Et ça jazze à Port-au-Prince du 4 au 11 mars

UNE Du 4 au 11 mars, la capitale bougera au rythme de la onzième édition du festival international de jazz de Port-au-Prince où les artistes féminins et la Suisse sont à l’honneur. Des excursions sur des sites patrimoniaux, une « scène découverte" sont parmi les nouveautés ajoutées aux concerts, after hours et ateliers tenus d’habitude.

Publié le 2017-02-23 | Le Nouvelliste

Ticket Mag -

Une tête de femme agrémentée d’un lys flamboyant, un entrecroisement de plusieurs instruments de musique…la mascotte composite de la onzième édition du festival international de jazz de Port-au-Prince semble évoquer les promesses et l’esprit dans lequel l’activité sera organisée cette année. Loin de nous la tentation de nous improviser iconographe ou spécialiste qui profile les gens à partir de leur écriture ou ce qu'ils dessinent. Mais on est en droit d’avouer que quiconque ayant le dessin portant les griffes de Grégory Vorbe sous les yeux pourrait établir des corrélations entre ses composantes et les prises de parole des diverses personnalités qui ont animé la conférence de presse, en prélude au festival, donnée ce 23 février sur la cour de l'hôtel Karibe. La tête de femme évoquerait la place de choix réservée aux artistes féminins cette année. Elles représenteraient plus de 50 % du listing, selon Miléna Sandler, qui explique que ce choix est dû au report du festival à début mars (du 4 au 8 ) pour des raisons de stabilité dans le pays. « Par conséquent, dit-elle, l’on ne saurait écarter une association avec la célébration du 8 mars, Journée internationale de la femme.» L’entrecroisement des instruments de musique: tambour, piano, saxophone, contrebasse renverrait à cette diversité, ce métissage dont fait éloge ce jeudi Jean-Luc Virchaux, l’ambassadeur de Suisse, pays invité d’honneur de cette édition. « La culture, dit-il, est un tremplin pour progresser, pour s’améliorer.» Le « vèvè » de Legba (divinité vaudoue présentée par la doxa comme étant le gardien des carrefours) peint sur le tambour est un autre symbole qui pourrait signifier cette volonté des organisateurs de joindre tant de propositions. Que ça soit concernant les artistes d’horizons divers ou les possibilités de profiter du festival. Au cours de la conférence de presse, la plupart des ambassadeurs ou employés de services diplomatiques ont tenu des propos élogieux à l'endroit des artistes qui vont représenter leurs pays respectifs. S’il fallait en citer juste 5, on évoquerait Yilian Canizares de la Suisse. La violoniste et chanteuse est présentée par l’ambassadeur Jean-Luc Virchaux comme une artiste qui fait état dans ses compositions de son ascendance cubaine sans toutefois nier l’essence de la musique classique dont celle de Chopin. L’ambassadeur de France, Elisabeth Beton Delègue, a vanté les mérites d’Anne Paceo. Victoire de la Musique à 24 ans, quatre disques à son actif …ce sont les principaux « highlights » du C.V. de la batteuse, selon la diplomate, qui souligne que sa compatriote est dans le métier depuis ses 19 ans. « Un concert tout en finesse et en prouesses », c’est la promesse que nous fait Victor Conejeros, chargé d’affaires a.i de l’ambassade du Chili, pour achever sa présentation de la saxophoniste Mélissa Aldana qui a reçu en 2007 la « Berklee Presidential Scholarship ». La pays de Donald Trump sera représenté par Halie Loren. Le conseiller aux affaires publqiues de l’ambassade des USA Indran Amirthanayagam souligne que c’est une chanteuse qui revisite avec fraîcheur et passion des standards dont le « Quizs, Quizas ». L’honneur du Panama sera défendu dans le cadre de cette onzième édition du festival international de jazz de Port-au-Prince par Danilo Pérez. C’est une sommité qui a joué avec d’autres légendes dont Dizzy Gillespie ou Wayne Shorter. Il a été ambassadeur de bonne volonté à l’Unicef. Il est actuellement artiste de l’Unesco pour la paix, ambassadeur de la République du Panama, fondateur et directeur artistique du Panama Jazz Festival, selon Xiomara Pérez, l’ambassadrice de son pays chez nous. C’est Joël Widmaier qui a fait la présentation des artistes haïtiens. Comme charité bien ordonnée commence par soi-même, il a annoncé sa participation en tant qu’artiste au festival cette année, contrairement à celles d’avant où il se contentait d’en être le directeur artistique. Mushy et lui seront de la partie en plus de Vanessa Jacquemin, de Mikaben, d’AZ, d’Alexa, du groupe Follow Jah, et de Gardy Girault, du groupe SMS et de Smith Emmanuel. Parmi les nouveautés de cette onzième édition , il y a la tenue ce 10 mars, à la Fokal, d’une « scène découverte » où le public pourra faire la connaissance des newbies dont Nina, Coralie Hérard, HD Synmphonie et Amazan Audoine. Tel que l’agenda du festival est conçu, personne ne pourra lui reprocher une quelconque uniformité. Des concerts, des after hours, des ateliers dans des espaces dont le Parc historique, la Fokal, l’Université Quisqueya, la place Boyer, le Karibe, l’IFH, Asu Lounge, Press Café, l'hôtel Montana,l'hôtel Marriott, Yanvalou, Quartier Latin…Miléna Sandler suggère de télécharger l’application PAPJAZZ pour s’informer en temps réel de la tenue des activités. Pour revenir à la mascotte, juste au-dessus des instruments, on remarque des silhouettes de palmiers et celle du Marron inconnu. C’est un détail de l’image qui évoque probablement l’introduction cette année dans le package d’excursions sur les sites patrimoniaux et touristiques dans l’aire du grand Port-au-Prince. C’est grâce au compte Facebook du festival qu’on pourra s’informer sur les sorties et réserver sa participation. La conférence a pris fin jeudi avec le souhait d’un « bon festival » formulé par l’équipe qui l'organise. « Pas besoin d’avoir peur de la pluie », précise Miléna puisque, selon elle, tous les espaces sont couverts.

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