Culture/ Droits de la Femme

Une vingtaine de femmes haïtiennes honorées dans les toiles de « Kalfou Richès »

Publié le 2017-03-09 | Le Nouvelliste

Culture -

L’atelier Kalfou Richès vénère, ce mercredi 8 mars, les femmes haïtiennes, à travers l’exposition de ses peintures, à l’auditorium de la Bibliothèque nationale d’Haïti (BNH), autour du thème «Les femmes construisent une autre Haïti». Au moment où le président de la République d’Haïti, Jovenel Moïse, enflamme la Toile avec ce Tweet qui rend «un hommage solennel à toutes ces vaillantes citoyennes qui se dévouent corps et âmes à la promotion des droits de la femme haïtienne». C’est le jour où l’humanité entière célèbre la journée internationale des droits des femmes. En effet, une vingtaine de femmes haïtiennes sont mises en valeur par des jeunes peintres de Kalfou Richès pour leur contribution à la société au niveau littéraire, musical et social. Les tableaux présentent le sourire, l’espoir et le courage de ces femmes modèles dans un pays où vivre en tant que femmes est quelque chose de très difficile. Dans une enquête réalisée par l’organisation non gouvernementale Save the Children sur la santé, l’éducation, l’opportunité des femmes et publiée en octobre 2016, Haïti est classée 105e sur 144 pays. Les femmes représentent plus de 52 % de la population haïtienne. Pourtant, une enquête de Mag Haïti réalisée en décembre 2016 précise qu’il n’existe pas de politique publique en matière de santé pour le genre féminin. À travers ces tableaux accolés au mur et l’exposition sur des tables de quelques ouvrages bien connus, l’on peut admirer le portrait des célébrités suivantes : Yanick Lahens, Marie Vieux-Chauvet, Paulette Poujol Oriol, Emmelie Prophète, Émeline Michel, Kettlye Mars, Yanik Jean, Edwige Danticat, Mireille Neptune Anglade, Lumane Casimir, entre autres. Selon Etienne Marc Joël, jeune peintre issu de l’un des quartiers populaires, l’exposition vise à mettre les femmes haïtiennes en valeur. Ce travail est le fruit des artistes recueillis et éparpillés qui habitent dans les communautés à risque. «Ces jeunes sont issus des quartiers de non droit du Bel-Air, de Caridad, de Bolosse et de Fort-National. L’atelier nous a donné une solide formation. Aujourd’hui, avec l’aide d’un moniteur, nous avons exposé ces tableaux dessinant le portrait de personnalités féminines haïtiennes. » Un autre peintre et membre de cet atelier, Shilo Jean décrit les circonstances de la création de l’organisation. Selon lui, «le mouvement a pris naissance après le 12 janvier 2010, pour montrer à la société qu’il existe de jeunes talents dans les quartiers défavorisés ». « L’atelier réuni un ensemble d’élèves qui suivent des formations. Ces derniers montent en puissance et forment à leur tour d’autres pépinières pour prendre la relève », poursuit-il, démontrant ainsi la valeur de ces jeunes talents qui méritent beaucoup plus que des félicitations. Pendant qu’en France, des manifestations ont eu lieu pour défendre les droits des femmes et demander l’égalité salariale avec les hommes, selon le journal Libération, Kalfou Richès et la BNH s’inclinent devant les femmes courageuses d’Haïti.

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