Ouragan Matthew/Aide d’urgence

« La distribution de l’aide à Jérémie, un crime contre l’humanité », dénonce Maxime Roumer

« La distribution de l’aide d’urgence à Jérémie se fait dans le plus grand désordre. Personne ne dirige rien. Un manque d’organisation généralisé… », a dénoncé Maxime Roumer, ex-sénateur de la Grand’Anse et candidat à sa réélection. Selon ses affirmations au Nouvelliste, les autorités n’ont aucune idée des dégâts de l’ouragan Matthew dans le département et ne font pratiquement rien pour aider les sinistrés.

Publié le 2016-10-19 | Le Nouvelliste

National -

Frustré et très remonté contre les autorités qui gèrent les activités post-Matthew dans le département de la Grand’Anse, dévasté par l’ouragan, Maxime Roumer monte au créneau pour dénoncer la gestion de l’aide d’urgence humanitaire à Jérémie. L’ancien sénateur accuse les autorités d’accaparer l’aide au détriment des victimes. « La distribution de l’aide à Jérémie est un crime contre l’humanité », a-t-il dénoncé dans une interview téléphonique mercredi au Nouvelliste. Le candidat qualifié pour le second tour des sénatoriales a souligné qu’aucune préparation n’a été faite pour le passage de l’ouragan. Les autorités n’avaient pas assez sensibilisé la population aux dangers que représentait le mauvais temps. Selon lui, dans des sections communales, des paysans sont morts parce qu’ils ont été récolter leurs plantations d’haricots alors que le pays était en état d’alerte rouge face aux rafales de Matthew qui dépassaient les 200 Km/h. « Après la catastrophe, il n’y a eu aucune réponse », a-t-il critiqué. M. Roumer a indiqué que les gens commencent à devenir agressifs parce qu’ils voient passer l’aide et n’en bénéficient pas. « Les autorités, au lieu d’aider, aggravent la situation », a-t-il dit. Aux dires de M. Roumer les représentants du gouvernement qui gèrent l’aident dans la cité des poètes, dévastée par l’ouragan, en profitent pour la « voler ». « Le bateau d’aide du Vénézuéla avec 90 tonnes de tôles à son bord, Jérémie n’en a rien bénéficié », s'est-il plaint. Selon l’ancien parlementaire, le bateau hollandais qui est arrivé à Jérémie mais qui a dû retourner à Port-au-Prince avec l’aide qu’il transportait est le résultat de la mauvaise gestion des représentants du gouvernement dans la commune. « La situation demeure catastrophique à Jérémie. Les débris n’ont pas été enlevés. Il n’y a pas d’électricité, les écoles restent fermées, l’hôpital est sale et ne fonctionne pratiquement pas, les gens sont dans la misère absolue… », a-t-il dit pour décrire la situation dans sa ville. Maxime Roumer a invoqué des « châtiments bibliques jusqu’à leur cinquième génération» à l'encontre des autorités en charge. Sa frustration n’a d’égal que les rafales de l’ouragan qui ont dévasté sa ville. L’ancien sénateur a dit enregistrer plus de 500 morts dans trois sections communales à Jérémie. « J’ai vérifié ces chiffres avant de vous les communiquer », a-t-il souligné, avant d’ajouter que le mauvais temps a pratiquement tout emporté sur son passage. Actuellement, selon Maxime Roumer, les besoins des habitants à Jérémie sont d’abord des besoins d’urgence comme la nourriture, l’eau potable et le toit leur évitant de se mouiller quand il pleut. Ensuite, a-t-il ajouté, viendra la reconstruction de la commune. Il dit qu'il va se battre pour maintenir ouverte l’université de la zone et faire revenir les jeunes à l’école. Si les intelligences de la ville disparaissent, Jérémie s’éteindra, a-t-il dit.

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