ma carrière...» (Courriel, 29 avril 2017, 3 heures 22 AM). Selon l’aveu de Raymond Marcel, qui, avant son départ pour l’exil le 13 juillet 1959, avait été l’assistant directeur-technique d’Herby Widmaier à Radio Haïti : « C’est d’Herby que j’ai eu mes premières notions de jazz … C’est lui qui m’a également appris les techniques de l’enregistrement.» De mon côté, de la première fois que j’ai parlé à Herby Widmaïer, soit le 29 octobre 2004, à la dernière fois, le 2 janvier 2017, j’ai toujours vu en lui un professeur. Et depuis lors, également, je me suis régulièrement désaltéré à la source fraîche, limpide et intarissable de ce gentilhomme, comme je l’ai fait à celle de Joe Trouillot, de Serge Lebon, d’Hulric Pierre-Louis et d’autres, par exemple. Et je fais la même chose jusqu’ici avec Félix Guignard, Edner Guignard, Jean Rémy, Michel Pressoir, Julio Racine, Rigaud Fidèle et j’en oublie. Il m’a toujours été agréable d’explorer presque tous les aspects de la musique haïtienne avec cet homme courtois, poli et passionné qu’était Herby. Toute conversation avec Herby Widmaïer prend l’allure d’un exposé magistral. En l’écoutant, je ne peux me permettre de laisser de côté mes cahiers de notes, même pour une seule petite minute. Comme un véritable griot, il parle avec un calme olympien, une précision remarquable et une abondance fluviale et tempérée. Sans manifester le moindre signe de fatigue, il vous garde de longues heures pour vous parler de musique, de radio et d’électronique. Et moi, curieux au possible, je saisissais toujours au bond l’occasion de pouvoir mieux cerner l’univers de ce touche-à-tout talentueux, chanteur en premier registre, mais aussi musicien, compositeur, présentateur radio, producteur et ingénieur du son. Né à Port-au-Prince, plus précisément à l’avenue O, le 7 juillet 1933, Herbert « Herby » Widmaier fait partie du gratin de la musique de notre pays. En tant que fils de Ricardo Widmaier, propriétaire de la HH2W (future HH3W), l’une des premières stations de radio commerciales d’Haïti, il a eu dès la tendre enfance la chance rarissime de pouvoir se familiariser avec presque tous les genres musicaux, tant ceux de l’extérieur que ceux de l’intérieur du pays. Enfant, il écoute à sa guise, chez lui, les œuvres de pas mal grands artistes et de grands orchestres de l’époque (Jean Sablon, Glenn Miller, Duke Ellington, Count Basie et bien d’autres), ce qui ne manquera naturellement pas d’atteindre sa jeune âme, sa sensibilité et sa compréhension. Il me l’a avoué lui-même : « Je suis né dans la radio…Très jeune, j’ai eu la chance de pouvoir écouter des émissions mises sur disques que recevait Radio Haïti, en tant que station affiliée à la Voix de l’Amérique et à la Chaîne de la Paix des Nations unies…Ces émissions étaient farcies de jazz … C’est ainsi que ce genre m’a influencé depuis mon enfance …» En plus de ces grandes stars internationales, Herby a toujours voué, parmi les artistes de chez nous, une très grande admiration à Rodolphe « Dòdòf » Legros et à Guy Durosier, ses deux chanteurs haïtiens préférés. Tout garçonnet, il commence à faire montre de son plus grand talent pour le chant et la musique (notre sujet principal) et l’électronique. Vers l’âge de huit ans, il exhibe sa passion pour la musique à la maison familiale de façon, certes, puérile, mais déjà imposante. Dans cet immeuble qui loge également l’institution primaire qu’il a fréquentée, et qui a été dirigée habilement par sa tante, Mlle Claire Faine (sœur de sa mère Antonine Faine), pour se récréer et pour amuser ses parents, raconte-t-il en riant : « Je prenais plaisir à installer en forme de loge les petites chaises que j’empruntais du salon de poupée de ma petite sœur Gilda. Puis, me faisant maestro, j’écoutais des disques sur un vieux gramophone que m’avait acheté mon père et je me mettais alors à mimer les exécutants des différents orchestres qui jouaient…» Herby Widmaïer a commencé en 1948 sa carrière en tant que chanteur et musicien qu’il a toujours répartie en trois périodes ou phases. Cela s’est fait grâce à l’invitation de Wanda Wiener, alors présentatrice d’une émission dominicale de musique sur la HH3W. Il s’accompagne lui-même au piano et interprète « Night and Day », l’une des pièces fétiches de Frank Sinatra. Il n’a alors que 15 ans ! Coup d’essai, coup de maître ! « Personne, avoue Herby, n’avait pu remarquer ni deviner que c’était moi qui chantais. Presque tout le monde chez moi, comme ailleurs, pensait que c’était la voix même de Sinatra ou celle de Bing Crosby…» Il s’agit, ici, de la première phase de sa carrière musicale, qu’il considère comme sa « période d’imitation ». Il admet que c’était la période où il chantait pour le plaisir de chanter, en se mettant à interpréter la composition d’autres grands devanciers. A l’époque, il se souvient qu’il s’était laissé influencer en particulier par Billy Eckstine et la fabuleuse Sarah Vaughan. En 1950, Herby commence à fréquenter l’Orchestre Issa El Saieh. Se mettant désormais à assister à presque toutes les séances (répétitions, bals, enregistrements, etc.) de ce groupe, son enthousiasme pour les genres populaires grandit au contact de musiciens de très grande valeur tels que Guy Durosier, Ernest « Nono » Lamy, Raoul Guillaume, Alphonse « Chico » Simon, etc. En peu de temps, il deviendra l’une des pièces maîtresses de cette formation musicale mythique, sans en avoir jamais été pourtant un membre attitré. Par exemple, dira-t-il : « Issa faisait appel à moi pour la majorité des sessions d’enregistrements de son orchestre… Il m’avait même invité à participer en 1956 à celles qu’il avait faites à La Havane … » Aussi inscrira-t-il au répertoire d’El Saieh deux de ses plus jolies interprétations : notre Choucoune nationale et A Woman in Love de Frank Loesser. Commentant cette dernière pièce, l’économiste suédois Mats Lundahl, également musicien de jazz et critique musical, pense que l’interprétation d’Herby Widmaier est de loin la meilleure qu’il ait jamais entendue. Dans le domaine musical, Herby Widmaier s’est formé tout seul. Il a toujours affirmé fièrement qu’il a tout appris sur le tas, à la station de son père, qu’il s’agisse, avant tout, de l’électronique, de la radio, de la musique et finalement du cinéma. Ce n’est que le 10 juin 1952 qu’il se rend à Miami pour suivre une formation de six mois d’animateur télé et radio à la station WTVJ. (Référence : Zouing, juillet 1952, # 54, page 2) L’excellent chanteur Michel Pressoir et le génial pianiste Félix Guignard font partie du groupe d’experts qui classent Herby Widmaïer dans la galerie de nos meilleurs chanteurs. Les témoins qui ont vu les exploits de cet artiste dans les années 1950 (les Raymond Marcel, Jacques Borges, Jean-Claude Gabriel, etc.) comme soliste des Chevaliers de la Chanson et plus tard des Voix et Tambours d’Haïti, deux groupes vocaux formés par le maestro Issa El Saieh, respectivement en 1953 et en 1958, ont tous salué en lui « un chanteur de grande classe ». S’il a effectivement brillé au sein de ces ensembles vocaux, force est d’admettre que ce seront Les Starlettes, formation vocale qu’il a montée en automne 1959, qui allait conférer beaucoup plus de notoriété à Herby Widmaïer. Grâce aux Starlettes, qu’il aime comme la prunelle de ses yeux, ce jeune maestro sera connu du tout Port-au-Prince musical, tant comme arrangeur (la seconde phase de sa carrière) que comme soliste. Si ce chœur avait exécuté certains airs de l’étranger (des songs, des blues, etc.), Herby lui-même reconnaît avoir trouvé plus de satisfaction dans l’interprétation de certains de nos thèmes folkloriques et traditionnels. Il a toujours considéré, entre autres, Ayizan, Feuille, L’Artibonite O, Feuille nan bois, Complainte Paysanne (cette dernière de Raoul Guillaume) comme les meilleures réalisations et celles sur lesquelles il a le plus travaillé. Durant cette même période, Herby Widmaier fait également un petit tour dans les affaires, qu’il complète par la musique, sa seule passion. En effet, au soir du lundi 31 octobre 1960, à l’Hôtel Beau Rivage, il inaugure une boîte de nuit qu’il baptise « Luxony ». Il l’agrémente d’un ensemble musical, formé de grands musiciens tels que Michel Desgrottes (directeur musical), Félix Guignard et Edner Guignard (piano), Dante Pierrot (saxophone), Louis Denis (batterie), Rigaud Fidèle (trompette), etc. Ce dernier, l’un des sept co fondateurs de l’Orchestre Septentrional, affirmera toujours : « La musique haïtienne doit beaucoup à Issa El Saieh, Guy Durosier, Herby Widmaïer, Michel Desgrottes… C’était un plaisir de faire partie de l’ensemble musical de Luxony… Herby respectait tout le monde, surtout si vous avez de la compétence… » (Entrevue de LCSJ avec Rigaud Fidèle le 28 mars 2017). Herby Widmaier est l’un des premiers Haïtiens à participer à un concours international de jazz. En effet, en décembre 1961, dans le cadre de l’International Jazz Clinic organisé par la Voix de l’Amérique, notre jeune musicien présente à ce concours trois superbes titres :Theme for Poupie, Afrologie (de son crû) et, avec Les Starlettes, un magnifique arrangement d’ Early Autumn, tiré du répertoire de Ralph Burns. Il reçoit alors les plus chaleureuses félicitations, non seulement de Willis Connover, l’animateur de l’événement, mais aussi ceux du pianiste et chef d’orchestre Stan Kenton. En parlant de notre participant et de ses œuvres, ce dernier commentera: « J’aime beaucoup ce que j’ai entendu. Je souhaite qu’Herby se lance sur le marché international du disque, car il a le talent nécessaire…» (Référence : Stan Kenton, Voice of America, International Jazz Clinic, Décembre 1960). Pour avoir tellement été connu comme chanteur et musicien, on tend souvent à oublier que l’électronique a été également l’une des premières passions de notre artiste. D’abord, il a commencé à faire l’expérience de la radio vers 1947, en devenant opérateur de radio amateur à la HH3W. Huit ans plus tard, il fera ses débuts comme speaker et animateur d’émissions musicales à cette même station. C’est ainsi qu’en 1955 il met sur pied Music Caravane, une émission hebdomadaire de musique populaire américaine et de jazz qu’il animera en anglais. Peu de temps après, plus précisément à partir du 24 décembre 1956, il prépare avec le grand speaker et éducateur jacmélien Gérard Brun les émissions dominicales Echo de Hollywood (à 10 heures du matin) et Bar des Vedettes (à 17 heures). C’est exactement à partir de cette époque qu’il commence à porter pour de bon sa casquette d’ingénieur du son. En effet, il contribuera largement, dans presque tous les domaines, au succès du programme dominical « Festival de Radio Théâtre » qu'a organisé Radio Haïti au Ciné Paramount de 1952 à 1955. Parallèment, à la 4VRW (ex-HH3W), il fait défiler devant ses microphones et son matériel d’enregistrement la plupart de nos artistes et formations musicales, désireux de mettre sur disque leurs créations ou interprétations. Des artistes exceptionnels tels que Raymond « Ti Roro » Baillergeau, Micheline Laudun Denis, Lucienne Pierre et autres groupes comme le Jazz des Jeunes et l’Orchestre Citadelle – pour ne citer que ces derniers – ont largement bénéficié du savoir-faire et de la patience angélique d’Herby. Il réalisait ces enregistrements dans des conditions tellement difficiles que le célèbre maestro-compositeur Raoul Guillaume n’avait pas hésité à se demander: « Comment, sans la gamme d’équipements technologiques actuels, Herby Widmaier avait-il pu réaliser, à cette époque, ces enregistrements de façon si fidèle ?» (Entretien de Guillaume avec Frantz Courtois, août 1999). L’année 1963 verra le début de la troisième brillante phase de la carrière d’Herby. Il s’adonne maintenant de plus en plus à l’écriture poétique et musicale. Sa plume est devenue maintenant résolument plus sensible. Il remplit ses textes de beaucoup plus d’images et y apporte ce que nous appelons si justement chez nous la « couleur locale ». Les chansons Fleur d’amour et Créole Musette, deux véritables merveilles qu’il a sculptées pour le groupe Ibo Combo (dont il est l’un des fondateurs), peuvent nous servir de référence. Dans le premier titre, on découvre un artiste qui se laisse carrément emporter par une sentimentalité à fleur de peau. C’est le cri du poète qui ne cache nullement ses émotions, ses craintes et ses fantaisies, en empruntant à la voix mélodieuse d’André Romain: « Que serait le printemps sans ses fleurs / Que serait l’été sans soleil/ Que serait ma vie sans chansons, sans tes chansons… Que serait l’automne sans ses feuilles fanées ». La seconde (Créole Musette), un savoureux mélange de compas direct et de bossa nova, demeure un incontournable dans le répertoire de ce superbe ensemble. On retrouve ce même élan sentimental dans son magnifique album En plein cœur, paru en 2001. Dans Fanm Peyi’m, il rend un hommage bien mérité à la femme haïtienne, dont il compare la beauté à celle d’Erzulie, le sourire à l’arc-en-ciel et la démarche à un doux yanvalou, la douceur à un fruit ou à un bon rapadou. Dans Manouie, morceau qui lui a été inspiré par Madeleine Gousse (mère de son fils Mushy), pur symbole de beauté créole, il décrit cette sirène comme une zetwal di Nò mwen (mon étoile du Nord). Dans ce même disque, il s’est également surpassé dans la mise en musique des vers de nos plus talentueux poètes. Psaume de René Philoctète (traduit en créole, Psom, par Syto Cavé, mis en musique par Ronald « Mushy » Widmaïer), C’était beau de Jacqueline Scott Lemoine, Amour sa (adaptation créole de Cet amour de Jacques Prévert par Rudolph Muller) et Pasyon de Rudolph Muller représentent des pièces confirmant avec éloquence le remarquable talent musical d’Herby. La dernière – Pasyon -, bien qu’elle soit la plus courte, est vraiment l’une des plus belles du disque. L’arrangeur lui-même attestera : « Du point de vue harmonique, c’est une trouvaille. Elle est peut-être ma composition préférée de l’album. » Herby a également participé à plusieurs autres réalisations musicales de grande qualité. D’une part, l’on gardera longtemps en mémoire les merveilleux refrains publicitaires (jingles) qu’il a composés pour Radio Métropole, station qu’il a fondée en mars 1970. Dans un autre registre, on peut signaler sa participation aux réussites du célèbre musicien et musicologue Gérald Merceron. Si Raison de vivre et Séparation de l’album Bokassa Grotraka ont connu leur moment de gloire, la voix superbement maîtrisée d’Herby a fait de Ponya rouye, Yon grap rèv et Dòmi leve de réels diadèmes musicaux. Soulignons que le texte de ces trois dernières pièces de l’album L’Énergie mystérieuse provient de Dezafi, roman du polyvalent Frankétienne. Ces chansons ont été reprises par la suite dans le film Echec au silence de Bob Lemoine. Herby Widmaïer nous a laissé un précieux héritage culturel et artistique. Il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour le rayonnement de la musique haïtienne, toutes tendances et tous genres confondus. En tant que technicien, il est incontestablement une légende. Du côté purement artistique, j’abonde dans le sens de Mats Lundahl quand il affirme: « Herby Widmaier est l’un des plus grands chanteurs haïtiens de tous les temps, malheureusement des fois mal compris … Il est aussi brillant qu’un Billy Eckstine ou un Al Hibbler …» Le nom d’Herby Widmaïer ne disparaîtra jamais du répertoire des grands noms de la musique haïtienne!

Louis Carl Saint Jean 30 avril 2017 louiscarlsj@yahoo.com Auteur

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