Fin de calvaire pour J-Vens

Evens Joseph, connu sous le nom de J-Vens, est décédé ce samedi 15 avril. Il laisse sa famille et ses amis dans une grande tristesse. Eux qui l’ont accompagné dans ce périple aussi long que douloureux et qui sont les plus touchés par son départ. Dans ce texte, quelques-uns de ses proches soufflent un dernier mot au père de Ti Mamoun. Des mots remplis de peine et de tristesse, des mots empreints de beaucoup d’émotions à l’égard de ce jeune artiste parti trop tôt.

Publié le 2017-04-17 | Le Nouvelliste

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J-Vens s’est éteint. C’est la fin de son calvaire, après des mois dans le coma. Malgré tous les efforts consentis, personne n’a pu le sauver. Faute de moyens, faute de volonté, faute de suivi ou tout simplement parce qu’il était trop tard, tout le monde a assisté à l’agonie de l’artiste. Certains on essayé, d’autres ne se sont pas sentis concernés, d'autres encore ont profité de son état pour faire leur beurre. J-Vens aurait dû voir un neurochirurgien durant les heures qui ont suivi son accident. Mais jusqu’à sa mort, des mois plus tard, il n’en a croisé aucun. Parmi ceux qui se sont mobilisés à sa cause, Hervé Laplante, profondément attristé par la nouvelle, dit son mot : « Ce fut un combat difficile et long que j’ai perdu. Je me suis dévoué à cette cause, je voulais son rétablissement plus que toute chose. Malheureusement, trop de bluffeurs en ont profité pour faire leur beurre. La méchanceté de nos frères haïtiens a mené à cette perte. C’est dommage ! La vie n’a pas de prix, on ne peut l’acheter. C’est la volonté de Dieu, on ne peut que l’accepter. Je n’ai pipé mot en apprenant la nouvelle, car la perte d’un homme si jeune est une déception. Je me suis retiré de l’affaire depuis quelque temps. Suite à certaines accusations, j’ai remis à sa famille l’intégralité de la somme que j’avais pu récolter en ligne. » Une somme que la famille a utilisée à des fins personnelles autre que les besoins de J-Vens, d’après Laplanta. « Bondye bay, li pran, se pou nanm li ale an pè », lâche ce dernier en guise d’adieu. Tonymix, pour sa part, souhaite du courage à la famille Joseph. « Que l’âme de J-Vens repose en paix ! Que ses parents et sa femme s’arment de force pour continuer la route et aller de l’avant », dit le DJ. La chanteuse Shassy, très bonne amie du défunt, est aussi profondément attristée. La voix mélancolique, elle parle de leurs réalisations communes et des projets qu’ils avaient. Elle a perdu bien plus qu’un ami. Pour Shassy, J-vens était un frère. « On a partagé tant de choses. J’ai le cœur en miettes, on voulait faire tant de choses. Je me suis donnée corps et âme à sa cause tout au long de son agonie. J’ai passé des nuits à son chevet, espérant sa guérison », souffle-t-elle toute attristée à l’autre bout du fil. Si la tristesse de Shassy est immense, Vénuse, la veuve de J-Vens, est pour sa part effondrée et inconsolable depuis que son homme a rendu l’âme, d'après les aveux d’un proche de la famille. Je me rappelle encore de ma dernière visite à la salle d’urgence de St-Luc le vendredi 17 mars. Ce jour-là, le malade devait quitter l’hôpital, les membres de sa famille se préparaient à l’emmener à un centre hospitalier de Santiago, « Unión medical de Santiago ». Midi, rien n’était encore certain, pourtant sa femme Vénuse était confiante: « On partira en ambulance, au plus tard demain, tout est presque au point », assurait-elle. Sur le visage de Vénuse, on pouvait lire la souffrance et la fatigue. Les cernes autour de ces yeux laissaient lire bien des nuits blanches. En effet, trois jours avant ma visite, l’artiste avait fait une rechute, il avait failli y rester. À côté de son lit, la bouteille d’oxygène à laquelle il était branché la veille était encore là. La mère de J-Vens, quant à elle, aspergeait son fils d’huile sainte, tout en lui chuchotant des mots de réconfort. « Pitit mwen, w ap bon wi, ou gen pou w retounen sou de pye ou », lassait-elle entendre. Sa foi était sans égal. Avec leurs peu de moyens financiers, tout comme au début de leur calvaire, ils nourrissaient l’espoir que de bons samaritains les accompagneraient dans cette nouvelle tentative en République dominicaine. Un voyage qui, jusqu’à sa mort, n’a jamais eu lieu. Ce samedi marque la fin d’un long calvaire pour J-Vens. La fin de tout espoir pour Vénuse, cette icône du courage qui a été aux côtés de J-Vens jusqu’à son dernier souffle. Une nouvelle veuve, laissée avec deux enfants qu’elle devra nourrir et éduquer toute seule.

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