EL : un retard qui a tout changé

Depuis quelque temps, les affiches évangéliques pullulent. Visages et voix connus ou encore des débutants, ils se retrouvent, au moins un dimanche, dans le line-up d’un concert. Pour ce dimanche 19 mars, le rendez-vous était donné à l’hôtel Royal Oasis pour la grande première du groupe Exaltation et Louange (EL).

Publié le 2017-03-20 | Le Nouvelliste

Ticket Mag -

Le programme était annoncé pour cinq heures PM. Il était 6h35 et les gens qui commençaient à affluer entendaient invariablement le même refrain : « On va vous laisser entrer sous peu ». Il était 7h30 et personne n’avait pu pénétrer la salle encore. Lorsque finalement le public a pu y accéder, c’était pour assister aux dernières touches de la décoration. Même si celle-ci était sublime, on aurait pu la finir avant que les gens n'arrivent. On a assisté aussi au « check sound » et à bien d’autres détails avant que les organisateurs ne se décident enfin à commencer le programme. Fatigué d’avoir attendu tout ce temps, le public réagissait de mauvaise grâce aux premiers propos de l’animateur. Quand il a remis le micro à Kensley, les gens n’étaient toujours pas prêts à laisser leur rancœur de côté mais le jeune adorateur a eu raison d'eux. Entonnant les refrains d’adoration les plus connus, il a su emmener et convaincre l’assistance qui s’est finalement mise debout pour chanter avec lui. Présent avec son inusable « Tou piti devan w », le pasteur Enock Jean-Louis a signé une belle prestation comme à l’accoutumée. Trois beaux morceaux exécutés pour le bonheur de ses fans. Également de la partie, le groupe CAD a fait revivre la génération des plus de 40 ans en reprenant un titre rétro. Les plus jeunes ne pouvaient placer un mot tandis que les plus grands se défoulaient. Alors qu’on attendait patiemment la prochaine performance, les animateurs -il y en avait deux à cette soirée- ont décidé de faire un jeu avec quelques couples de la salle. Si les primes sont alléchantes-nuit à Decameron et à Kaliko- le temps imparti aurait pu être utilisé cependant à meilleur effet. Les animateurs se sont débrouillés malgré tout pour faire réagir les gens, qui se sont bien amusés. Retour à la musique avec Tami. Accompagnée par des musiciens hors pair, dont son frère Nicky, la chanteuse a encore frappé fort. Présence sur scène, notes justes, avec elle, tout est toujours à sa place. Elle s’était même mise au rap et ceci sans faille. Avec Tami, « se toujou menm ti bagay la ». Exaltation et Louange qui faisait sa première sortie lui a succédé. En dépit d’une bonne harmonisation et d’une symbiose parfaite, EL n’a pas secoué la salle qui commençait d’ailleurs à se vider. C’est donc devant une poignée de personnes que Wayne Mondélus, venu des États-Unis, a eu à chanter. Beau moment d’adoration mais assez long cependant pour faire partir le peu de personnes qui restaient encore. Il était déjà trop tard, la chorale Jimla Gospel, présente sur l’affiche, n’a pas pu rejoindre la scène. Décoration de classe, animateurs au top, un groupe ayant un bel avenir musical, cela n’a pas suffi cependant à EL pour que le concert soit une réussite. Le très grand retard a eu raison de la patience de tout le monde et a refroidi la motivation des gens. N’était cela, on aurait pu avoir une belle activité.

Réagir à cet article