Semaine mondiale d’action pour l’éducation

Forum sur l’éducation, la société civile s’engage

Regroupement éducation pour tous (REPT), le Collectif pour appuyer le vote de loi sur le Fonds national d’éducation et le programme dit Collectif pour le développement de l’éducation et du dialogue social en Haïti (PROCEDH) ont organisé un forum sur l'éducation pour la semaine mondiale d'action pour l'éducation. Cette activité, déroulée à l'hôtel Marriott le 27 avril 2017, vise à demander à l’État haïtien d'endosser sa responsabilité de rendre accessible l’éducation à tous.

Publié le 2017-04-28 | Le Nouvelliste

National -

La semaine mondiale d’action pour l’éducation est une campagne d’information, de sensibilisation, de mobilisation et de plaidoyer réalisée dans de nombreux pays, annuellement, chaque dernière semaine du mois d’avril. Plusieurs professeurs, éducateurs et syndicalistes ont pris part à ce forum sur l’éducation, dont Jacky Lumarque, Josué Mérilien, Charles Tardieu, Jacques Yvon Pierre. Pendant cette journée, ils ont campé l’éducation comme le moteur indispensable du développement social et humain. Certains d’entre eux voient même un manque de volonté de la part des autorités étatiques de matérialiser l’objectif de l’agenda éducation 2030 de rendre l’éducation accessible à tous, jusqu’à 12 années de scolarisation gratuite. L’agenda éducation 2030 est un engagement que certains pays, notamment Haïti, ont pris à l’ONU, pour faire disparaître l’analphabétisme dans leurs sociétés, d’ici 2030. Pour Charles Tardieu, ancien ministre de l’Éducation nationale, l’Etat haïtien se désintéresse de l’éducation. « Il n’y a pas seulement un problème d’argent, mais un problème fondamental de volonté politique dans le domaine de l’éducation », a-t-il martelé. Plus loin, l’ancien ministre de l’Éducation a fait savoir que le Fonds national d’éducation (FNE), lequel fonds est encore en vigueur, génère une coquette somme de plus de 100 millions de dollars US par année, Jusqu’à présent, aucun audit n’a été fait sur la gestion de cet argent. Le recteur de l'Université Quisqueya, le professeur Jacky Lumarque, pour sa part, estime que le prix de la scolarité des écoles privées et l’achat du matériel didactique et scolaire devraient être l'apanage de l’État et non des parents haïtiens qui, pour la plupart, frôlent l’extrême pauvreté. Parce que l’une des premières fonctions de l’État est de garantir l’instruction publique à tous, sans discrimination aucune, tout en mettant aussi l’accent sur la qualité de l’éducation qu’il juge être indispensable. « L’État doit garantir l’éducation à tous, une éducation de qualité, non une éducation au rabais. L’école, c’est la matrice fondamentale de la société. » Il estime que le développement technologique et industriel des pays développés ont pour base une bonne école accessible à tous. Jacky Lumarque pense que si l’État haïtien rationalise ses dépenses publiques et réduit le gaspillage de finances publiques, s’il optimise les ressources nationales, s’il fait une bonne gestion du FNE, il peut rendre accessible une éducation de qualité à tous les Haïtiens. Par ailleurs, Charles Tardieu désapprouve le manque d’engagement citoyen dans l’éducation en Haïti qui a occasionné « une fuite de 600 millions de dollars chaque année vers la République dominicaine pour la formation des 60 000 étudiants haïtiens qui reçoivent une formation universitaire de l’autre côté de la frontière ». Toujours, selon Charles Tardieu, malgré qu’elle soit pauvre et incapable de construire de bonnes écoles pour les enfants du pays, Haïti continue de financer les universités dominicaines qui sont en passe de devenir des universités de référence dans la Caraïbe. Il croit que cette fuite de devises pourrait être évitée si le secteur privé investissait davantage dans l’éducation, comme c’est le cas pour nombre de pays de l’Amérique latine.

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