Une hausse des prix des produits pétroliers semble imminente

Echo de l’éco

Publié le 2017-03-17 | Le Nouvelliste

Economie -

Outre la politique, l’administration de Jovenel Moïse hérite de dossiers brûlants qu’elle doit gérer avec circonspection. La hausse prochaine des prix du pétrole et celle des produits de première nécessité et tout le reste. En Haïti, toute hausse est synonyme de crise en tenant compte, bien entendu, de l’extrême précarité de la population. Le ministre sortant de l’Économie et des Finances, Yves Romain Bastien, ne rate jamais l’occasion d’annoncer que les prix des produits pétroliers doivent obligatoirement fluctuer à la hausse dans les prochains jours. Il suffit de suivre les interventions à travers les médias pour comprendre que les hommes d’État se sont déjà penchés sur la question. Comme la hausse de prix est une affaire sensible, quel que soit le produit concerné, les nouveaux responsables étudient soigneusement les stratégies les moins rudes pour tenter d’atténuer les effets de cette mesure indigeste pour les couches défavorisées mais obligatoire pour le Trésor public qui affiche un déficit assez considérable en matière de recette au cours des cinq mois premiers mois de l’exercice en cours. Pourtant, depuis plus de 20 ans, une loi votée par le Sénat a bien tracé la voie à suivre pour résoudre ce problème. La nouvelle équipe va-t-elle informer la population de la dynamique des fluctuations et revenir ipso facto sur les mécanismes d’ajustement automatique des prix, tel que prévu par la loi du 6 mars 1995 sur les droits d'accises variables? Pour le moment, on n’en sait pas grand-chose. Mais la nouvelle administration comme celle de Privert est bousculée de toute part pour un ajustement des prix dans l’immédiat. Sinon, ce qui doit arriver arrivera. Les prévisions budgétaires pour l’exercice 2016-2017 ne seront pas atteintes, l’État ne disposera plus de fonds même pour payer ses fonctionnaires. Les dirigeants sont pris entre l’enclume et le marteau. À cause de la non-application de la loi du 6 mars 1995, sans doute pour des raisons politiques, le pays fait face à un manque à gagner de redevances pétrolières. Selon le directeur adjoint du Trésor au ministère de l’Économie et des Finances, Jean Donat André, d’octobre 2016 à février 2017, ce manque à gagner se chiffre à 6,7 milliards de gourdes. En moyenne, le Trésor public perd près d’un milliard de gourdes chaque mois qui file. Alors que les prix du pétrole ont été relativement stables entre 2011 et la première moitié de 2014, les cours du brut ont chuté brutalement de près de 50 % en 2014. L’action conjuguée de plusieurs facteurs principaux peuvent encore expliquer cette baisse. Ce vendredi, le prix du baril de light sweet crude (WTI), référence américaine du brut, a pris 3 cents à 48,78 dollars sur le contrat pour livraison en avril au New York Mercantile Exchange (Nymex). En laissant à la nouvelle administration le soin de procéder au réajustement des prix des produits pétroliers sur le marché, l’équipe Privert/Jean-Charles s’est évité la foudre qu’en-gendre généralement ce genre de mesure en temps de crise. Malheureusement, le président Jovenel Moise et son Premier ministre Jacques Guy Lafontant n’ont pas d’autre alternative. Une hausse des prix de l’essence est inévitable malgré la menace d’une inflation galopante pour les jours à venir. Il revient aux actuelles autorités de déterminer les mesures d’accompagnement adéquates pour permettre aux couches humbles de passer ce cap sans grandes turbulences.

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