HAITI- REPUBLIQUE DOMINICAINE / EDUCATION

Lancement d’un Observatoire binational au profit du développement de l’île d’Haïti

Des autorités étatiques et universitaires haïtiennes et dominicaines ont lancé, mercredi 2 décembre, l’Observatoire binational pour la migration, l'environnement, l'éducation et le commerce (OBMEC) entre la République dominicaine et Haïti, à l’hôtel Marriott à Port-au-Prince. Cet observatoire, qui se réunit sur un consortium universitaire des deux pays, se donne comme objectif premier de produire des savoirs et des connaissances en vue de contribuer à l’amélioration des relations entre les deux Etats partageant l’île d’Haïti.

Publié le 2015-12-04 | Le Nouvelliste

National -

La cérémonie de lancement de l'Observatoire binational pour la migration, l'environnement, l'éducation et le commerce (OBMEC) a été scellée ce mercredi 2 décembre à Port-au-Prince par la signature d’un acte constitutif entre Haïti et la République dominicaine sur les questions de migration, d'environnement, d'éducation et de commerce. Les partenaires de ce projet sont les autorités haïtiennes et dominicaines, l’Union européenne, quelques universités des deux pays et différents membres de la société civile. Cet observatoire binational se veut être un espace de réflexion et d'échanges sur les problématiques binationales. Sa mission est de contribuer au rapprochement et à la compréhension mutuelle des population haïtienne et dominicaine dans la perspective d'un développement économique et social durable pour les deux pays. Intervenant à ce lancement, la directrice générale de l’OBMEC, Rachelle Charlier Doucet, assure que cette initiative vise à rendre plus intelligibles les relations entre les deux pays. Pour elle, cette opportunité est fondamentale pour la coopération binationale. « Cet observatoire a comme identité principale d’être un espace académique qui veut créer de la connaissance et des données fiables et vérifiables à partir de recherches, ce au service de la société civile des deux pays », a-t-elle souligné. Mme Doucet a beaucoup insisté sur le fait que l’université n’est pas détachée de la société et que dans le cadre du présent projet, celle-ci va se mettre au service de la communauté pour pouvoir fournir des données au gouvernement des deux pays. Elle rapporte que la structure qu’elle dirige collaborera avec la commission mixte binationale et indique qu’au travers des résultats de ces recherches sera dégagée une vision systémique des choses. « L’observatoire est une volonté réaffirmée contre la tendance de ceux qui croient que les relations entre les deux pays sont vouées inévitablement à être toujours conflictuelle. Il s’inscrit dans la dynamique contraire », poursuit-elle, tout en admettant la complexité des relations entre Haïti et la République dominicaine et les récents conflits qui l’ont jalonnées ces derniers jours. Ce nouveau projet a été lancé en présence notamment de l’ordonnateur national du Fonds européen de développement (FED) en Haïti et en République dominicaine (RD), le représentant de la délégation de l’Union européenne (UE) en Haïti Vincent Dégert et en RD, le recteur de l’Université Quisqueya Jacky Lumarque, celui de l’UNATECH en RD, l’ambassade dominicaine en Haïti, des membres de la commission mixte binationale et des représentants du corps diplomatique dans le pays. Les différents intervenants n’ont pas caché leur satisfaction de participer à une telle initiative et ont tous mis l’accent sur l’importance de cet observatoire binational qui non seulement appuiera les gouvernements, mais constitue une nouvelle forme de dialogue entre les deux pays. Selon eux, il constitue un chemin scientifique élaboré pour aborder les problèmes des deux pays et c’est une autre manière de donner la parole aux scientifiques. La veille de la signature de l’acte constitutif, plusieurs ateliers entre les différents partenaires et 17 professeurs-chercheurs ont eu lieu pour débattre de ces questions cruciales pour Haïti et la République dominicaine. Au cours des deux années du projet, des universités d’Haïti et de la République dominicaine s’unissent pour faire des recherches, se rendre sur le terrain pour voir la réalité et mieux la comprendre, échanger, produire des données sûrs, actualiser les connaissances et dégager des solutions communes pour le progrès des deux pays. Financé à hauteur de 900 millions d’euros par l’Union européenne, ce consortium, qui pourrait à l’avenir devenir permanent selon les propos de certains responsables binationaux, comporte sept universités des deux pays, est hébergé et coordonné par l’Université Quisqueya (UNIQ) en Haïti.

Réagir à cet article