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Carol Welsman, une belle voix au piano

Publié le 2017-03-08 | Le Nouvelliste

Culture -

Carol Welsman, la vocaliste canadienne qui a déjà onze disques à son actif, dont six nominés pour les prix Junot au Canada, a mis les pieds en Haïti pour la première fois, grâce au festival de jazz de Port-au-Prince. « Je suis ravie de réaliser deux prestations au festival de jazz de Port-au-Prince. J’avais déjà Haïti sur ma liste. C’est une opportunité qui m’est arrivée dans ce moment spécial. Cette année, définitivement, j’ai eu la chance », dit avec une flamme dans la voix la star après avoir essuyé les rafales de la pluie au Parc historique de la canne à sucre. Assise dans la loge des artistes, Carol Welsman, qui a charmé le public dans «La mer» de Charles Trenet, «La valse des lilas», un classique français de Michel Legrand, et « Round midnight » de Miles Davis, interprétée en créole, raconte son amour du jazz comme l’amour d’un pays. Cette chanteuse au piano dispose de deux groupes ( canadien et américain) pour vivre pleinement son aventure dans la saveur des langues des pays qu’elle traverse. « C’est plus pratique d’avoir deux groupes de musique. Dans les Caraïbes, je suis accompagnée par le band canadien. Je chante en portugais, en espagnol, en français, en italien et en anglais et à présent je dois ajouter le créole », se félicite-t-elle. Toute l’enfance canadienne de Carol est traversée par la musique des étoiles du jazz en rotation régulière sur les tourne-disques de son père. « J’ai débuté par le classique. Mes parents sont très branchés musique. Quand j’avais 14, 15 ans, mon père qui jouait la clarinette, le saxophone et le piano écoutait avec moi les bigs bands tels que Duke Ellington, Count Basie, Bennie Goodman, Peggee Lee ». Outre ces dieux de l’olympe, le charme envoûtant de la musique brésilienne enveloppait l’atmosphère de la maison familiale. La samba, la bossa-nova. C’est aussi les belles années où l’on découvre la douceur de « La fille d’Ipanema », une musique éternelle d’Antonio Carlos Jobim. « J’ai compris que le jazz était une musique très sophistiquée », avoue-t-elle. Une telle musique, il fallait que la petite-fille du fondateur de l’orchestre symphonique de Toronto l’appréhende aussi intellectuellement. Il fallait avoir une connaissance pratique, vécue et intellectuelle du jazz. C’est ainsi qu’elle ira à Boston au Berklee College of Music durant les années 80. « Dans cette école, j’ai rencontré le fils de Michel Legrand. Par la suite, je me suis rendue en France afin de poursuivre mes études avec Christianne, la sœur de Michel Legrand », dit-elle. C’est aussi le temps où elle étudie le chant en Europe. Mais ce qui a provoqué véritablement le déclic chez Carol, ce qui l'a poussée à faire carrière, elle le dit tout simplement : « Steeve Wonder et Al Jarreau. » À Berverly Hills, chez un ami, elle a chanté avec Steeve Wonder. Un tel moment creuse un filon d’inspiration en soi. Idem pour Al Jarreau, ce grand nom du jazz américain qui vient de s’éteindre, en février dernier. « J’ai rencontré Al Jarreau en coulisse à Toronto. Je lui ai dit qu’il était l’une des raisons qui m’a incitée à me lancer dans le jazz. Al Jarreau et Stevee Wonder sont des artistes inspirants. C’est d’ailleurs eux qui m’ont poussée à faire de la musique. Je les ai rencontrés dans des moments différents de ma vie. » Tout comme dans différents moments de la vie de Carol, son univers de jazz est rythmé par Herbie Hancok, Keith Jarret, Quincy Jones, Tana Maria, des artistes qui font du sens dans son univers de pianiste et de chanteuse de jazz.

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