En Amérique latine et dans les Caraïbes, la croissance passe par une intégration plus poussée

Publié le 2017-03-15 | Le Nouvelliste

Economie -

D’après un nouveau rapport de la Banque mondiale, une intégration économique accrue entre les pays d’Amérique latine et des Caraïbes rendra cette région plus compétitive sur les marchés internationaux et stimulera sa croissance à long terme. Selon ce rapport, intitulé Better Neighbors: Toward a Renewal of Economic Integration in Latin America, une stratégie d’intégration repensée, qui tire parti des complémentarités de l’intégration économique régionale et mondiale, peut favoriser la croissance et la stabilité. Ceci est particulièrement important pour cette région qui sort à peine de deux années de récession. « Dans le monde actuel, l’intégration économique régionale offre un moyen de relancer la croissance économique nécessaire pour faire reculer la pauvreté et promouvoir une prospérité partagée, indique Jorge Familiar, vice-président de la Banque mondiale pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Une intégration intra-régionale renforcée permettra d’accroître notre compétitivité sur la scène mondiale. Une bonne intégration demande des investissements dans les infrastructures, les réseaux de communications et la logistique, ce qui stimulera la croissance économique. » Les efforts d’intégration régionale remontent aux années 60, et s’intensifient depuis le milieu des années 90. Toutefois, les exportations entre les pays d’Amérique latine stagnent à 20 % des exportations totales de la région, une proportion nettement inférieure aux 60 % et 50 % affichés respectivement par l’Union européenne et l’Asie de l’Est/Pacifique. Le rapport propose un « régionalisme ouvert » apte à exploiter pleinement les synergies de l’intégration économique régionale et mondiale, en partant du postulat qu’une intégration mondiale propice à la croissance passe impérativement par un renforcement des pays de la région. Pour ce faire, le rapport expose une stratégie en cinq volets interdépendants : 1. Abaisser encore les droits de douane extérieurs. Cette mesure peut donner de l’élan à l’activité économique locale, attirer les investissements étrangers, favoriser le partage du savoir entre pays voisins et, in fine, leur permettre de pénétrer collectivement sur les marchés d’exportation mondiaux. 2. Approfondir l’intégration économique entre l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale et le Mexique. Grâce à de nouveaux accords commerciaux préférentiels (ACP), ces sous-régions peuvent mieux tirer parti de leurs complémentarités et des échanges commerciaux. Cela sera particulièrement pertinent pour les petites économies lorsqu’elles s’intègrent aux plus grandes. 3. Harmoniser les règles et procédures. En autorisant les entreprises à utiliser des produits venant d’autres pays sans perdre leur accès préférentiel, comme le prévoient les règles instaurées par les ACP existants, les pays de la région pourront tirer de ces accords un plus grand bénéfice. L’harmonisation des normes réglementaires peut aussi leur permettre de capitaliser pleinement sur les progrès déjà substantiels qu’ils ont réalisés vers la mise en place d’un réseau énergétique intégré. 4. Concentrer les efforts pour réduire des coûts commerciaux élevés. En Amérique latine, les échanges pâtissent du manque d’infrastructures de qualité et du relief accidenté. La part des routes non goudronnées dans la région est d'environ 70%, ce qui a pour effet d'augmenter les coûts des transports routiers. Une faible efficacité des ports rend également la connectivité de la région plus faible et plus coûteuse en comparaison aux réseaux de transport maritime et aérien dans le monde. 5. Intégrer les marchés du travail et les marchés financiers. Une plus grande liberté de circulation des personnes et des capitaux améliorera l’efficience régionale en Amérique latine. L’intégration transnationale du marché du travail rendra les pays plus productifs et dynamisera la croissance grâce à des transferts transfrontaliers de savoir. Créé en 2011, le marché intégré latino-américain (MILA), qui regroupe les Bourses colombienne, chilienne, mexicaine et péruvienne, constitue également un pas dans la bonne direction, améliorant ainsi le climat d’investissement pour tous. Le rapport conclut que, pour réussir, la région devra concevoir et mettre en œuvre ces politiques intelligentes mais complexes pour améliorer l'intégration économique intra-régionale tout en diminuant les obstacles au commerce international avec le reste du monde. Même si cet objectif ne sera pas simple à atteindre, le rapport fait valoir que le moment est venu de donner la priorité à ces efforts.

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