38 morts aux Gonaïves, un autobus décime trois bandes de rara

Publié le 2017-03-13 | Le Nouvelliste

National -

Un autobus de la compagnie Blue Sky impliqué dans un accident, en plein délit de fuite, a foncé successivement sur trois bandes de rara (groupe de personnes organisant un carnaval rural à l’occasion du carême) dimanche matin non loin de la ville des Gonaïves, à 150 kilomètres au nord de la capitale, tuant 38 personnes et blessant 13 autres, selon un bilan actualisé obtenu par Le Nouvelliste dimanche vers midi auprès des responsables de la protection civile et de sources hospitalières. Le récit de l’incident est glaçant. Un autobus revenant du Cap-Haïtien a laissé la mort, la consternation et la colère dans son sillage. Peu avant l’aube, sur la nationale # 1, Aux Poteaux, 4e section communale des Gonaïves, le bus a heurté deux personnes, dont une est morte sur le coup. Le conducteur a pris la fuite et quelques kilomètres plus loin, au niveau de Mapou, a foncé sur une première bande de rara et ensuite sur deux autres bandes de rara, a raconté au journal Faustin Joseph, le coordonnateur de la protection civile pour le haut Artibonite. Arrivés rapidement sur place, les services de secours ont transporté les blessés à l'hôpital des Gonaïves et les policiers ont contenu les mouvements de colère de la population. « Il y avait des corps écartelés, des flaques de sang sur la chaussée », a expliqué Faustin Joseph au journal craignant que le bilan ne s’aggrave après avoir fait état quelques heures auparavant de 34 morts. Contacté par le journal, le directeur départemental de la police de l’Artibonite, Bornélus Jean Bazelaire, a indiqué que les juges de paix ont procédé au constat légal du décès de 34 personnes sur place. Parmi les 17 blessés conduits d'urgence à l’hôpital, 4 n’ont pas survécu. Le conducteur du véhicule s’est enfui, a confié le chef de la police de l’Artibonite. L’autobus en question est au commissariat des Gonaïves. « Des gens qui n'ont pas été victimes de l'accident ont tenté de brûler l'autobus avec ses passagers dedans », a informé Faustin Joseph, coordonnateur de la protection civile pour le département de l'Artibonite. Des incidents ont été observés dans la zone où le bus a commis le délit de fuite, mais la situation est redevenue calme, selon les autorités locales. Un autre autobus revenant du Cap-Haïtien a essuyé des jets de pierres de la part de riverains en colère. La police a dû assurer jusqu’ici la sécurité de 17 autobus d’Ennery aux Gonaïves, a expliqué Bornélus Jean Bazelais, déplorant ces décès et appelant à un changement de comportement. Les raras, dans la nuit, ne sont pas signalisés. Il n’y a pas d’éclairage. Ils évoluent sur la chaussée des routes nationales exposant leurs participants, qui dansent et boivent de l’alcool, à des accidents fréquents. Ce n’est pas la première fois que des accidents malheureux sont recensés dans les régions du pays où la tradition rara est bien implantée comme dans l’Ouest et l’Artibonite. A l’approche du carême, il faut des réflexions et des actions par rapport à la sécurité routière et à celle des raras sur les routes nationales, a appelé le directeur départemental de la police de l’Artibonite Bornélus Jean Bazelaire. Le président de la République, Jovenel Moïse, a exprimé « sa profonde tristesse suite au terrible accident survenu tôt ce dimanche 12 mars 2017 à Mapou, à l'entrée nord de la ville des Gonaïves » selon une note de la présidence. « Le chef de l'Etat transmet, au nom de l'ensemble du Gouvernement, ses sincères condoléances aux familles et proches des victimes de ce drame de trop sur nos routes nationales. Le président de la République, tout en exhortant les usagers de la voie publique à faire preuve de vigilance, appelle les autorités compétentes à mener une enquête au plus vite pour faire la lumière sur cette tragédie », a poursuivi la note. Depuis dimanche plusieurs pays amis d'Haïti ont exprimé leurs condoléances au peuple haïtien après cette nouvelle tragédie.

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