Egarement de la conscience collective. Que faire ?

Publié le 2016-12-27 | Le Nouvelliste

Idées & Opinions -

La société haïtienne victime de l'acculturation et de l'ethnocentrisme culturel avec la question de la mondialisation perd ses valeurs et s'enfonce de plus en plus dans l'abîme de désillusion morbide. Le goût du terroir est substitué à l'importation de toutes sortes de mœurs, de pratiques viles et de produits dangereux pour la collectivité. La zombification de « l'élite » atteinte de " strabisme social " n'ayant pas de perspective à long terme ni une vision claire et nette se noie dans le pédantisme et l'obscurantisme. La visualisation par la pensée des problèmes sociaux en vue d'apporter des solutions pour le bien-être du pays n'interpelle pas les secteurs de la vie nationale encore moins la société civile en panne de leadership. Le manque d'éthique, l'absence d'une conscience citoyenne, Le non-engagement du faible reste peuvent être la cause du déclin. La question d'éthique est perçue comme un affront à l'égard de ceux qui sont dénués de tout principe, allergiques aux règles morales et irrévérencieux envers la loi. Pour ces individus, la notion de morale est désuète et n'a plus de fondement. Leur conception de la réalité est considérablement biaisée et leur perception déformée, teintée d'artifices pernicieux, dérange énormément le fonctionnement de la société. Malheureusement pour les citoyens honnêtes dont la boussole est le respect des normes et des principes établis. Sont intimidés par des comportements antisociaux de ces hors-la-loi et voyous à chaussures ou sans chaussures. Ils sont obligés de rester dans le mutisme. Un refus forcé de faire valoir ses droits et ses devoirs et également de dénoncer les dérives les prive de pouvoir de décision. Face à cette situation, ils s'abstiennent et laissent les " protagonistes du chaos " contrôler tout. Le machiavélisme s'impose peu à peu et fait des adeptes même dans les recoins tenus autrefois pour prestigieux et fiables. Le citoyen lambda ne connaît pas ses droits et ses devoirs. Quand il investit les rues pour revendiquer. Probablement, il est propulsé et manipulé par un secteur désirant une compromission à son insu. On fait appel uniquement à lui lors des élections. D'une part, la plèbe n'a pas conscience de son rôle de citoyen pour forcer les acteurs à assumer leur pleine responsabilité pour la bonne marche de la collectivité. De l'autre, les soit-disant intellectuels veulent maintenir le statu quo à leur profit. C'est la raison pour laquelle, au lieu de payer la scolarité pour des jeunes dans les milieux défavorisés ; ils préfèrent leur acheter des armes. De ce point de vue, la société s'est transformée en un véritable capharnaüm. Le désordre est devenu une arme redoutable pour arriver à ses fins. Le pire dans tout cela, les forces coercitives se sont elles-mêmes embourbées dans la crise et leur affaiblissement incline à la dérive. Le comportement oisif tendant à toujours profiter au maximum du plaisir sans se soucier de la vulnérabilité du pays qui vit sous la menace des catastrophes naturelles a des répercussions sur l'environnement qui se dégrade de jour en jour. Le phénomène de déboisement, construction anarchique, pollution de la faune et de la flore. Vient s'ajouter le passage de l'ouragan Matthieu causant des pertes énormes en matière agricole dans le grand Sud particulièrement la Grand'Anse. Dans la plus totale insouciance, l'Etat n'agit pas et ne fait qu' attendre l'aide de l'étranger. Ce n'est pas que la capacité de créativité et de productivité fasse défaut mais de préférence l'assistanat auquel est soumis l'Etat le retient de tout effort. L'âme haïtienne erre ça et là, ne sait pas à quel saint se vouer. Elle ne peut pas encore trouver la stabilité. Un retour dans le passé lui permettrait de se positionner dans le présent pour mieux appréhender le futur. Hélas ! Elle est comme un troupeau égaré dans une prairie cherchant son chemin à la recherche d'un mieux-être. Le laxisme des dirigeants à cautionner tout en acceptant n'importe quoi diminue la fierté haïtienne. Les institutions sont gangrenées par la corruption. La gabegie administrative est à son paroxysme. Le tissu social est déchiré au point que l'espoir à perdu son pouvoir. L'espace universitaire qui devrait être un lieu de débat, de réflexion et de production du savoir scientifique n'est pas exempt du puérilisme et de la petitesse d'esprit. L'argumentation est substituée à des propos grivois parfois débouchant sur des cas de violence. Tout est démoniaquement politisé ! Quant est-ce que le pays trouvera la voie du développement ? A quand la fin de la politicaillerie ? Que faut-il faire pour marquer une nouvelle fois l'histoire des sociétés humaines ? Pour le moment, seule la résilience, véritable force émérite de ce peuple, garantit sa survie. Pour sortir de cette léthargie, l'éveil de la conscience est nécessaire pour galvaniser les citoyens honnêtes restés dans le silence depuis longtemps les porter à s'impliquer dans les affaires publiques. À occuper des fonctions électives ou nominatives pour barrer la route à des fraudeurs, des politiciens véreux et des incompétents n'ayant pas de formation académique adéquate pour construire une société axée sur l'État de droit, la justice sociale et la bonne gouvernance. Ce faisant, un pacte de gouvernabilité est primordial dans le processus de refondation de la nation haitienne pour reformer l'Etat en redéfinissant les paramètres pour structurer et organiser les appareils étatiques pour un système fort. Pour accéder à des postes importants dans la fonction publique, on doit procéder à des concours pour intégrer des cadres sans favoritisme. Pour freiner le phénomène de l'acculturation ( bien que avec la mondialisation il est difficile de contenir sa culture chez soi en s'isolant du reste du monde ) on doit cependant empêcher le flux des importations en mettant des restrictions contre les éléments nuisibles ethnocidaires venant de l'extérieur. Les parlementaires ont leur pion à poser rn légiférant des lois sur la cybercriminalité, la diffusion des publicités, le contenu des programmes dans les médias. Tout cela doit être surveillé. Quoi qu'aujourd'hui il y a des parlementaires légicides ne respectant pas la loi. Il est question maintenant de réviser les critères constitutionnels pour qu'un citoyen puisse devenir parlementaire de la République. On doit éliminer le bicaméralisme, c'est-à-dire la suppression de la Chambre basse trop budgétivore au profit du monocaméralisme avec neuf sénateurs par département. Il faut renforcer les municipalités en donnant pleins pouvoirs au maire en supprimant la fonction délégative inopérante tutélaire . Les penseurs, les experts dans tous les domaines, les intellectuels avisés doivent se reunir pour réfléchir et débattre sur des thématiques et des problématiques pertinents. En organisant des symposiums et des colloques pas seulement au niveau de la capitale, mais également dans les villes de province. Ce n'est pas que les gens soient sots ; ils sont privés de connaissance. Les potentialités sont là, la détermination les habite, le goût du travail les ravigote. Ils ont besoin de lumière. Ils ont soif du changement. Seuls les gens formés peuvent les aider à développer leurs capacités pour qu'ils deviennent des producteurs, des créateurs et des innovateurs. L'éducation est l'élément fondamental dans la construction de la société. Le problème d'analphabétisme, la non-scolarisation des enfants vivant dans les milieux défavorisés et ruraux et le chômage constituent une entrave dans le processus de socialisation et de mobilité sociale et, sont des éléments déclencheurs des troubles sociaux. Donc, un nouveau plan est à appliquer pour moderniser le système éducatif désuet en passant par la formation continue des enseignants adaptée à la réalité. La construction des écoles, des centres sportifs modernes et des centres professionnels adaptés au besoin de chaque communauté dans les zones rurales, implantation des services de base pour diminuer l'exode rurale. Cela augmentera la croissance, remembrera l'agriculture et ralentira le niveau de misérabilisme dans lequel végète le peuple. Ainsi, Haïti empruntera la voie du progrès et redeviendra la perle des Antilles. Jean David DESTINVILLE destinville.jeandavid@yahoo.fr 509 36632780

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