Sispann met grès nan manje !

La fréquence de certaines maladies chroniques au sein de la population haïtienne, ces dernières années, a largement contribué à faire atterrir et installer le débat sur les graisses alimentaires sur la table familiale. Cependant, le foyer haïtien n’étant souvent pas suffisamment informé de la meilleure façon de les utiliser, Village Santé se propose de l’accompagner en vue de l’aider à assainir ses habitudes de consommation.

Publié le 2016-12-12 | Le Nouvelliste

Village Santé -

Les graisses ou lipides ou encore acides gras font partie de notre alimentation au quotidien. Ils sont essentiels au bon fonctionnement de l’organisme. Ils représentent une source incontournable d’énergie et fournissent de la chaleur. Les lipides sont également des messagers cellulaires. Ils entrent dans la constitution des membranes qui entourent les cellules et sont des précurseurs d'hormones. Toutefois, une mauvaise connaissance des acides gras ainsi qu’une utilisation abusive de certains types de ceux-ci peuvent avoir des conséquences regrettables sur notre santé. Différents types d’acides gras sont à distinguer. ? Les acides gras saturés Les acides gras saturés se trouvent dans : - les produits d’origine animale tels que la viande, le lait, les œufs, le fromage ; - les aliments préparés comme les biscuits, le chocolat, les pâtisseries ; - les matières grasses végétales comme certaines margarines et huiles. Par exemple, l’huile de palme contient 50 % d'acides gras saturés et l'huile d'olive n'en contient que 15 %. Les acides gras saturés constituent notre réserve d’énergie. Ils tendent également à favoriser les dépôts de cholestérol dans les artères, ce qui augmente les risques de maladies cardiovasculaires. Il faut donc veiller à les limiter au maximum ! ? Les acides gras mono-insaturés Ils se retrouvent essentiellement dans les produits d’origine végétale tels que les olives, les amandes, les noisettes et leurs huiles respectives. Ce type d’acides gras a des effets bénéfiques sur la fonction cardiovasculaire. ? Les acides gras poly-insaturés Les acides gras poly-insaturés sont indispensables à l’organisme ; ils sont d’ailleurs dits « essentiels ». Notre organisme n’étant pas capable de les produire lui-même, ils doivent être apportés par notre alimentation. On distingue deux types d’acides poly-insaturés : les omégas-3 et les omégas-6. - Omégas-3 Ils sont présents dans les poissons « gras » comme les sardines, le saumon ou encore la truite. On les retrouve également dans les coquillages et les crustacés. L'huile de colza ou l'huile de lin sont aussi de bonnes sources d'oméga 3. Les omégas-3 sont surtout connus pour leur rôle dans la prévention des maladies cardio-vasculaires, mais aussi pour leur action bénéfique sur l’activité du cerveau. - Omégas-6 Cette catégorie d’acide gras est composée exclusivement de graines. Nous pouvons citer les germes de blé, les graines de sésame, le soja et leurs huiles. Les omégas-6 contribuent, entre autres choses, à maintenir la fluidité du sang, à diminuer la tension artérielle. ? Les acides gras trans Les acides gras trans sont très présents dans notre alimentation : ils sont à la fois des produits naturels comme le lait, le beurre, la viande, etc. et des produits industriels. Les acides gras trans d’origine industrielle sont formés par un processus d’hydrogénation qui consiste à transformer des huiles liquides en graisses solides (la margarine en est un bon exemple). Ce processus a pour but d’augmenter la durée de conservation de certains produits. On retrouve les acides gras trans dans les plats préparés, les biscuits, les pâtes à tartiner, les chips… Des études ont démontré le rôle des acides gras trans dans l’augmentation du mauvais cholestérol et dans le développement des maladies cardiovasculaires. Sur les étiquettes, il est possible d’identifier leur présence par le terme « huiles ou graisses partiellement hydrogénées ». Toutes les graisses ne sont donc pas les mêmes, et il est utile de faire la différence. Pour faciliter la distinction entre les mauvaises et les bonnes graisses, nous nous rappellerons qu’il y a d'un côté les acides gras d'origine animale, et de l'autre les acides gras d'origine végétale. Les premiers sont des acides gras dits saturés : on les retrouve dans les viandes rouges, les œufs et les produits laitiers. Les seconds sont des acides gras dits insaturés, la plupart sont d'origine végétale. On les retrouve essentiellement dans les huiles comme le colza, l'huile d'olive ou encore l'huile d'arachide mais aussi dans les poissons. Certains acides gras insaturés aident à faire baisser le mauvais cholestérol. Tandis que ceux qui font partie des graisses animales, risquent au contraire de favoriser l'apparition de maladies cardiovasculaires quand ils sont en excès. Il est à souligner que que nos commentaires-réflexes comme « m pat met lwil non, se yon ti bè » ou encore « se yon ti lwil m te met sou manje a » ne veulent pratiquement rien dire. Ce qui est important, c’est de connaître les différents types de graisse (dont le beurre en est une forme) et d’apprendre à les varier en privilégiant les aliments bénéfiques. Huile, beurre, margarine, quelle que soit la matière grasse utilisée pour cuisiner, mieux vaut ne jamais la laisser brûler au point de dégager de la fumée, car à partir de ce stade les corps gras dégagent des molécules toxiques. Enfin, veillons à la préservation de notre santé en : - limitant au maximum notre consommation de denrées industrielles telles que les plats préparés, les biscuits, les viennoiseries… ; - privilégiant les produits laitiers les moins gras tels que les produits demi-écrémés ou écrémés ; - réduisant notre consommation de viande et en évitant les viandes hachées grasses ou encore les viandes panées ; - en évitant de « sur-cuire » les graisses de cuisson (lwil dòmi) et en limitant la consommation des aliments frits, surtout les fameux fritay (parfois un fritay désespérément recyclé) le soir avant d’aller se coucher. Smith Sajous

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