Sécurité publique

Départ des Casques bleus: la Police nationale n’est pas encore prête, selon Mario Andrésol

Publié le 2017-04-18 | Le Nouvelliste

National -

D’ici à octobre prochain, les militaires et deux tiers des policiers de la MINUSTAH quitteront le pays. La MINUJUSTH prendra le relais pour une période de rodage de six mois avec un effectif réduit, selon la Résolution 2350 du Conseil de sécurité de l’ONU. Après 13 ans dans le sillage des Casques bleus, Mario Andrésol, ancien directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), estime que l’institution policière n’est pas encore prête pour assurer « seule » la sécurité du territoire. Malgré l’augmentation de l’effectif de la Police nationale, forte aujourd’hui 14 mille membres, Mario Andrésol a fait savoir que la police n’est pas encore en mesure d’assurer seule la sécurité du pays sans les agents de la MINUSTAH. L’ancien directeur général de la PNH estime qu’il faudra avoir 50 000 policiers haïtiens pour prendre en charge la sécurité du territoire. Invité à l’émission « Sa k ap kwit » lundi dernier sur Télé 20, M. Andrésol a toutefois souligné l’importance pour le pays de prendre ses responsabilités pour assurer sa sécurité comme le fait tout État indépendant. Selon l’ancien directeur général de la PNH, s’il revient à la police d’assurer la sécurité contre le banditisme, toutefois, il est du devoir des autorités publiques d’assurer la sécurité publique. « Il faut radicalement changer les approches », a-t-il dit. Il a fait remarquer que la Police nationale n’est pas présente sur l’ensemble du territoire et ne contrôle encore ni la mer ni l’espace aérien. Selon le plan d’action 2012-2020 que Mario Andrésol avait préparé pour la PNH, la Police nationale devrait avoir au moins 50 000 policiers pour assurer seule la sécurité du territoire. « Nous sommes arrivés à une phase où l’on ne peut pas lésiner sur la sécurité… », a-t-il soutenu. Même avec l’effectif de 50 000 policiers, l’ancien patron de la PNH a fait remarquer qu’il y aura toujours des failles à colmater. Mais, a-t-il soutenu, c’est le minimum pour pallier le départ de la MINUSTAH. Qu’avez-vous fait pour la PNH pendant les sept années passées à diriger l’institution ? À cette question, Mario Andrésol indique avoir beaucoup fait pour le progrès de l’institution policière. Mais l’absence de suivi dans les institutions du pays tue les avancées qu’il avait faites, a-t-il dénoncé. « Heureusement, j’avais mis mon héritage dans un ouvrage avec tout ce que j’avais laissé », s’est-il félicité. La Résolution 2350 prévoit donc, en plus de la fermeture de la MINUSTAH le 15 octobre, la mise en place d’une nouvelle mission, la Mission des Nations unies pour l’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH), établie pour une période initiale de six mois, du 16 octobre 2017 au 15 avril 2018. Selon Sandra Honoré, cheffe de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) , cette nouvelle mission, avec un effectif et un mandat plus réduits, assistera le gouvernement d'Haïti dans le renforcement de l’État de droit, apportant un soutien opérationnel et technique à la PNH dans la mise en œuvre de son plan de développement stratégique 2017-2021 et un appui sur la situation en matière de droits de l’homme, pour en rendre compte et l’analyser. La MINUJUSTH sera composée d’un maximum de sept unités de police constituées (au lieu de 11 actuellement) qui seront déployées dans cinq départements ainsi que 295 officiers de police individuels dans les dix départements, soit une réduction des 2/3 du nombre de policiers individuels.

Réagir à cet article