20 prisonniers s’ajoutent à la liste des prisonniers décédés au pénitencier national

Les obsèques de 20 prisonniers décédés au pénitencier national ont été chantées, mardi, en l’église St-Anne de Port-au-Prince. Cette cérémonie s’est déroulée en présence des représentants des ambassades américaine, française, du secrétaire général du Réseau national de défense des droits humains, Pierre Espérance, de la présidente de la commission justice à la Chambre basse, Claudy Robas.

Publié le 2017-02-21 | Le Nouvelliste

National -

Guito Cassamajor, Nickenson Grégoire, David Francois, Odly Brutus, Michaël Anténor, Rabrum Jean-Claude, Etzer Bélizaire, Duce Sant-Preux, Gesner Osenat, Jean-Mary Givenson, Solius Pierilus, Rodolphe Jean-louis, Eddy Laurore, Dieco Puissant Sylvain, Lordy Fort-Vil, Jocelyn Richard, Labonté Marcel, Toussaint Pétrus, Anezil Frantz, Jude Marcélus sont les vingt prisonniers qui viennent agrandir la liste des prisonniers décédés au centre pénitencier national dans des conditions déplorables. Le décès de ces détenus est lié à l’aggravation des conditions de détention inhumaines et dégradantes : la surpopulation carcérale, l’absence d’hygiène, le manque récurrent de nourriture entre autres. « La situation est catastrophique. Avoir des prisonniers décédés en aussi grand nombre, c’est un cas pathologique. Dans les heures qui viennent le parquet de Port-au-Prince, de concert avec le doyen du tribunal civil de Port-au-Prince, va prendre des dispositions pour libérer certains prisonniers enfermés pour des délits mineurs afin de dégorger la prison », a déclaré Me Jean Danton Léger, déplorant que les prisonniers soient morts parce qu’ils sont maltraités, mal nourris, mal logés. « La semaine dernière, j'étais obligé de procéder à la libération d’une femme à la prison civile de femmes de Cabaret bien qu'elle n’ait pas encore purgé sa peine. Celle-ci a le sida. Il y a certains d’entre eux qui deviennent aveugles », a-t-il regretté. Pour résoudre ce problème, le chef de la poursuite lance un appel aux membres de la communauté internationale et aux autorités locales. « Si l’Etat ne réunit pas en faisceau toutes ses lumières pour combattre ce phénomène, un bon matin on pourra constater les décès de tous les prisonniers », a-t-il fait savoir. Pour sa part, le président de la commission Justice, Droits humains et Sécurité publique à la Chambre basse, le député Claudy Robas, a dénoncé cette situation. Le député de la circonscription Cayes/ Ile-à-Vache a annoncé l’ouverture d’une enquête en vue de déterminer les causes du décès des prisonniers. « Dans les jours à venir on va empêcher les funérailles des prisonniers sans autopsie », a-t-il déclaré. En s’interrogeant sur les causes de ces décès, M. Robas croit que l’Etat devrait dédommager les parents des prisonniers décédés dans les centres carcéraux. Depuis que le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince a pris l’initiative d’organiser les funérailles des détenus décédés à la prison civile de Port-au-Prince, c’est la première fois que des membres de la communauté internationale, de la société civile, des parlementaires ont pris part à ces funérailles pour présenter leurs sympathies aux parents et proches de ces prisonniers.

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