Huile de cuisine usagée

Coup de filet du MCI dans le Nord-Ouest

Pour protéger les consommateurs contre l’huile de cuisine usagée communément appelée « huile poule » interdite d’usage dans le pays, le ministère du Commerce et de l’Industrie a procédé à la saisie d’une importante quantité de ce produit dans plusieurs communes du département du Nord-Ouest.

Publié le 2017-03-02 | Le Nouvelliste

Economie -

Une mission de fouille et de saisie de l’huile de cuisine usagée a été opérée, du 13 au 18 février 2017, dans le département du Nord-Ouest, considéré comme le bastion de la commercialisation et de l’utilisation de ce produit communément appelé « huile poule », interdit d’utilisation dans le pays. Une quantité considérable a été saisie dans plusieurs marchés communaux dans les villes du Nord-Ouest. En effet, selon un rapport de la Direction du contrôle de la qualité et de la protection du consommateur du ministère du Commerce et de l’Industrie, plusieurs milliers de litres d’huile poule ont été saisis dans la commune d’Anse-à-Foleur, presque la même quantité à Saint-Louis du Nord. Une quantité moins considérable a été saisie à la nouvelle commune de La Pointe des Palmistes. Le rapport du MCI indique que l’équipe de la mission constituée de deux membres du MCI, un du ministère de l’Agriculture et de deux de l’Administration générale des douanes, n’a pas pu procéder à une opération de saisie au chef lieu du département, suite à une fuite d’information. « Les marchands ont retiré leur produit en vente sur le marché et ont fermé leurs dépôts », ont écrit les enquêteurs. Cette mission fait suite à une enquête diligentée dans les départements du Nord-Ouest, de l’Artibonite, du Nord et des Nippes au niveau des ports et auprès des distributeurs et des commerçants, afin de donner suite à la lettre de la Primature datée du 28 juillet 2016, relative à l'importation et à la vente d'huile de cuisine usagée dans le Nord-Ouest, notamment à Port-de-Paix et dans les zones avoisinantes. Cette enquête avait effectivement révélé la présence de «l'huile de poule» (usagée) dans les villes du département du Nord (Cap, Limbé....) et du Nord-Ouest, (Port-de-Paix, Saint-Louis du Nord, Anse-à-Foleur). Les enquêteurs avaient également constaté l'absence de ce produit dans les départements des Nippes (Miragoâane, Fonds-des-Nègres, Petite-Rivière de Nippes, Paillant..) et de l'Artibonite (Saint-Marc, Gonaïves, Gros-Morne...). L’enquête a également révélé qu’il n’y a pas beaucoup de marchands qui pratiquent ce commerce dans les départements du Nord et du Nord-Ouest et que la vente de ce produit est localisée dans des points bien fixes des marchés. À titre d’exemple, le rapport de l’enquête révèle qu’au Cap-Haïtien, c’est au marché Pont 9 que le produit est commercialisé, à Port-de-Paix, au marché proche de la douane, à la rue Sténio Vincent. Les enquêteurs ont également révélé que les importateurs contournent le système douanier pour faire entrer ce produit en contrebande à partir des petites embarcations qui débarquent dans des coins non contrôlés par la douane et les autorités. Le rapport dit constater l’existence des dispositions de destruction du produit par le service de quarantaine. Dans le Nord-Ouest, l’huile de cuisine usagée provient principalement de Nassau (Bahamas) et de la Floride; et dans le Nord, elle provient de Provo et des Iles Turks and Caicos . Le rapport a rappelé qu’une huile usagée est constituée d’un ensemble de produits dans lesquels on peut trouver, entre autres, des aldéhydes (acroléine), des acides gras conjugués qui sont des produits très toxiques et même cancérigènes.

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