Colloque international

« Quel développement urbain pour la ville post-crise ? ».

Plusieurs universités, notamment l’Université Paris 8, l’Université d’État d’Haïti (UEH), Quisqueya (UNIQ) et l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) ont lancé, mardi, 25 avril à l’hôtel Montana, à Pétion-ville, un colloque international de trois jours sur le thème « Quel développement urbain pour la ville post-crise ? ». Sept ans après le tremblement de terre, les questions urbaines deviennent de plus en plus un centre d'intérêt pour la communauté scientifique...

Publié le 2017-04-25 | Le Nouvelliste

National -

Plusieurs personnalités du monde universitaire telles que les recteurs de l’UEH Fritz Deshommes, et de l’UNIQ Jacky Lumarque, l’ambassadeur de l’Union européenne Vincent Degert, l’ambassadeur de France en Haïti Elisabeth Beton Delègue, entre autres, ont participé à l'ouverture du colloque international sur le développement urbain. Cette activité se veut un espace de débats et d’échanges sur les résultats des travaux de recherche réalisés dans le cadre du Programme de recherches dans le champ urbain (PRCU) intitulé « Port-au-Prince : entre vulnérabilités et croissances urbaines, constructions d’une métropole caribéenne ». Ce colloque, selon le recteur de l’université Quisqueya Jacky Lumarque, témoigne de l’intérêt de la communauté scientifique à la fois nationale et internationale pour les questions urbaines. Il croit que cette manifestation urbaine dont la portée vise à doter le pays de spécialistes du champ urbain doit interpeller les autorités de l’État sur la nécessité d’accorder, dans ses politiques publiques, une attention plus importante à cette question. « Ne sommes-nous pas toujours en pleine crise urbaine? », s’est-il demandé. Le professeur estime que le devenir du pays dépend de la façon dont les dirigeants entendent assumer leurs responsabilités à travers la mise en place d’une politique nationale de soutien à la recherche scientifique. De son côté, le recteur de l’Université d'Etat d'Haïti, Fritz Deshommes, se dit heureux que le pays puisse accueillir un tel événement qui coïncide à la graduation de la 3e promotion des étudiants du programme de master en géographie. Pour lui, cette activité revêt deux caractères : D'une part attirer notre attention sur les incidents de 2010 et le choix que nous devons faire en matière d’urbanisation ; d'autre part nous porter à une prise de conscience sérieuse et collective. L’ambassadeur de l’Union européenne en Haïti, Vincent Degert, affirme que « nous ne sommes pas à l’abri de catastrophes naturelles en Haïti ». C'est pourquoi il invite les dirigeants haïtiens à mieux comprendre la dynamique de la construction. Ce colloque, selon lui, doit contribuer à produire des connaissances scientifiques sur le développement urbain en Haïti. Il doit pouvoir également apporter un éclairage particulier mais aussi et surtout une aide aux autorités concernées dans leurs prises de décisions. C’est dans cette perspective que l’Union européenne a décidé de financer à hauteur de 500 000 euros ce programme de recherche, affirme Vincent Degert. Pour sa part, l’ambassadeur de France en Haïti, Elisabeth Beton Delègue, a rappelé qu’Haïti en 1950 était classée parmi les plus beaux pays à destination touristique. En 2015, le magazine Forbes a classé le pays parmi les 4 endroits les plus salles du monde. Comment en est-on arrivé là? s’est-elle questionnée. L’absence d’une véritable politique publique est la conséquence de ce que nous assistons en Haïti en matière d’urbanisation, fait-elle remarquer. Elle a salué en outre cette initiative des universités et de l’école polytechnique Lausanne de la Suisse à travers cette approche fédérative et cette volonté de partager des façons de faire en allant regarder ce qui se fait au-delà des frontières. Elle croit que « Haïti a besoin l’apport des universitaires et des chercheurs pour guider les décideurs sur les politiques publiques à mettre en œuvre ». Plus loin, le directeur de l’unité de formation et de recherche et représentant de la présidente de l’Université Paris 8 Hugo, Pilkington, se dit satisfait que cette université, puisse contribuer à la formation de plusieurs jeunes Haïtiens. Il invite les récipiendaires à être « dans la joie d’avoir été bénéficiaires de cette formation de cette prestigieuse université dans une époque où le savoir est mésestimé ». Remise de certificats à une cohorte de 16 étudiants Les 16 diplômés de la promotion Gina Porcenat Méneus se montrent très satisfaits et se disent prêts à mettre au profit d’Haïti les connaissances théoriques acquises pendant les deux années d’études. La lauréate de la promotion, Louise Pascale Toyo, salue une telle initiative de l’Université Paris 8 et de l’Ecole normale supérieure (ENS) et encourage les dirigeants du pays à mettre des structures en place pour que les recrutements se fassent sur la base de compétence au sein des institutions de l’État. Ce sera un moyen, dit-elle, de retenir ces jeunes afin qu’ils mettent leurs compétences au profit du pays. « Nous voulons apporter notre contribution dans le champ de notre compétence, mais nous voulons avoir la certitude que nous serons pris en charge par les décideurs pour ne pas être tentés de quitter le pays comme bon nombre l’ont déjà fait », a-t-elle fait remarquer en s’appuyant sur la situation des boursiers en médecine à Cuba qui, pour la plupart, ont quitté le pays.

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