La Gold Cup 2017 évoquée par Carlo Marcelin

Au nombre des personnes composant la délégation haïtienne qui avait pris part au lancement et à la confirmation des trois groupes de la 14e édition de la Gold Cup, au Levi’s stadium, le mardi 7 mars, figure Carlo Marcelin. Ce dernier, ex-international, ex-sélectionneur national et ex-directeur technique national, occupe aujourd’hui le poste de secrétaire général de la Fédération haïtienne de football (FHF). A cœur joie, il a accepté volontiers d’évoquer la préparation des Grenadiers avant d’établir un parallèle entre l’édition 2000 et les éditions subséquentes. Lisez son interview exclusive !

Publié le 2017-03-14 | Le Nouvelliste

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Au nombre des personnes composant la délégation haïtienne qui avait pris part au lancement et à la confirmation des trois groupes de la 14e édition de la Gold Cup, au Levi’s stadium, le mardi 7 mars, figure Carlo Marcelin. Ce dernier, ex-international, ex-sélectionneur national et ex-directeur technique national, occupe aujourd’hui le poste de secrétaire général de la Fédération haïtienne de football (FHF). A cœur joie, il a accepté volontiers d’évoquer la préparation des Grenadiers avant d’établir un parallèle entre l’édition 2000 et les éditions subséquentes. Lisez son interview exclusive ! Le Nouvelliste : Nous sommes à moins de deux semaines de la double confrontation (24 et 28 mars) entre Haïti et Nicaragua (barrage Gold Cup). Qu’est-ce qui est fait, entre-temps, au sein de l’équipe nationale ? Carlo Marcelin : Nous savions qu’au terme du tournoi de la Uncaf, pour espérer disputer la Gold Cup 2017, Haïti doit se débarasser du Nicaragua en match aller et retour. Et depuis, nous ne cessons de travailler afin qu’on ait une très forte équipe pour affronter notre adversaire. Vu que les matchs se joueront à une date FIFA, il incombe à Jean-Claude Josaphat, sélectionneur national, de convoquer les joueurs capables d’aider Haïti. Que je sache, à ce sujet, il a fait appel à 30 Grenadiers. LN : Encore les USA dans le groupe d’Haïti. Vous avez une réaction ? CM : Peu avant la confirmation des groupes, je savais qu’Haïti allait hériter des USA. Au fait, ça devient une coutume, et ce dans toutes les catégories. A dire vrai, le cap est mis désormais sur la double confrontation entre Haïti et Nicaragua. En cas de qualification, on va prendre toutes les dispositions pour jouer une grande Gold Cup. En 2015, nous étions dans le groupe des USA et du Panama. Vous savez que nous étions sortis meilleur troisième et qualifié pour les quarts de finale. Toujours est-il que nous allons prendre, à tous les points de vue, toutes les dispositions possibles pour que Haïti fasse un grand tournoi. LN : Parlant justement du Nicaragua, j’ai pu voir que vous avez eu un tête-à-tête avec les représentants de ce pays. Qu’est-ce qui a été discuté lors de cette séance de travail ? CM : Avec eux, nous avons eu une petite séance de travail basée sur des échanges potentiels que les deux pays pouvaient effectuer à l’occasion de cette double confrontation. Nous leur avons offert : transport, eau, escorte et terrain d'entraînement. Cependant, ils ont opté pour que l’on puisse mettre à leur disposition : hôtel, nourriture et autres… Vu l’énorme différence des prix entre les deux pays, nous n’avons pas accepté. Il faut avouer que les discussions sont en cours. On verra ce qu’on peut planifier avec eux. LN : En ce qui a trait à la préparation de l’équipe nationale, qu’est-ce qui est planifié en vue du rendez-vous contre Nicaragua ? CM : Nos équipes juvéniles souffrent beaucoup. Côté senior, c’est une autre chose. Toutefois, je peux vous avouer que l’équipe nationale a toujours eu du mal à se concentrer en Haïti. Plusieurs choses sont à la base de ce manquement. Sur le plan organisation des matchs, la commission a toujours rendu de loyaux services. Entre 19 et 20 mars, les expatriés prendront place à Miami en vue d’effectuer un camp d’entraînement de trois ou quatre jours. Dans la matinée du 23, l’équipe rentrera à Port-au-Prince. Dans la soirée, elle s’entraînera au stade Sylvio Cator pour le match du 24 mars. Ce faisant, les joueurs auront une meilleure adaptation par rapport au climat. Plus sereinement, l’équipe sera motivée et concentrée, de quoi faire la différence à domicile. LN : Rien à redire sur le plan économique ? CM : Auprès du gouvernement, nous avons effectué les démarches qui s’imposent. Avec la présidence, les rapports sont plutôt bons. Nous avons écrit à la FIFA. La Concacaf devrait en principe voler au secours des deux pays. Avec Jet Bleu nous avons eu un accord de principe. En termes de préparations, planification, motivation, primes attribuées aux joueurs, l’équipe devrait être en mesure de jouer Nicaragua sans trop grande difficulté. Pour y arriver, le public a un rôle important à jouer. De ce fait, il est invité à venir supporter les Grenadiers. Le Nouvelliste : Avant de devenir directeur technique national et à présent secrétaire général de la FHF, vous étiez joueur et vous avez pu disputer la Gold Cup. Alors, y a-t-il une différence entre votre époque et celle d’aujourd’hui ? Carlo Marcelin : En 2000, sous la houlette d’Emmanuel Sanon et Ernst « Ze Nono » Jean-Baptiste, je faisais partie de l’équipe nationale qui avait disputé ce tournoi. A l’époque, nous n’avons pas pu franchir certains paliers, car l’équipe n’était pas bien préparée. Et cela à tous les points de vue. Il est vrai que nous avions de très bons joueurs. Ça a été une équipe composée majoritairement par des joueurs locaux. Si nous étions battus par les USA (3-0), contre le Pérou (1-1), nous avions pu produire du bon football. Sur des détails, nous avons raté l’occasion de battre cette équipe sud-américaine. De 2000 à 2017, il y a beaucoup de changements. Bien sûr, sur le plan organisationnel et autre, aujourd’hui, notre équipe se compose de plus de joueurs évoluant hors du pays. Ils ont plus d’accompagnement par rapport à nous autres. La Fédé ne disposait pas de moyens, en termes de primes, à nous offrir avant la compétition, ce qui est différent aujourd’hui. Vous savez que, de plus en plus, le football devient une affaire de business. À cela, Haïti doit s’adapter.

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