Vivre mieux en Haïti/Construction/acquisition d’une maison

Eric Calais : voyez un spécialiste, posez des questions sur la résistance…

C'est avec cet article que nous inaugurons officiellement la rubrique " Vivre mieux en Haiti". Les précautions à prendre quand ont construit ou achète un bien immobilier sont prodigués par l'expert qui avait mis en garde contre le tremblement de terre qui allait frapper Port-au-Prince. Les conseils d'Eric Calais parlent d'avenir. De votre avenir pour vivre mieux en Haïti

Publié le 2017-03-16 | Le Nouvelliste

National -

L’achat ou la construction d’une maison constitue un investissement important. Il est important parce que des fois les débours peuvent provenir de la mobilisation des économies de toute une vie, d’un prêt à long terme auprès d’une banque avec des intérêts conséquents à payer. La fin du sursis sismique le 12 janvier 2010 a marqué un « prise de conscience que ce n’est pas le tremblement de terre, mais les maisons non parasismiques » qui, en s'effondrant, ont tué leurs occupants et d’autres personnes à proximité, a souligné le sismologue Eric Calais. Parce qu’Haïti est « certainement exposée à nouveau à un séisme plus ou moins fort », Eric Calais ne fait pas l’économie de ses recommandations. « La recommandation très générale est que quand on fait un investissement d’achat d’une maison, d’un bâtiment existant, il faut le faire expertiser par un ingénieur compétent. Cet ingénieur dira comment ce type de structure a été construite, sa résistance ou non », a indiqué Eric Calais, soulignant que ces informations sont vitales dans la prise de décision. Il ne faut pas hésiter à poser des questions. En cas de faiblesse et/ ou autre problème de la structure, il y a des solutions techniques à des coûts différents, a insisté Eric Calais. L’autre conseil, en cas d’insatisfaction, il est nécessaire de prendre « un avis complémentaire » d’un autre spécialiste. « Quand vous allez chez le médecin pour une douleur, si elle persiste alors vous allez voir un autre médecin », a illustré Eric Calais qui souligne qu’en grande partie, le bâti en Haïti a été fait de manière informelle, dans la méconnaissance des normes parasismiques « L’essentiel du bâti haïtien est construit de manière informelle », a martelé Eric Calais. « Il ne faut pas que des milliers de dollars investis dans la construction d’une nouvelle maison volent en fumée. On construit pour des dizaines d’années. Sur des dizaines d’années, on est sur une période de temps où il y aura sans doute un tremblement de terre plus ou moins important », a indiqué Eric Calais. « Il faut être responsable »,a-t-il insisté. « Posez la question à l’architecte, à l’ingénieur. Qu’est-ce que vous allez faire pour rendre ma maison parasismique ? Quelles sont les formes, les conceptions géométriques, quel type de matériaux vous allez utiliser ?, a détaillé Eric Calais. Si l’ingénieur répond de manière évasive, allez voir quelqu’un d’autre. N’ayez pas peur de poser des questions, a dit le sismologue. Il indique que « les maisons les plus parasismiques sont en général les plus légères ». Les toits en béton très lourd, ce n'est pas ce qu’il y a de mieux, a souligné Eric Calais. Pour les petites maisons des gens de conditions économiques modestes, il y a la technique de la « maçonnerie chaînée ». Les mêmes matériaux sont utilisés, mais autrement, par un boss qui a acquis la technique divulguée par le ministère des TPTC, a dit Eric Calais…

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