PapJazz Haïti ébranle l’Université Quisqueya

Le lundi 6 mars 2017, la scène Barbancourt sise à l’Université Quisqueya (Uniq) a accueilli son premier spectacle dans le cadre de la 11e édition du Festival Interantional de Jazz de Port-au-Prince. Au programme, Sebastian Schunke, Mike Del Ferro, Carol Welsman et la bande à pied Follow Jah chargée de tenir le public en haleine lors des pauses.

Publié le 2017-03-07 | Le Nouvelliste

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Ils étaient nombreux les jazzophiles, amateurs de jazz, curieux en quête de loisirs, membres de la presse à faire le déplacement hier soir à l’Uniq malgré les passages nuageux en fin d’après-midi. Après une heure de retard, Béatrice Compère, la maîtresse de cérémonie donne le coup d’envoi. Le temps d’observer une minute de recueillement à la mémoire de l’ancien président René Garcia Préval et de rendre un hommage à Thierry Gardère, on plonge d’emblée dans cette soirée de piano avec trois artistes et trois plateaux de Jazz différents : Latin jazz, Jazz fusion et Swing. Accompagné de John Bern Thomas à la batterie et de Richard Barbot à la basse, le pianiste Mike Del Ferro de l’Allemagne démarre la soirée. Dans un mélange de jazz et de musique classique, le compositeur et sa bande ont gratifié le public de plusieurs morceaux de Jazz fusion les uns plus appréciés que les autres. Après cinq interprétations de Mike, il est temps d’observer une pause. Tandis que le public en pleine dégustation du cocktail Barbancourt, popcorn, fresco et autres, le groupe Follow Jah, lui, fait son show. Percussions, trompettes en bamboo et en PVC, shakers, mannouba, graj, tambours en main, les musiciens font vibrer les spectateurs au son du Rara jazz. Un intermède bien chaud, pour faire vivre en un laps de temps la culture haïtienne au milieu de ce line-up de musiciens étrangers à l’affiche. « J’assiste au Festival de Jazz de Port-au-Prince depuis sa première édition en 2007. J’étais à la Faculté d’odontologie et j’étais curieux de découvrir ce style musical », raconte Lesly, un participant. « Le festival a beaucoup évolué, l’organisation est meilleure. Je n’ai que deux choses négatives à souligner : difficile de trouver une place dans le parking et le fait que la Fondation Haïti Jazz n’organise plus des activités sur la place OccideJeanty lors du festival. Tout le monde devrait avoir la possibilité de faire connaissance avec le jazz », reproche-t-il aux organisateurs. Emettant des commentaires sur le show de Mike del Ferro, il enchaîne : « C’est du jazz pur, dans certains morceaux on remarque un mélange mais le fond reste du jazz et je l’apprécie ainsi. » Le temps pour le pianiste Sebastian Schunke et son groupe de s’installer pour le 2e plateau. Changement de style, le représentant des Pays-Bas conduit le public vers le Latin Jazz, une combinaison des rythmes latino-américains et du jazz. Accompagné d’un guitariste, d’un batteur, d’un trompettiste et d’un violoncelliste, Sebastian ne néglige pas pour autant le jazz Européen. Il aura fallu quatre prestations à Sebastian pour être retenu parmi les meilleures performances de la soirée. Ce que peut témoigner Gasner Valcin, animateur d’une émission de jazz dans la capitale : « Sebastian sait comment mixer les différents styles musicaux pour offrir son spectacle. Avec un petit parfum latin, un mélange de jazz européen, il apporte un répertoire connu dans le milieu.» Les deux premiers artistes ayant achevé leur travail, maintenant place à la seule femme à l’affiche du programme, Carol Welsman. Carol est à sa deuxième performance. Après sa participation très applaudie au Parc Historique de la Canne à Sucre, la Canadienne fait à nouveau parler de son talent. Alliant l’humour au jazz, la pianiste a su comment charmer le public. Avec des morceaux exquis, une voix hors pair et son trio, la compositrice a dignement clôturé la soirée. « Carol était l’attraction de la soirée », commente Gasner. Le fan de jazz croit que la Fondation Haïti Jazz a su faire le bon choix en permettant à la chanteuse de présenter le 3e tableau du spectacle. Pour Valesca, elle qui assiste pour la première fois au PapJazz Haïti ne regrette pas sa participation : « Je me suis bien amusée. Bien que je me plaignais du retard, il valait le coup d’attendre. Ce fut une soirée riche. J’ai pu découvrir divers styles de jazz. » À rappeler qu’en raison des élections qui ont eu lieu en janvier, le Festival de Jazz de Port-au-Prince se tient du 4 au 11 mars 2017. Y prennent part les pays suivants : Allemagne, Belgique, Canada, Chili, Espagne, Etats-Unis, France, Haïti, Martinique, Mexique, Panama, Pays-Bas, Suisse, pays d’honneur. Cette année, les femmes sont mises à l’honneur et représentent la moitié des participants. Pour la programmation du festival, visitez le site : www.papjazzhaiti.org

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