La communauté internationale, l’INITE et les germes de la violence en Haïti

Tant qu’il existera, par le fait des lois et des mœurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d’une fatalité humaine la destinée qui est divine ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l’homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l’atrophie de l’enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que, dans certaines régions, l’asphyxie sociale sera possible ; en d’autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles. » (Victor Hugo, Hauteville-House, 1862 (Wikipedia)

Publié le 2016-12-21 | Le Nouvelliste

Idées & Opinions -

Déjà en 1862, Victor Hugo , fatigué de l’injustice et de la violence faites au peuple de France par la société vagabonde de Paris, écrivait dans « Les Misérables» Avec une tristesse sans pareille et une violence visible comparable à la violence des rues mais , invisible, qui égale les vingt années du pouvoir Lavalas, je mène chaque nuit une lutte contre l’idée d’un suicide et contre la violence politique exercée par le président Préval, Lavalas, Espoir et INITE sur « Les Misérables » d’Haïti en ces jours funestes de fin de règne. Avec une impuissance qui génère les envies de violence les plus criminelles, je dors chaque nuit avec un sentiment de vengeance qui achève de détruire tout ce que ma maman m’avait inculqué de morale et d’humanisme. Si à mon âge- soixante-huit ans-, l’Espoir, l’INITE, les Nations unies, l’OEA, la CARICOM, l’UE, le Brésil, la France, le Canada et les États-Unis ont fait de moi le frustré que je suis devenu, que dire des millions de misérables d’Haïti que la politique a ruinés et transformés en monstres féroces, précoces, avides de vengeance , à la suite de rêves bafoués et des espoirs déçus? L’élite politique et économique haïtienne ainsi que les occupants du pays n’arrivent pas à comprendre que chaque fois qu’ils interviennent à la radio pour accuser les « Misérables des rues d’Haïti» qui ont saccagé les édifices publics et les biens de paisibles citoyens de « violents» ils ne font qu’attiser les flammes de la violence, la rage de la vengeance chez ce petit peuple qui ne songe seulement qu’à vivre. En saccageant tous ces édifices publics, « Les Misérables d’Haïti » ne cherchent qu’à se faire justice dans un pays où la justice leur refuse leurs droits les plus élémentaires. Un CEP a été formé et maintenu contre la volonté des élites. Une INITE est formée à partir de la destruction des partis politiques. Une loi électorale scélérate a été promulguée et acceptée tant bien que mal . Sous l’égide de cette loi, on a accepté d’aller aux élections. Voilà que le Conseil électoral, placé pour organiser les élections, a été le premier à violer cette loi , en acceptant la participation à ce scrutin des candidats sans leur certificat de décharge. Depuis cette première décision du CEP d’accepter ces candidats sans décharge, il n’était plus dans la loi, il dirigeait à partir de considérations politiques. La loi électorale était caduque. Les élections restent un principe international sacré de changement de pouvoir toutes les fois qu’elles se font à l’intérieur d’un cadre institutionnel qui empêche les dérives et punit les contrevenants. Aujourd’hui, les contrevenants sont ceux qui occupent les avenues du pouvoir et qui dirigent sans se soucier des lois organiques qui les habilitent à diriger. Ils interprètent la loi à leur façon, l’invoquent quand elle est bonne pour eux et l’écartent quand elle ne fait pas leurs affaires. La loi électorale ne prévoyait pas le soulèvement en masse de la population contre la proclamation des résultats. La loi électorale ne prévoyait pas de création de commission indépendante pour gérer un vice électoral grave, ni de dialogue politique dans la réalisation des élections. Si cela arrive, c’est parce que les institutions placées pour accompagner le processus ont été également galvaudées et corrompues dans l’organisation des élections. Les élections ont été foirées et on ne peut plus parler de légalité ou de rester à l’intérieur de la légalité. À chaque période électorale, les élites haïtiennes et la communauté internationale, partie prenante, attisent la flamme de l’espoir chez ce petit peuple en lui disant et je cite « en ce moment de grandes misères et d’injustices sociales, vous ne pouvez apporter du changement dans vos conditions de vie qu’en utilisant la seule arme meurtrière dont vous disposez, votre carte électorale, qui vous permettra de changer le personnel politique et d’élire des dirigeants qui vous inspirent confiance en apportant le changement que vous désirez». Depuis 1990, l’élite haïtienne et la communauté internationale ne cessent de marteler, dans la tête des misérables d’Haïti, ces paroles du catéchisme de l’évangile politique haïtien et à chaque élection, excepté celles de 1990, les Misérables d’Haïti constatent que ce sont encore ces mêmes salopards politiques qui verrouillent le système électoral et qui les empêchent d’exercer leurs droits de vote. Dans les élections du 28 novembre, les misérables d’Haïti ont été empêchés d’exercer leur droit de vote à la suite d’un brouillage de noms sur les listes électorales. De plus, le droit de vote de ceux-là qui ont réussi à voter a été foulé aux pieds par le CEP qui aurait trafiqué les résultats en manipulant les chiffres originaux en faveur de ce député de Ouanaminthe, si l’on se réfère à ces emails envoyés sur le Net. Alors, messieurs de la communauté internationale, de la haute communauté ecclésiastique d’Haïti, de l’équipe INITE et de votre cortège funèbre , le CEP, après avoir servi aux misérables d’Haïti ce cocktail de marijuana de 28 novembre, de choléra désespérant, de gestion purulente du séisme du 12 janvier et des sénatoriales indigestibles de 2009, sur un plateau nauséabond , que vouliez-vous attendre de ces misérables ? Qu’ils continuent à boire jusqu'à la lie la coupe des humiliations et des frustrations politiques ! Non messieurs, dites-vous bien ceci que la patience humaine a une limite et que vous avez franchi le cap de cette patience. Vous avez franchi le Rubicon. Dans la nuit des temps, vous lui aviez enlevé son Aristide mafieux. Récemment vous lui aviez enlevé son Wyclef, et immédiatement après, sans explication aucune, vous lui avez retiré sa charogne de MIKI. Et vous vous imaginez que vous ne lui aviez causé aucune violence ! Non seulement vous vous défendez de ne lui avoir fait aucune violence, mais vous entretenez dans le subconscient de ces misérables la flamme de la violence en manigançant de fatigantes et interminables négociations mortifiantes qui ne font que révolter davantage sa conscience. Non messieurs, vous êtes méchants. Vous êtes des inconscients. Vous méritez la mort, car en ne vous tuant pas, on vous laisse le champ libre pour tuer dix millions d’Haïtiens dans les années à venir, étant entendu que vous êtes actionnés par une autre violence plus aveugle encore . Alors messieurs de la communauté internationale et de l’INITE, , de quelle violence vous parlez ? De la comprehensible furie des rues des misérables d’Haïti ou de la criminelle , aveugle et permanente furie cultivée par votre politique et votre diplomatie hypocrite en Haïti qui n’ont fait que des monstres ? Au nom de quel principe républicain vous vous permettez de m’accuser de violent alors que c’est vous qui êtes la cause de la cause efficiente de la violence? Il est encore tôt messieurs, de faire le geste qu’attendent les misérables d’Haïti. Ne soyez pas trop orgueilleux et trop présomptueux. Dites seulement à ces misérables que vous comprenez leurs déceptions et que vous admettez avec eux que les élections du 28 novembre n’ont été qu’une mascarade électorale, que vous souscrivez à l’annulation du premier tour et que vous reportez tout le processus au 16 janvier 2010 avec la promesse ferme que le CEP de Gaillot cette fois ci ne sera pas au rendez vous électoral. Prononcez seulement cette phrase et vous allez voir encore la naïveté de ces bons misérables qui vont oublier tout le mal que vous leur aviez fait en criant: vive l’International! michelwilliam1000@hotmail.com

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