11e éditon

Pour les beaux jours de la musique, le festival international de jazz de Port-au-Prince

Pleins feux sur les femmes ! La 11e édition du festival de jazz de Port-au-Prince met à l’honneur cette année trente étoiles du monde du jazz. 14 venus d’Allemagne, Belgique, Canada, Chili, Cuba, Espagne, États-Unis, France, Martinique, Mexique, Panama, Pays-Bas et Suisse. 16 artistes haïtiens porteront l’étendard du jazz version locale du 4 au 11 mars.

Publié le 2017-02-23 | Le Nouvelliste

Culture -

Claude Bernard Sérant Les beaux jours du jazz sont de retour. Après les grandes réjouissances populaires aux Cayes, à Port-au-Prince et dans d’autres villes du pays, le climat de Port-au-Prince prendra les couleurs du jazz. « Les femmes sont particulièrement à l’honneur lors de cette édition, car le festival est programmé autour du 8 mars et plus de la moitié de la programmation leur est consacrée grâce à la participation de plusieurs ambassades, dont la Suisse, qui est cette année le pays à l’honneur du festival », a déclaré, le jeudi 23 février, au Karibe, la directrice générale de la Fondation Haïti Jazz, Miléna Sandler. Elle a précisé que le budget alloué à cette activité a atteint les 211 000 dollars. Des artistes à l’honneur Le directeur artistique de Fondation Haïti Jazz, le multiinstrumentiste Joël Widmaër, a annoncé au lancement de ce grand événement l’arrivée prochaine des artistes à l’honneur sur les différentes scènes de la capitale. Pour les jazzophiles, les noms qu’il a cités prennent une résonnance particulière. L’une des plus grandes voix de la scène du jazz au Canada, Carol Welsman, qui a cartonné avec des albums tels « I like men» et « Reflections of miss Peggy Lee », La torride Halie Lauren, une voix exceptionnelle américaine qui enlumine les versions standard du jazz, la sensibilité antillaise est illustrée par le duo Tonny Chasseur et Ronald Tulle supporté par le bassiste Michel Alibo. Leurs mélodies s’inspirent de groupes mythiques comme Malavoi, Perfecta ou Sakiyo, la chanteuse Suisse d’origine cubaine Yilian Canizares, une artiste aux racines multiples, allie sur sa palette vocale les nocturnes de Chopin et les sonorités africaines proches du vodou : la santeria cubaine. Le pianiste cubain Gonzalo Rubalcaba accompagné par José Armando Gola à la basse et Horacio Hernandez à la batterie formera un trio de volcan, « Volcan trio » pour embraser, le 5 mars prochain, le PAPJazz. Joël Widmaier a fait encore saliver en évoquant d’autres grosses pointures de la planète jazz : Didier Lockwood, Danilo Perez, Anne Paceo, Melissa Aldana, Paco Renteria, Verinica Ferreiro, Jean-Paul Estievenart, Sebastian Shunke, Mike del Ferro, Sarah Elisabeth Charles, Malou Beauvoir, Vanessa et Alex Jacquemin. Et, naturellement, les frères Widmaier (Joël & Mushy) qui ont fait les beaux jours de Zèklè, sur les néons du PAPJazz. Les voix des ambassadeurs À ce lancement, l’ambassadrice du Canada, Paula Caldwell St-Onge, a fait savoir que « le Canada célébrera le 150e anniversaire de sa confédération et sa participation à cette 11e édition du Papjazz ». Elle a mis en valeur le talent de Carol Welsman qui représentera son pays. L’ambassadrice de France, Elisabeth Beton Delègue, a accentué la dimension touristique de ce festival qui « conjugue talent, professionnalisme et passion ». Selon elle, ce grand rendez-vous s’inscrit dans la durée contrairement à la perception que l’on se fait d’Haïti. Comme son homologue, elle a mis en relief les talents des artistes français au programme. Parmi lesquels la batteuse Anne Pacéo, une musicienne qui annonce les couleurs dans ce feu d’artifice de jazz de Port-au-Prince. L’ambassadeur de Suisse, Jean-Luc Virchaux, dont le pays est à l’honneur, a donné le ton : « Pap Jazz est un aspirateur vers le haut, une référence dans le monde de la culture. La culture est l’un des rares secteurs d’ascension sociale, à l’heure actuelle ». Aussi a-t-il souhaité que cette initiative de qualité soit fortement soutenue. « Les femmes sont à l’honneur. La Suisse présente une femme dans un monde qui semble se rétrécir. La Suisse a joué la carte de la mondialisation », a-t-il renchéri en présentant la chanteuse suisse d’origine cubaine Yilian Canizares. Elle sera sur la scène en compagnie d’un pianiste cubain, d’un contrebassiste vénézuélien et d’un batteur suisse. Le ministre de la Culture et de la Communication, Marc-Aurèle Garcia, s’est fait représenter par son chef de cabinet, Edwin Paraison. Celui-ci a présenté ainsi les propos du ministre en ces termes : « Le jazz se mariera encore aux battements sourds de nos tambours et, s’échappant de sa grand-route, frappera aux portes du konpa et du rap dans un tourbillonnant métissage musical où tout deviendra possible intense et beau. »

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