Conférence de presse

Ayiti Mizik ou faire prospérer l'industrie musical haïtien

A l'occasion de la Journée Internationale du Droit d'auteur, Ayiti Mizik, une association haïtienne des professionnels de la musique a lancé officiellement au Club Brasiliero, ce jeudi, ses activités débutées en décembre dernier avec le premier cycle de formations.

Publié le 2011-04-29 | Le Nouvelliste

National -

Pour lutter contre la piraterie musicale, structurer, promouvoir, protéger et faire prospérer l'industrie musicale haïtienne, Ayiti Mizik, créé à Port-au-Prince, en mars 2010, avec des membres issus de l'ensemble des métiers du secteur, veut occuper une place de choixsur lemarché du show business haïtien. Les majors de la musique ont de quoi s'inquiéter... Le piratage des musiques et vidéos sur Internet et la copie de CD connaît un essor spectaculaire. Ce fléau existe à tous les niveaux : au sein des distributeurs, comme des producteurs eux-mêmes. L'Etat aussi est épinglé, puisque les produits discographiques sont utilisés par exemple à la radio et à la Télévision sans que l'artiste ne touche des droits. L'idée est d'impliquer les artistes eux-mêmes dans la lutte contre ce fléau. Des millions de gourdes ou de dollars, tel serait le manque à gagner qu'accuse l'industrie de la musique haïtienne, selon le président de l'association, Lionel Benjamin, qui croit qu'ensemble on peut remonter la pente. « Cette association comble le vide dans le secteur de l'industrie de la musique. Un secteur qu'Ayiti Mizik, guidé par l'esprit d'équipe, la créativité et l'intégrité, veut organiser, promouvoir et défendre les intérêts de ses membres en particulier et ceux qui sont dans l'industrie de la musique haïtienne en général dans le pays, dans la diaspora et à l'étranger », a indiqué Lionel Benjamin qui compte sur le dynamisme et l'enthousiasme d'une équipe de professionnels réunis autour d'un rêve commun. Il a, par ailleurs, été membre fondateur de l'ANASIM, une association de musique, créée il y a vingt ans, perturbé par les aléas politiques du pays. Prenant exemple sur la bataille que livre le bureau du Droit d'auteur contre le développement du système de piratage de la musique, Ayiti Mizik, qui est promise à un bel avenir, décide d'en finir sérieusement avec les copies illégales. La rencontre a aussi insisté sur la nécessité d'adopter une attitude professionnelle lorsque l'on gère une entreprise musicale. Car celle-ci reste en effet, selon les intervenants, "une entreprise", avec des soucis de rentabilité, des objectifs à atteindre, et cela dans des délais précis. « Ayiti Mizik décide, par des moyens légaux, de lutter contre la piratage dans le secteur musicale et d'offrir une alternative légale à tous les professionnels oeuvrant dans le domaine », a précisé Georges Andy René, spécialiste de la propriété intellectuelle et membre fondateur de l'association. Toujours dans la perspective de la structuration et de la dynamisation du secteur, Ayiti Mizik se préoccupe de la structuration du marché du disque. Et pour atteindre cet objectif, Ayiti Mizik s'investit, au premier abord, dans la formation des principaux acteurs de l'industrie de la musique, a indiqué Milena Sandler, secrétaire exécutive de l'association. « Nous avons débuté avec une série de formation en décembre 2010. La première portait sur des techniques de la voix et de la guitare. Elle a été réalisée, du 8 au 12 décembre, par le guitariste français Camel Zekri », a déclaré la secrétaire exécutive d'Ayiti Mizik, qui a annoncé d'autres formations sur le son et le management. Ces formations, d'une valeur de 273 000 gourdes chacune, sont subventionnées par l'Institut français dans le cadre de son programme « Solidarité Haïti, sauvegarde des activités artistiques et culturelles », en partenariat avec Caracoli, la Fondation Haïti Jazz, l'Institut français d'Haïti, Canal Bleu, Radio Télé Métropole et Le Villate. Elles s'adressent particulièrement aux professionnels de la musique (musiciens, managers, techniciens, etc.), membres de l'association. Une contribution de 1 000 gourdes, équivalente au montant de la cotisation annuelle à Ayiti Mizik, est demandée pour la participation aux frais. Ayiti Mizik a, depuis sa fondation, participé à des rencontres internationales, notamment à WOMEX (World Music Expo) à Copenhague (Danemark) ; à MaMA (Marché des Musiques Actuelles) à Paris en octobre dernier ; à la Journée de sensibilisation à Pointe-à-Pitre, en novembre 2010 ; au Festival de Jazz de Guadeloupe et rencontres professionnelles associées en décembre 2010. L'association sera présente au Festival de Jazz In the South de Ste-Lucie et rencontres professionnelles associées en mai 2011. Elle travaille actuellement, en partenariat avec Caracoli et la Fondation Haïti Jazz, sur la création d'un Centre de ressources pour la musique : formation continue et professionnelle, documentation, échanges et recherche. Une Newsletter, qui sera rédigé par Pascale Jaunay, est lancée à destination de ses membres sur l'actualité de la musique haïtienne en Haïti et à l'étranger. Ayiti Mizik compte différents types de membres, des membres adhérents, des membres actifs, des membres de soutien et des membres d'honneur. Pour cette dernière catégorie, la ministre de la Culture, Marie-Laurence Josselyn Lassègue, et le nouveau président élu, Michel J. Martelly, ont accepté d'être des membres d'honneur.

Angie Marie Beeline Joseph Auteur
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