Intégrer un peu plus Haïti et la République dominicaine

Publié le 2017-03-14 | Le Nouvelliste

Editorial -

Depuis le lundi 13 jusqu’au 17 mars, l’assistant secrétaire d'État adjoint principal Ad Intérim Kenneth Merten visite la République dominicaine et Haïti. L'objectif de la visite du diplomate américain est de renforcer le support du gouvernement des États-Unis à des partenariats solides dans l'hémisphère et des économies régionales stables, dit une note de l’ambassade américaine en Haïti. En République dominicaine, Merten, ancien ambassadeur des États-Unis en Haïti connu pour son rôle clé dans nos élections en 2010, rencontrera des hauts fonctionnaires du gouvernement et des groupes de la société civile pour discuter de l’état d’avancement de sujets d'intérêt mutuel, y compris le commerce bilatéral, la coopération dans le domaine du renforcement de la loi, du développement et de la coopération transfrontaliers entre la République dominicaine et Haïti. En Haïti, il rencontrera également des hauts fonctionnaires du gouvernement, des partenaires bailleurs de fonds internationaux et des acteurs du secteur privé travaillant pour l’avancement du développement démocratique et économique du pays. La note ne dit pas s’il abordera le développement et la coopération transfrontaliers entre Haïti et la République dominicaine avec les responsables haïtiens. Simple coïncidence, sans doute, cette tournée dans l’îIe intervient alors que la Banque mondiale préconise, dans un rapport publié mardi, que « la croissance passe par une intégration plus poussée en Amérique latine et aux Caraïbes ». Pour la Banque mondiale, « une intégration économique accrue entre les pays d’Amérique latine et des Caraïbes rendra cette région plus compétitive sur les marchés internationaux et stimulera sa croissance à long terme ». Le rapport propose un « régionalisme ouvert ». Pour ce faire, le rapport expose une stratégie en cinq volets interdépendants : abaisser encore les droits de douane extérieurs…, approfondir l’intégration économique…, harmoniser les règles et procédures…, concentrer les efforts pour réduire des coûts commerciaux élevés..., intégrer les marchés du travail et les marchés financiers… L’Union européenne pousse aussi dans le même sens depuis quelques années en finançant, le long de la frontière commune Haïti-RD, des projets et en soutenant des initiatives de rapprochement entre les deux peuples. Dans ce même ordre d’idées, l’Observatoire binational sur la migration, l’éducation, l’environnement et le commerce (OBMEC) organise ce mercredi, à la salle CCC de l’Université Quisqueya, son deuxième atelier de réflexion sur les recommandations de politiques publiques. Un premier atelier avait été organisé en République dominicaine le 9 mars dernier. L’Observatoire binational sur la migration, l’éducation, l’environnement et le commerce réunit acteurs et chercheurs intéressés par les problèmes communs à Haïti et à la République dominicaine. Abordera-t-on le rapport de la Banque mondiale ou les retombées possibles de la visite de l’assistant secrétaire d'État Adjoint Principal Ad Intérim Kenneth Merten dans les deux pays qui se partagent l’île ? Il est sans doute trop tôt pour le faire, mais pas trop tôt d’y penser, car les relations entre les deux pays de l'île d'Haïti n’intéressent pas que nous. Même s’il faut reconnaître que nous sommes beaucoup plus des spectateurs que des acteurs dans cette affaire d’intégration qui se fait sans plan de notre côté, mais avec l’appétit féroce de consommer les produits et services venant de chez nos voisins. Notre déficit commercial en fait foi et la croissance continue de nos importations en atteste.

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