Entreprise/Environnement

Haïti, la carte verte de Timberland

La marque américaine accélère la cadence écoresponsable. Des pièces de sa nouvelle collection sont fabriquées à partir de déchets récupérés à Haïti.

Publié le 2017-03-15 | Le Nouvelliste

Economie -

Ces chaussures, tee-shirts et sacs à dos ne dépareillent pas dans la gamme de la marque célèbre pour ses godillots. Ils sont pourtant fabriqués pour moitié avec du plastique récupéré dans les décharges à ciel ouvert d'Haïti. La matière première utilisée par Timberland pour sa nouvelle collection lui a été fournie par Thread. Cette société, qui s'est spécialisée dans la production de fil à partir de déchets, a déjà collaboré par le passé avec des griffes plus confidentielles comme Kelly Lane, Hamilton Perkins ou Kenneth Cole. Le processus est assez simple. Dans l'île dévastée par le tremblement de terre de 2010, 1 300 personnes ont récupéré des milliers de bouteilles qui ont été broyées pour être réduites en flocons. Le plastique, qui est issu du raffinage du pétrole, tout comme le polyester, est alors fondu pour être transformé en fil. Pour fabriquer un sac à dos, 7,5 bouteilles sont utilisées. En plus d'être respectueuse de l'environnement, cette initiative donne un complément de revenu à des Haïtiens qui vivent dans une pauvreté absolue. Timberland n'est pas novice en la matière. Selon son site internet, le géant américain dit avoir déjà réutilisé 233 millions de bouteilles en plastique pour la fabrication de ses chaussures. En 2015, ses usines ont consommé 450 000 kilos de PET (polyéthylène téréphtalate) recyclé et 379 tonnes de caoutchouc recyclé. La course au recyclage Depuis quelques années, le recyclage devient un thème très « tendance » chez les grandes marques de mode. H&M commercialise depuis six ans des collections présentées comme écoresponsables dont les pièces sont fabriquées à partir de matières durables. Toujours dans le cadre de sa gamme Conscious, le groupe suédois propose cette année une robe plissée en « bionic », un polyester recyclé à partir de déchets collectés sur les littoraux. Les détritus ainsi ramassés dans le monde entier sont envoyés en Chine, dans la région du Hannan, pour être transformés en fil par BionicYarn. Cette société, fondée en 2010 par le chanteur Pharrell Williams, travaille avec de nombreuses grandes marques pour leur fabriquer des articles estampillés « écolos ». G-Star a ainsi récemment lancé avec l'artiste aux chapeaux improbables la troisième collection de sa ligne baptisée Raw for the oceans, créée à partir de plastiques repêchés dans les océans. Adidas a également signé un partenariat avec la société fondée par l'interprète de « Happy ». L'équipementier allemand s'est, en outre, associé avec l'organisation Parley for the oceans pour mettre au point une chaussure entièrement fabriquée avec des filets de pêche et du plastique récupéré en mer. Les multinationales ne sont pas les seules à jouer la « carte verte » pour séduire les clients soucieux de développement durable. Certaines petites sociétés vont même encore plus loin en proposant exclusivement des produits « propres ». C'est le cas, notamment, de la PME française Amaboomi ou de l'espagnole Ecoalf. Être chic tout en protégeant l'environnement est désormais possible…

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