Wilson Jeudy dévoile le secret de son succès…

Wilson Jeudy invite l’ensemble des maires d’Haïti à agir en leaders. C’est ce qui fait sa force, à en croire ses propos. « Si la commune de Delmas est si prospère, c’est grâce à un leadership éclairé. Un vrai responsable doit chercher à transformer positivement son environnement », a déclaré le maire titulaire de Delmas lors d'une interview avec Le Nouvelliste jeudi dernier.

Publié le 2017-02-13 | Le Nouvelliste

National -

Delmas est une municipalité pas comme les autres. Elle est la plus riche de l’aire métropolitaine, si l'on se réfère à ses recettes annuelles de plus de 600 millions de gourdes. Heureux et fier, M. Wilson Jeudy préside le cartel de la commune dans un très beau palais. Pour lui qui a été élu maire à deux reprises, c’est un grand honneur d’être une nouvelle fois le premier citoyen de cette ville en développement. « Notre réussite se trouve ancrée dans notre vision et celle de la Bible. Un leadership à la lumière de la parole de Dieu. Comme Gonaïvien, je suis chanceux de diriger une telle commune », a-t-il souligné. Comme pour défendre son caractère ferme, le maire titulaire de Delmas a fait référence à un homme biblique, Moïse, qui, selon lui, était trop tolérant envers le peuple d’Israël. Quant à lui, c’est tout le contraire, a-t-il fait comprendre. « Quand le peuple veut marcher comme bon lui semble, il faut le stopper immédiatement et lui montrer le vrai chemin, c’est le rôle du leader », a précisé l’homme d’État, qui jure de travailler mieux pour faire progresser son territoire. Après un temps de silence, M. Wilson Jeudy a fait savoir : « Toutes les communes du pays ont des potentialités pour devenir prospères. Il revient alors aux maires d’exercer leur leadership dans le bon sens. » L’un des conseils prodigués par Wilson Jeudy aux maires du pays, en particulier à ceux de l’aire métropolitaine, est de pratiquer l’impartialité. « On ne peut pas demander à certains de payer l’impôt quand pour d'autres on ferme les yeux. Non ! Non ! Votre commune ne pourra pas fructifier comme vous le désirez », a-t-il prévenu avant de signaler que plusieurs anciens ministres du pays s’en prennent déjà à lui, qui ne veulent pas payer l’impôt locatif. M. Wilson Jeudy a expliqué que ces autorités qui reçoivent de gros salaires doivent payer comme tous les autres citoyens. Pour la commune de Port-au-Prince, Wilson Jeudy a particulièrement le cœur bouleversé. Selon l’édile, l’Etat central doit décréter état d’urgence pour la capitale. « Port-au-Prince est trop sale. Trop de questions sans réponses », a-t-il dit avant de prendre en exemple la première jusqu’à la cinquième avenue Bolosse complétement submergées depuis de nombreuses années. Selon lui, il existe bien une solution. Pour résoudre le problème d’insalubrité dans l’aire métropolitaine, Wilson Jeudy invite les différentes mairies à travailler pour l’éclatement du Service métropolitain de collecte des résidus solides (SMCRS). Cette institution, selon le maire de Delmas, n’est plus en mesure d’assainir toutes les communes formant l’aire métropolitaine. Il plaide, en ce sens, pour une réaffectation des employés du SMCRS dans les mairies d’alentour. « Le SMCRS n’a plus de bras ni d’équipements pour fournir un bon service. Que chaque commune se prenne en charge », a-t-il souhaité, ajoutant qu’en n’étant plus dépendantes, ces communes auront un autre visage. Dans la foulée, l’ancien candidat à la présidence a exhorté les municipalités en ces termes : « Ne pensez pas que le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales va vous aider. Loin de là ! Ce n’est pas sa mission. Efforcez-vous de changer positivement votre territoire. »

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