BENIN/ HAITI/ DECES

Conceptia Liliane Denis Ouinsou a tiré la révérence

La Béninoise d'origine haïtienne, Conceptia Liliane Denis Ouinsou, ancienne présidente de la Cour constitutionnelle du Bénin de 1998 à 2008, est décédée en mars dernier, à Porto-Novo, à l'âge de 69 ans. Réputée et célèbre pour sa probité, Mme Ouinsou était une personnalité très influente, on la respectait aussi pour l'oeuvre accomplie en faveur de la consolidation de l'État de droit et de démocratie pluraliste, plus vivace au Bénin que dans bien d'autres pays africains.

Publié le 2011-04-05 | Le Nouvelliste

National -

Née le 21 septembre 1942 à Grande-Saline (département de l'Artibonite), l'ex-présidente de la Cour constitutionnelle du Bénin de 1998 à 2008, Mme Conceptia Liliane Denis Ouinsou, a tiré la révérence en mars dernier, probablement des suites d'un malaise cardiaque. Mariée et mère de trois enfants, la nouvelle de la mort de cette figure emblématique du milieu judiciaire béninois, mieux connue sous le nom de « Dame de fer », s'est répandue dans le continent africain et en Europe comme une traînée de poudre, avons-nous appris de différentes sources. Juriste, agrégée de droit privé, Mme Ouinsou a bouclé deux mandats à la tête de la présidence de la plus haute juridiction du Bénin en matière de constitutionnalité. Très réputée et célèbre pour sa probité, sa compétence en matière de droit et sa réputation d'incorruptible, elle a, en effet, occupé pour la première fois ce poste lors des nominations de 1998. Elle a été reconduite à ce poste en 2003, comme membre de la Cour par l'ancien président Mathieu Kérékou. Avocate de profession et professeur agrégé de droit privé depuis 1985, cette Béninoise d'origine haïtienne, après avoir obtenu son baccalauréat en Haïti en 1961, a décroché une licence en sciences sociales et administratives en 1965 et en droit privé en 1968, puis un diplôme d'études supérieures en sciences criminelles, à Paris II en 1971, avant de couronner son cursus par un doctorat d'État en droit privé à Paris II en 1976. Elle obtint son agrégation en droit privé en 1985. De 1977 à 1986, elle fut professeur assistante à l'université nationale du Bénin, puis de 1986 à son décès, elle a été professeur agrégé de droit à l'université d'Abomey-Calavi. Avant de devenir présidente de la Cour constitutionnelle du Bénin de 1998 à 2008, elle a été pour une très courte période ministre de l'Éducation nationale et la Recherche scientifique (mai - juin 1998). Mme Ouinsou est l'auteure de nombreuses publications dont sa thèse pour le doctorat d'État « L'enfant naturel en droit haïtien et français », Paris II, (1976) ; et des études sur le divorce au Bénin (1981) ; la nationalité béninoise (1983); la situation des étrangers au Bénin (1983); le nom de la femme mariée (1989) et la vocation successorale de la femme (1994). Enfin, comme juriste, elle a travaillé toute sa vie professionnelle et académique sur le droit de la famille en Haïti, au Bénin et en Afrique de l'Ouest. A noter sa remarquable contribution sur l'enlèvement international d'enfant (1990). En outre, Mme Ouinsou a conduit de nombreuses missions en son pays natal, dont la dernière remonte à l'année 2006. Elle présidait une délégation de juristes béninois venus jeter les bases d'une coopération judiciaire entre Haïti et le Bénin. La délégation a eu de fructueuses rencontres avec les magistrats de la Cour de cassation et des autres juridictions du pays. Elle comptait de nombreux amis au pays natal, dont le notaire Jean-Henri Céant, qui offrit un soir en son salon une gentille réception en l'honneur de Mme Ouinsou. Le Nouvelliste, sous la plume du journaliste Aubelin Jolicoeur, avait fait le compte-rendu de cette cérémonie. Il est important de rappeler que Mme Ouinsou, qui fut l'épouse de l'ancien président béninois Denis Ouinsou avait été élevée au rang d'officier des palmes académiques de la République française, Grand officier de l'ordre national du Bénin, puis Officier des palmes académiques du Conseil africain et malgache pour l'enseignement supérieur (CAMES). Cette Haïtienne naturalisée béninoise aura été l'une des plus grandes dames que notre pays ait jamais connues, et qui assura son rayonnement en terre béninoise et ailleurs. Haïti perd l'un de ses meilleurs représentants.

Amos Cincir avec la collaboration de Me Jean-Claude Boyer mcincir@lenouvelliste.com/ jc2_boyer@yahoo.com Auteur

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