Fermeture de 41 bordels, le parquet de Port-au-Prince en embuscade

Publié le 2017-02-16 | Le Nouvelliste

National -

Le parquet de Port-au-Prince poursuit sa caravane contre la délinquance juvénile. Depuis qu’il a lancé l’ultimatum de 48 heures contre les bordels et hôtels n'ayant pas d’écriteau, pas moins de 41 bordels et hôtels de la capitale ont été fermés. C’est ce qu’a indiqué mercredi le commissaire démissionnaire Danton Léger, qui dit mener une bataille de longue haleine contre tous les hommes d’affaires de ce milieu qui fonctionnent en catimini. Danton Léger menace de poursuivre les propriétaires de bordels ou hôtels qui ne réunissent pas les conditions, à savoir : une patente et un écriteau. Le chef du parquet explique qu’il a également en ligne de mire ces bordels qui ont une clientèle constituée de mineurs ou d'écoliers en uniforme. Me Léger affirme qu’il prendra des mesures drastiques contre les clients qui fréquentent ces bordels. Pour faciliter le bon déroulement de l’opération, le commissaire démissionnaire de Port-au-Prince compte impliquer tous les acteurs. « Pour le moment, informe-t-il, le parquet contacte les maires de Carrefour, de Pétion-Ville pour continuer la caravane de fermeture des bordels qui ne réunissent pas les conditions et les critères de fonctionnement ». Me Danton Léger envisage par ailleurs d’impliquer les directeurs d’école dans cette démarche visant à diminuer la délinquance juvénile. « Le parquet de Port-au-Prince travaille toutes les heures. Même les hôtels de renom vont faire l'objet d’investigation », promet Me Danton Léger, comme pour éviter toute connotation politique dans cette opération. « À partir du moment où le parquet de Port-au-Prince réalisera qu’il y a des bordels ou hôtels qui ne respectent pas les conditions optimales, nous apposerons le scellé dessus », dit-il d’un ton ferme. Le chef de la poursuite continue pour dire que tout apposition de scellé est provisoire. Laissant du coup une porte ouverte aux propriétaires. « Du moment où toutes les conditions sont respectées, pas de problème, le parquet peut revenir sur sa décision», avance-t-il, tout en brandissant la menace d’emprisonnement contre ceux (propriétaires) qui font fi de ces mesures strictes de fonctionnement. Les parents et l’État doivent s’assumer Selon le commissaire du gouvernement, le concours des parents est crucial dans une société qui frise la délinquance avancée. Pour les pousser à s’assumer, Me Danton Léger estime qu’il faut commencer à les traquer. « Neuf parents ont déjà été mis sous les verrous. Deux d’entre eux ont été libérés. On approfondit une enquête sur les autres, car ils doivent jouer leur rôle de tuteurs», a révélé le commissaire. Par ailleurs, il félicite le courage de neuf mineurs âgés entre 13 et 14 ans, venus au parquet dénoncer les abus sexuels dont ils ont été victimes. Me Léger affirme que la police est aux trousses de ces hommes et promet de les arrêter. Le commissaire profite de l’occasion pour mettre en garde les hommes afin qu’ils ne cèdent aux charmes d’un (e) mineur (e). Interrogé sur les prostituées, le commissaire pense que l’État doit assumer ses responsabilités. « Il ne faut pas penser uniquement à chasser les prostituées à bord du trottoir mais l’Etat doit trouver un moyen pour voler à leur secours, car cela peut attirer les mineurs (e) », concède-t-il, avant de souligner qu’il a déjà cinq à sa charge malgré les neuf mois d’arriérés de salaire à la tête du parquet. Le commissaire du gouvernement souhaite qu’après son départ du parquet de Port-au-Prince, il y ait un suivi de ses différentes démarches. Des parlementaires attirent l’attention des édiles sur la question Dans une note, l’Alliance parlementaire pour le renforcement des institutions (APRIS) se dit concernée par la situation de grandes dérives qui s’installe dans les communes, engendrant la débauche et la corruption de jeunesse. Toujours d’après la note, des programmes, sous le couvert de recréation, émaillés de violences sexuelles sont organisés à des fins d’incitation à la débauche, lesquels échappent au contrôle des forces de l’ordre. L’APRIS sollicite une action concernée des dirigeants en vue de contrôler avec science et stratégies les différents événements culturels et récréatifs de réjouissances populaires prévus pendant et après la période carnavalesque. « Il faut enjoindre, sous peine de sanctions, les propriétaires d’hôtels et de motels à identifier par enseigne et écriteau la façade de leurs maisons voluptueuses», poursuit la note qui va dans le même sens que les démarches du commissaire du gouvernement démissionnaire de Port-au-Prince.

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