ONU - CHOLERA

Les victimes du choléra se préparent à recevoir l’indemnisation promise par les Nations unies

Après les excuses publiques de l’ancien secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, la réparation pour les victimes semble être l’ultime étape à franchir. 800 000 est le nombre fatidique de personnes infectées de choléra entre octobre 2010 et 2016, à côté des 10 000 morts. De « nouvelles séries d’actions significatives en réponse à cette crise » sont envisagées par l’ONU après avoir reconnu pour la première fois depuis le début de l’épidémie de choléra avoir occasionné cette contamination.

Publié le 2017-02-22 | Le Nouvelliste

National -

Le Bureau des avocats internationaux (BAI) continue sa lutte pour la réparation des victimes du choléra dans le pays. Porte-étendard de cette revendication ces dernières années, l’organisme de défense des droits humains s’active auprès des victimes, leur fournissant formation et sens d’organisation pour qu’elles soient les principales bénéficiaires des 200 millions de dollars d’indemnisation que promet l’ONU pour les familles et les communautés les plus affectées par l'épidémie. Puis, deux cents autres millions pour améliorer le système de distribution de l'eau et le système sanitaire dans le pays. Ce qui fait un total de 400 millions de dollars américains sur deux ans. Le directeur du BAI, Mario Joseph, a débuté son marathon dans la commune de Mirebalais (Plateau central) où l’épidémie de choléra s’est déclarée en octobre 2010. Le militant des droits humains a rencontré pas moins de 200 personnes qui se disent victimes ou proches de victimes du choléra. Après leur avoir montré la vidéo de Ban Ki-moon demandant pardon au peuple haïtien et se dire désolé de n’avoir tout simplement pas fait assez concernant l'épidémie de choléra et sa propagation dans le pays, Me Mario Joseph a expliqué aux gens les deux modes de réparation possible : « projet communautaire ou réparation individuelle ». Réparation individuelle réclamée à l’unanimité Le militant des droits humains, toujours très acide contre l’ONU, leur a aussi présenté les avantages et inconvénients de chaque modèle pour qu’ils puissent choisir en connaissance de cause. Après qu’ils ont fini de discuter en focus groupe, à l’unanimité, les habitants de Mirebalais ont choisi la réparation individuelle. Parce que, disent-ils, les familles des victimes n’ont rien bénéficié malgré les souffrances endurées. Chaque porte-parole de groupe, en relatant les désirs des gens de toucher une somme d’argent en compensation des dommages subis, a été applaudi par toute l’assistance. Me Mario Joseph, pour calmer le jeu, a rappelé aux gens qu’ils doivent être en mesure de prouver avec leur certificat médical qu’ils ont été contaminés ou des membres de leurs familles sont décédés à cause de l’épidémie. Par ailleurs, il dit croire qu’il est de son devoir d’accompagner jusqu’au bout les victimes afin de trouver justice et réparation. « Padon pa geri malad », a-t-il scandé, sans arrêt, pour motiver la foule sur la nécessité de mieux s’organiser afin de pas laisser filer entre leurs doigts cette indemnisation de 200 millions de dollars américains. Par trois fois, en créole, en français et en anglais, devant l’Assemblée générale, Ban Ki-moon a présenté ses excuses aux Haïtiens à quelques semaines de quitter son poste de secrétaire général de l'ONU. « Au nom des Nations unies, je vais vous le dire très clairement : nous présentons nos excuses auprès du peuple haïtien. » Un mea culpa pour le rôle de l'organisation dans l’épidémie de choléra qui ravage le pays. Quand, en décembre dernier, l’ancien secrétaire général Ban Ki-moon, encore en poste, a dit sur la tribune de l'Assemblée générale de l’ONU en créole, français et anglais que « les Nations unies regrettent profondément les pertes en vies humaines et les souffrances causées par l'épidémie de choléra », c’était une victoire pour tous ceux experts, organismes de droits humains et victimes, qui voulaient une réparation des dommages causés par l'épidémie de choléra qui a fait près de 10 000 morts et contaminé 800 000 personnes depuis 2010.

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