Etonnants Voyageurs 2016, une édition surchargée

UNE Une cinquantaine d’écrivains d’Haïti et d’ailleurs, de nombreuses activités, des rencontres avec pas moins de 2,000 élèves, sans compter le grand public, la quatrième édition du festival « Étonnants Voyageurs » se déroule du premier au 3 décembre tant dans la capitale que dans les villes de province. France Inter est parmi les médias internationaux qui couvrent cette belle mobilisation littéraire.

Publié le 2016-12-02 | Le Nouvelliste

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Le Père Noël aurait probablement été envieux en comparant son sac rempli de cadeaux à la pléiade d'activités prévues dans le cadre de la quatrième édition, sous notre soleil, du festival « Étonnants Voyageurs ». Le gaillard, reconnaissable à sa rondeur, se perdrait sûrement sur cette liste qui donnerait du fil à retordre même à un opérateur de saisie expert du logiciel Excel. Essayons de rendre simple le dossier de presse de l’édition qui nous a été soumis. D’abord, il faut imaginer la possibilité qui est offerte à des écoliers, des étudiants et des gens ordinaires de pouvoir rencontrer pas moins de 50 écrivains de chez nous et d’ailleurs. Qui mieux est, la plupart ne sont pas des moindres. Dany Laferrière de l’Académie française, Lyonnel Trouillot, Michel Le Bris, Earl Lovelace… pour ne citer que ceux-là, et pour avoir une idée de la liste de VIP qu'on rencontre une fois dans une vie. Les activités, en plus d’être nombreuses, sont réparties sur plusieurs sites. En régions, dans des villes comme le Cap, les Cayes, les Gonaïves, des rencontres scolaires et avec le grand public sont prévues. Pour cette mission organisée en partenariat avec l’Institut français, 10 auteurs ont été appelés à la tâche. Citons Bernard Chambaz, Pierre-Michel Chéry, Eduardo Espina, Claude C. Pierre, Patrick Maurus et Gary Victor. Dans la capitale, treize classes de collège et de lycée recevront un ou deux écrivains d’une liste comprenant, entre autres, Jean Euphèle Milcé, Michel Soukar, Hakan Gunday… Durant les trois jours de cette quatrième édition, le public peut découvrir les livres des nombreux invités dans les stands de la librairie La Pléiade, qui seront aussi disponibles à la Bibliothèque nationale et à l’Institut français. Les activités sont légion. Présentons le contenu de cinq d’entre elles qui pourraient attirer quiconque ayant le moindre intérêt pour les lettres. « Vitalité des revues », c’est un rendez-vous prévu le 2 décembre à compter de 3 heures p.m. à la Bibliothèque nationale. Ceux qui feront le déplacement pourront se frotter à la problématisation autour du mal-être des grands magazines papiers. Lyonel Trouillot, James Noël et Jean Rouaud seront les capitaines du navire. Colonisation, un mot qui ne saurait laisser indifférent quiconque a fait les frais des conséquences du système qu’il désigne, fera l’objet d’une rencontre à l’IFH à partir de 11heures a.m. le même jour. Le panel pour mener la rencontre comprend Liève Joris, Paule Constant, Faubert Bolivar, Blaise N’DJEhoya et Evelyne Trouillot. Dans le même espace à 2 heures p.m., l’engagement littéraire sera questionné avec l’expertise de cinq invités. Hakan Günday, Bob Shacochis, Colic, In-Koli Jean Bofane et Josaphat-Robert Large. Les gens qui ont une sensibilité pour la Négritude, le « black empowerment », pourront se laisser tenter par une rencontre autour du film Harlem Renaissance. Louis Philippe Dalembert, Blaise N’Djehoya, auteur du film, et Michel Le Bris sont à l’affiche de cette activité à la Fokal à midi ce samedi. Le même jour à 10 heures a.m. à la Bibliothèque nationale, la littérature haïtienne d'expression créole fera l’objet de questionnements. On pourra discuter sur le sujet avec Ricardo Hyppolite, Anivince Jean-Baptiste et Pierre-Michel Chéry. Lyonel Trouillot désigne cette quatrième édition comme étant un rapport entre les quêtes de formes et de sens qui constituent le littéraire et le social, la mémoire, l’imaginaire et l’actualité, selon une note portant sa signature. Dans le même document, l’immortel Dany, lui, fait sienne une parole attribuée à Homère pour faire ressortir une certaine causalité entre les malheurs de notre pays et sa vivacité culturelle. La célèbre phrase : « Les dieux envoient des malheurs aux hommes c’est pour qu’ils en fassent des chants » de l’auteur de « l’odyssée » trouve son sens aujourd’hui, de l’aveu de l’académicien, au regard d’une société qui fait souvent les manchettes pour sa soap opéra de malheur, qui n’éclipse point son bouillonnement culturel. C’est en substance, selon lui, le bien-fondé du retour en 2016 sur la terre de Dessalines du festival Les Étonnants Voyageurs.

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