« La BRH attentive au marché des changes », assure le gouverneur Jean Baden Dubois

Invité de Kesner Pharel au grand rendez-vous économique sur Télé Métropole le 2 janvier dernier, Jean Baden Dubois, gouverneur de la BRH, s’est montré très optimiste en ce qui concerne la stabilisation de la gourde en 2017. Faisant allusion aux indicateurs économiques, il pense qu’on ne peut pas craindre une dépréciation effrénée de la gourde cette année. Par ailleurs, le gouverneur assure que le conseil qu’il dirige mettra l’emphase sur la stabilité macroéconomique et la croissance.

Publié le 2017-01-10 | Le Nouvelliste

National - « Il n’y a aucune raison, si on regarde les fondamentaux macroéconomiques, pour que la gourde soit dépréciée de manière extraordinaire ». Le gouverneur de la banque centrale, Jean Baden Dubois, a répondu ainsi à la dernière question de Kesner Pharel qui voulait savoir si le dollar resterait sous la barre des 70 gourdes. Le numéro un de la BRH est on ne peut plus optimiste. Selon lui, son institution est très attentive au marché des changes. « Il n’y a pas un jour qu’on ne regarde pas ce qui se passe sur ce marché pour intervenir au besoin », a-t-il assuré, invitant les acteurs à ne pas céder à la panique. Jean Baden Dubois indique dans la foulée que des décisions ont été déjà prises et d’autres doivent être prises pour mieux réguler ce marché. Il explique que le marché des changes se situe entre 8 et 10 millions de dollars par jour. Alors que le secteur pétrolier qui utilise ce marché vaut 15 millions par jour. L’important pour lui c’est de retirer ces millions de plus qui surchauffent le marché afin de mieux le contrôler. « Nous voulons renforcer la capacité de la gourde. Nous invitons les gens à essayer les instruments afin de voir ce qu’ils peuvent rapporter », a-t-il dit. Le gouverneur pense que les actions d’autres acteurs sont tout aussi importantes dans cette quête de résultat. Selon lui, le ministère du Commerce doit aussi intervenir. « Il y a des entreprises qui fixent leur prix en dollars et qui décident de leur propre chef de leur taux, ce dans un souci de protection. Il faut y mettre de l’ordre », pense-t-il, soulignant qu’il y va même de la protection des consommateurs. Sur cet aspect, Jean Baden Dubois formule le vœu que le Parlement vote une loi à cet effet Un nouveau conseil pro-croissance Au début de l’émission, le gouverneur Dubois a indiqué à Kesner Pharel que le nouveau conseil qu’il dirige, en plus des attributions que lui confère la loi, met l’emphase sur la croissance. « Nous avons une vision moderne et efficiente de la banque centrale. Nous sommes très soucieux de la stabilité macroéconomique. En plus de cela, nous avons ajouté l’inclusion financière à cette mission », a-t-il indiqué, avant de souligner qu’il n’existe pas de stabilité sans croissance. « On a passé 30 ans à faire la stabilisation. Nous sommes en train de stabiliser quoi ? Nous avons un PIB qui est à 8 milliards de dollars à peine. Là on parle du budget d’une petite université aux Etats-Unis. Je ne peux pas stabiliser sans m’orienter vers la croissance. Une croissance qui rendra Haïti plus riche et inclusive », pense-t-il. Le gouverneur Dubois indique plus loin vouloir utiliser le système bancaire afin que celu-ci serve de courroie de transmission pour financer les entreprises privées. « Il faut que l’on soit à même de nous orienter vers le secteur réel. Il faut regarder l’évolution de celui-ci afin qu’il puisse atteindre sa croissance », estime-t-il. Dans la même veine, il indique que la BRH parvient même à prendre des décisions qui n’émanent pas de sa mission, dans le sillage des résultats. « La banque fait des incitations afin d’obtenir la croissance du secteur réel. Nous avons pris des initiatives pour permettre aux entreprises de s’installer dans des zones franches (…) Ce de manière à augmenter le nombre de m2 d’espace industriel », a-t-il dit, espérant élargir l’espace industriel de deux millions de mètres carrés d’ici cinq années. Jean Baden Dubois indique plus loin qu’on ne peut pas parler de croissance économique sans l’agriculture. Celle-ci, fait-il remarquer, reste un élément important au niveau du PIB. « Nous avons des incitations spéciales pour ce secteur. Nous avons libéré toutes les réserves obligatoires sur tous les prêts qui concernent l’agriculture. En plus de cela, nous allons permettre aux agriculteurs de trouver des financements à un taux de 6% », a-t-il promis, misant aussi sur le développement du capital humain dans ce virage vers la croissance économique.

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