Tout ce que vous devez savoir avant d'exporter au Canada

Publié le 2016-09-27 | Le Nouvelliste

Economie -

Si des entrepreneurs haïtiens ont réussi à exporter pour plus de 38 M$ en produits de toutes sortes vers le Canada l'an dernier, ils demeurent encore fortement sous-représentés sur la liste des importateurs de ce pays. Pourtant, une grande variété de produits spécifiques à la Perle des Antilles sont susceptibles de séduire de nouveaux clients Une douzaine d'hommes et de femmes d'affaires ont répondu à l'invitation de la Chambre de commerce et d'industrie haïtiano-canadienne (CCIHC), le 15 septembre à l'hôtel Ritz Kinam de Pétion-Ville, pour connaître les exigences, les opportunités et les défis pour exporter vers le Canada. Les gens d'affaires ont assisté à la formation d'Yvon Bertrand du Programme de coopération volontaire canadien (PCV-Haïti). Consultant dans le domaine de l'inspection et ancien employé de l'Agence canadienne d'inspection des aliments, M. Bertrand a été mandaté, entre autres, pour préparer un guide d'importation des produits agricoles et artisanaux au Canada. Dans sa présentation, M. Bertrand a passé en revue les principales lois canadiennes auxquelles tout importateur doit se soumettre, comme la loi sur l'inspection des viandes et du poisson, ou encore la loi sur l'emballage et l'étiquetage des produits. Tout en donnant de judicieux conseils, il a aussi détaillé les responsabilités de l'importateur, qui les incitent à instaurer leurs propres contrôles d'hygiène pour assurer la salubrité des aliments. Démystifier le système Malgré le contrôle très rigoureux exercé aux douanes canadiennes, M. Bertrand souhaite tout de même rassurer ceux qui désirent se lancer dans cette aventure. « La réglementation canadienne n'est pas là pour vous nuire. Ce sont plutôt des balises qui vont vous donner un droit d'accès au pays, nuance-t-il. Si tous vos documents sont conformes, votre demande peut être approuvée en seulement trois heures ». Toutefois, l'expert conseille aux entrepreneurs intéressés de recourir aux services d'un importateur canadien. Néanmoins, la complexité du processus peut apparaître comme un facteur de découragement pour plusieurs entrepreneurs désirant faire du commerce au-delà des frontières. « Dans la tête des gens, c'est très compliqué le Canada. En plus, il y a peu de transports directs, alors beaucoup de marchandises doivent transiter vers les États-Unis », ajoute Mike Lafontant, directeur exécutif de la CCIHC. L'an dernier, l'association a organisé une mission vers le Canada, avec l'appui de l'ambassade, au cours de laquelle les entrepreneurs participants ont pu se familiariser avec toutes les subtilités du système. M. Lafontant espère qu'il sera possible d'organiser un voyage semblable au printemps prochain. Présente lors de l'événement, la première secrétaire du commerce à l'ambassade du Canada, Karine Pleau, tient à souligner que les nouveau exportateurs peuvent aussi communiquer avec le Trade Facilitation Office (TFO), une organisation spécialisée en commerce au service des pays en développement et financée par Affaires mondiales Canada, afin d'être bien conseillés. En février dernier, la CCIHC avait d'ailleurs organisé une séance de formation, avec la participation de TFO, ayant pour objectif l'exportation efficace vers le Canada. Quels produits privilégier et éviter? Parmi les produits les plus recherchés selon M. Bertrand (voir la liste complète ci-dessous), les objets d'art ont de plus en plus la cote auprès des consommateurs. Ils sont très recherchés, comparativement aux produits textiles, qui constituent déjà environ 60% des produits haïtiens importés au Canada. Par ailleurs, les viandes transformées, les produits laitiers, les fruits et légumes non tropicaux, la farine ainsi que les produits de boulangerie sont à éviter, toujours selon l'expert. De plus, M. Bertrand déconseille aussi l'importation de jus et de confitures, considérant que le marché canadien est déjà saturé par la présence massive de ces produits. Pour les entrepreneurs qui voudraient d'abord sonder le terrain avec leurs offres, la CCIHC leur recommande d'être plus visibles auprès de leurs potentiels clients en participant à des foires commerciales comme le Salon des métiers d'art, Haïti en folie ou encore l'événement « Un goût des Caraïbes » à Montréal. Top 10 des exportations haïtiennes au Canada (en $ CAN) -T-shirts/maillots en coton: 14 M$ -Anguilles vivantes: 6,5 M$ Langoustes congelées: 4,6 M$ -Chandails/pull-overs en coton: 1,8 M$ -Pantalons/salopettes/shorts tissés: 1,4 M$ -Chandails/gilets en fibres synthétiques: Plus de 900 000 $ -Goyaves, mangues et mangoustans (frais/secs): Plus de 700 000 $ -Homards congelés: Plus de 400 000 $ -Chapeaux: Plus de 300 000 $ -Rhum et eau-de-vie: Plus de 200 000 $ (Sources: Statistiques Canada et Bureau du recensement des États-Unis, 2015) Produits à privilégier selon Yvon Bertrand -Coprah (huile de coco) Aliments (bio) organiques -Herbes et plantes aromatiques (thé et infusion, corossol, menthe, ti baume, verveine, moringa, etc.) -Herbes et plantes médicinales ou cosmétiques -Cacao -Miel -Fruits/légumes uniques (couleur verte, séchés) -Huile vétiver (essence de vétiver)

Josianne Desjardins Collaboration spéciale – Programme de coopération volontaire canadien (PCV-Haïti) Auteur

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