Des planteurs dans l’attente d’une bonne récolte, quatre mois après Matthew

Pour permettre aux petits planteurs dans le Sud et la Grand’ Anse d’avoir de quoi se nourrir après le passage de Matthew, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture a octroyé, en novembre dernier, une aide semencière pour sauver la campagne d’hiver. Trois mois après, début février, les planteurs visités regardent leurs champs de haricot bien garnis avec espoir. Ils sont tous dans l’attente d’une bonne récolte.

Publié le 2017-02-16 | Le Nouvelliste

Economie -

Connaissant bien son métier de cultivateur, Bernard nourrit de grands espoirs pour sa parcelle de terre où il a planté en décembre dernier 11 marmites de haricot. Il est visiblement satisfait de sa plantation très verte lancée deux mois après le passage de l’ouragan Matthew qui lui a tout enlevé. « La FAO m’a donné quatre marmites de semences, j’en ai acheté sept. Je n’ai pas de doute que j’aurai une bonne récolte dans deux semaines », fait savoir ce jeune cultivateur vivant à Camp-Perrin. Dans la commune de Les Anglais, sur la côte Sud, les planteurs expriment la même satisfaction. En dépit du fait que les travaux de curage et de réhabilitation des canaux d’irrigation réalisés par le ministère de l’Agriculture, début décembre, ont tardé, ils ont pris le risque de mettre en terre les quatre marmites de semences distribuées à chacun par la FAO. Ils espèrent au moins 10 marmites de haricots pour chaque marmite plantée. Ce ratio (1/10) n’est pas l’idéal, mais Charles Wilbert s’estime déjà heureux de l’avoir. Car, « après la catastrophe, il n'y avait aucun espoir dans cette localité », dit-il. Tout près de lui, Alain Lajoie, ne tarit pas d’éloges envers cette variété de pois noir qui pousse très bien malgré un premier arrosage tardif. « D’ici la fin de février, nous pourrons commencer à écouler cette denrée sur le marché. Si le prix reste à 450 gourdes la marmite, je pourrai gagner un peu d’argent pour réparer ma maison et acheter du bétail », a-t-il confié. Dans la Grand’Anse, aucun jardin visité n’est à ce point préparé. Le fermier agricole Denis St-clair, ancien agent exécutif intérimaire, attribue ce retard au fait que la préparation de son champ a pris du temps. « Jusqu’à présent, l’État n’a pas fait grand-chose pour nous, même pour l’émondage des arbres et le labourage des champs. Nous avons enregistré de grandes pertes, toute notre plantation de banane a été emportée par l’ouragan », déplore-t-il. Aujourd’hui, il arrose les haricots, pois de souche, tomates, des semences maraîchères et boutures de banane qu’il vient de planter grâce à une pompe offerte par la FAO dans le cadre d’un partenariat que lui et les membres de la MOZAP, mouvement de planteurs, ont développé. « La FAO nous donne des semences de bonne qualité, des moyens de production et une assistance technique pour produire. Après la récolte, nous les remettons à la FAO pour les distribuer aux petits planteurs vulnérables qui font de l’agriculture de subsistance », explique Denis St-Clair. Ainsi, la FAO a sa propre chaîne de production de semences, environ 113 groupements de production artisanale de semences (GPAS) à travers tout le pays, regroupant 50 000 producteurs. Ces semences, octroyées par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans le cadre de son appui au plan de réponse urgente du ministère de l’Agriculture, sont des variétés précoces et résilientes aux changements climatiques. La disponibilité de semences sur le marché pendant cette campagne d’hiver en demi-teinte, selon la FAO, a pour objectif de contribuer à la réhabilitation des systèmes de production agricole et au relèvement des familles agricoles affectées. Ainsi que d’améliorer la sécurité alimentaire de ces familles.

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