Un budget rectificatif s’impose à l’administration Moïse

Avec un nouveau président de la République, une nouvelle administration, un budget rectificatif s’impose à la nouvelle administration qui prendra les rênes du pays en février prochain. Un point de vue émis par l’économiste Kesner Pharel.

Publié le 2017-01-11 | Le Nouvelliste

Economie -

Dès son établissement, l’administration du 58e président de la République, Jovenel Moïse, va devoir travailler sur un budget rectificatif qui reflète sa vision et répond aux promesses de sa campagne électorale. C’est le point de vue de l’économiste Kesner Pharel qui intervenait, ce mercredi à l’hôtel Montana, à la première session de la préparation du dialogue tripartite – exécutif, Parlement et société civile – réalisée dans le cadre des activités du programme de l’Union européenne pour l’appui budgétaire à la consolidation de l’État. Kesner Pharel souligne que les dégâts causés dans les départements de la Grand’Anse, du Sud et du Nord-Ouest ont changé certaines priorités de l’État. « Avec des pertes et dommages évalués à plus de 182 milliards de gourdes, certaines priorités dans le budget de cette année doivent être forcément changées », a déclaré le PDG du Groupe Croissance, rappelant que le budget de l’exercice fiscal de 2016-2017, évalué à un peu plus de 122 milliards, est à peine supérieur aux dégâts causés par l'ouragan. Dans une intervention du ministre de l’Économie et des Finances lors d’une émission « Les grands rendez-vous économiques » de Radio Télé Métropole, animée par Kesner Pharel, Yves Romain Bastien avait déclaré que l’administration Privert n’a pas déjà élaboré un budget rectificatif juste pour ne pas mettre la prochaine équipe en difficulté. « L’administration Moïse doit rapidement se pencher sur un nouveau budget et le présenter au Parlement, en prenant en compte les nouvelles réalités du pays », a-t-il insisté, faisant remarquer, à titre de comparaison, que la Jamaïque qui a moins de 3 millions d’habitants dispose d’un budget 5 milliards de dollars américains, soit 2 fois et demie de celui du pays. Sans mentionner celui de la République dominicaine qui est évalué à plus de 10 milliards de dollars américains pour à peu près le même nombre d’habitants. EDH bouffe trop L’économiste regrette que le pays n'ait fait encore de recensement de la population, dont le dernier remonte à 2003. Or, une population doit être recensée tous les 10 ans. Il croit que le budget d’un pays doit surtout tenir compte de l’importance et de l’évolution de la population. M. Pharel se plaint que l’État attende toujours le financement de l’étranger pour recenser la population. Tout le monde se plaint tout le temps de l’EDH qui a une part significative dans tous les budgets depuis des années. Le PDG du Groupe Croissance a profité de son intervention pour lancer une flèche à l'endroit de l’Électricité d’État d’Haïti (EDH). « L’EDH bouffe trop dans le budget, a déclaré Kesner Pharel, précisant que cette compagnie est subventionnée à hauteur de 4,5 milliards de gourdes. » Pour l’économiste, la compagnie ne dessert que 30% de la population. À rappeler que l’administration Privert-Jean-Charles avait déposé au Parlement un projet de loi de finances rectificatif même si députés et sénateurs ne se sont jamais prononcés sur cette loi. Ce ne sera pas la même administration, les parlementaires auront probablement un autre comportement devant le probable projet de loi de finances rectificatif de l’administration Moïse.

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