Larissa Léandre Joseph admise à Alvin Ailey American Dance Theater

Du 26 juin au 4 août 2017, Larissa Léandre Joseph, de l’académie de danse Karol Ann Vilaire (KAV), participera à une formation professionnelle de haut niveau à l’Alvin Ailey American Dance Theater (AAADT) à New York. Autant que les autres heureuses élues de sa catégorie, notre jeune compatriote pourra, au-delà de cette formation, intégrer définitivement cette prestigieuse compagnie fondée en 1958.

Publié le 2017-03-17 | Le Nouvelliste

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Vêtue d'un collant et chaussant des ballerines, Karol Ann Vilaire nous introduit presque sur la pointe des pieds dans une salle au-dessus de sa classe de ballet qu’elle laisse pendant un moment. « Il n’y a pas de chaises ici, monsieur. Dois-je vous en faire chercher une en bas ? Ici, en général, on s’assied par terre », nous lance-t-elle. « Pas besoin, on va essayer de s’adapter à vos habitudes, madame », répliquons-nous. La chorégraphe autant que son élève prennent sous nos yeux, sans la moindre difficulté, la position du lotus propre aux moines bouddhistes quand ils méditent. La jeune femme qui l’accompagne n’est pas n’importe quelle élève de son académie. Il s’agit bien de Larissa Léandre Joseph, qui vient d’être admise à une formation qui se tiendra cet été à la prestigieuse Alvin Ailey American Dance Theater(AAADT). Ce n’est pas par un tour de magie qu’une Haïtienne vivant au pays a accédé à cette prestigieuse compagnie de New York. Cette compagnie qui a fait le tour du monde, qui a reçu en 2008 le « Bessie Award », organise chaque année des concours dans les principales villes des États-Unis et ailleurs pour recruter, selon Karol Ann, des jeunes dotés d’un vrai potentiel. La numéro un de KAV a trouvé en Larissa la bonne candidate pour tenter sa chance à l’édition de Miami qui s’est tenue le 26 février 2017 au New World School of the Arts, où elle a été elle-même formée. « Elle est avec nous depuis cinq ans et se révèle brillante dans toutes les disciplines qu’on enseigne », confie la chorégraphe. Elle a pris part à un camp de danse à Michigan et à des séminaires à New York aux frais de l’académie. Elle fait toujours partie du casting des derniers shows de KAV. L’écolière qui est en rétho à Sainte-Rose de Lima devait tirer son épingle du jeu dans sa catégorie qui compte 150 compétitrices issues de la Floride, de la République dominicaine, de Porto-Rico, entre autres pays. « Le trac s'empare de vous quand vous savez que toutes les autres sont aussi qualifiées et qu’on ne retiendra qu’une douzaine », témoigne Larissa. Les deux juges devaient jauger leurs performances sur quatre exercices de ballet et deux danses contemporaines. Andrée Pun, la professeure qui a accompagné Larissa au concours, se rappelle qu’elle a suggéré à son élève de visualiser sa victoire et de donner le meilleur d'elle-même. Tous les compétiteurs sont rentrés chez eux en attendant un e-mail qui leur dira s'ils sont admis ou non à un cours qui se tient du 26 juin au 4 août 2017 à la « AAADT ». Formation qui peut leur donner accès à la prestigieuse académie. Larissa a appris la bonne nouvelle grâce à sa mère la semaine dernière. « Ce jour-là, ma mère est venue me chercher à l’école, ce qui n’est pas courant puisqu’elle a un agenda surchargé. Elle m’a dit : « Je suis venue t’apporter un papier que tu dois montrer à la directrice de ton école, mais il faudra que tu le lises avant ». Quand elle me l’a tendu, j’étais surexcitée, je ne pouvais pas en croire mes yeux », conte-t-elle. « J’ai crié de joie quand j’ai appris la nouvelle. C’est comme s'il sagissait de moi ou de ma propre fille. Mon mari m'a demandé quel message reçu sur mon téléphone me rendait aussi heureuse », déclare Karol Ann avec fierté. Par le passé, d’autres élèves de chez elle ont pris part à cette composition mais n’ont pas réussi à intégrer le carré sélect des douze. À l’issue de cette formation, la jeune femme pourra définitivement intégrer la « AAADT » si elle le veut. Mais, pour le moment, elle est sceptique par rapport à cette option qui fait rêver tant de personnes compte tenu du prestige de cette académie. « La danse, c’est ma passion. Cette opportunité est belle pour l'instant. Mais il reste que j’ai toujours rêvé d’étudier les relations internationales. Pour le moment, il me paraît difficile de choisir entre les deux. », confie Larissa. Karol Ann suggère à son élève de réfléchir longuement avant de se décider. « Je serais triste de la perdre comme élève, mais pour qu'elle intègre Alvin Ailey, je serais bien fière de son choix. J’éprouverais les mêmes sentiments qu’une mère qui voit partir sa fille à l’université. Mais j'admets que le choix lui appartient, je ne vais pas interférer », conclut la danseuse.

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