Cinéma - Nomination

Un film tourné à Jacmel en compétition à la 67e Berlinale des courts-métrages

Un Haïtien et un Mauricien ont réussi l'exploit de voir leur production cinématographique sélectionnée à la 67e Berlinale des courts-métrages. The Crying Conch, c’est ainsi que s'intitule le film de près de 20 minutes dont Guillaume, un Canadien et Charles Jonas, un Haïtien, sont les producteurs, et le Mauricien Vincent Toi, le réalisateur.

Publié le 2017-02-16 | Le Nouvelliste

National -

« Le film aura sa première mondiale ce mercredi 15 février à la "Berlinale Shorts". Le film est en compétition officielle. Il a été choisi parmi près de 10 000 films soumis », a fait savoir Guillaume Collin, le producteur du court-métrage The Crying Conch, à Le Nouvelliste. « Le film a été tourné à Jacmel avec des enseignants, étudiants et gradués du Ciné Institute (maintenant Artists Institute). L'équipe était mixte. La postproduction a eu lieu au Canada, à Montréal où le film a eu l'aide du Conseil des arts et lettres du Québec et du Conseil des arts du Canada. Le film est distribué par la distributrice de films », a-t-il poursuivi. Un article paru dans l’Express Mauricien rapporte que The Crying Cronch, littéralement La conque qui pleure, sera en compétition avec 22 autres courts-métrages de 19 pays à la 67e Berlinale des courts-métrages qui se tiendra du 9 au 19 février dans la capitale allemande. Le Mauricien Vincent Toi explique au journal de son pays que ce court-métrage a été entièrement tourné en Haïti où, pendant son année sabbatique, il a enseigné aux étudiants du Ciné lnstitute, école de cinéma de ce pays. Il y a deux fils conducteurs dans cette réalisation où le passé côtoie le présent et la réalité la fiction. D’un côté, on y suit les traces de François Mackandal, esclave marron rendu célèbre pour ses rébellions répétées contre l'autorité coloniale française et considéré comme le symbole de la lutte antiesclavagiste. De l'autre, on fait connaissance avec une Haïti d'aujourd’hui qui fait l’expérience de la violence humaine, de la tromperie et de l’égoïsme. « Les deux histoires englobent la beauté inimaginable du paysage haïtien et de son peuple, écrit-il. S'il aime mêler passé et présent, c'est parce que je m’intéresse à la structure du pouvoir dans les sociétés. » On ne peut la comprendre qu'en explorant le passé et le présent. Depuis qu'il a obtenu son diplôme, Vincent Toi collabore avec la boîte de production Arpent Films, fondée par le producteur canadien Guillaume Collin, qui a étudié à la même université que lui, l'université de Concordia. La sélection de The Crying Conch à la 67e Berlinale des courts-métrages est, selon Vincent Toi, une façon de donner une plus grande visibilité au Ciné Institute, qui se trouve à Jacmel, à trois heures de la capitale haïtienne. « Lorsque j’ai pris une année sabbatique pour y enseigner, je n’avais aucune intention de faire un documentaire. Et puis, la beauté rugueuse du pays et des gens m’a séduit. J’ai recruté des locaux – des collègues et des acteurs amateurs », avance le Mauricien Vincent Toi. « Le film a été tourné dans l’une des dernières forêts de pins d’Haïti, la forêt de Seguin. C’est un endroit magique situé à 8 000 pieds d’altitude, difficilement accessible et entouré de fantômes et d’esprits. Cette expérience d’un autre monde est capturée dans la scène d’ouverture du film », explique le Vincent Toi dans l’Express. Ce dernier hésite à se projeter. « Nous verrons jusqu’où The Crying Conch voyagera. Je suppose que c’est comme un enfant dont on ne peut contrôler les mouvements. » Pourtant, un autre projet l’attend. « L’histoire a trait au déséquilibre du pouvoir dans une société insulaire. Mon producteur, Guillaume Collin, et moi développerons ce projet bientôt. » La distribution est ainsi répartie : Réalisateur: Vincent Toi Avec : Ebby Angel Louis, Zidor Montal, Lovenna Dieudonné Directeur photo: Marcel Cabrera Producteurs: Guillaume Collin (Arpent Films), Vincent Toi (Licorne Production) et Charles Jonas Patrick SAINT-PRE Avec l’Express Mauricien

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