Candidats, quoi de neuf?

Publié le 2016-08-31 | Le Nouvelliste

Editorial -

Le pays s’engouffre depuis plus d’un an dans un processus électoral dont l’issue est encore incertaine. On se rappelle que le 1er tour des législatives a eu lieu le 9 août 2015. Le pays est visiblement fatigué par ce processus qui nous tient en otage. Que de temps, d’énergie et d’argent gaspillés dans cet exercice que nos candidats, nos partis politiques, nos dirigeants…ont choisi de compliquer avec la complicité de la communauté internationale! N’est-ce pas un paradoxe dans un pays où tout est urgent ? Aujourd’hui encore, plus d’un an après la tenue du 1er tour des législatives, le pays est en pleine campagne électorale. Même si c’est dans une relative indifférence. La rentrée des classes dans un climat économique morose, la migration incontrôlée de nos compatriotes vers l’Amérique latine, l’insécurité rampante, l’insalubrité des rues, la corruption qui gangrène l’administration publique, la crise de l’Université d’Etat d’Haïti… prennent, sans conteste, le dessus sur la campagne électorale. Il semble que les candidats sont aussi fatigués par le processus électoral. Huit jours après le lancement de la campagne, sur les 27 candidats en course, on peut compter sur les doigts d’une main ceux qui se font sentir. Fatigue ou stratégie de campagne ? Trop tôt pour tirer une conclusion. Il y a quelques mois que les candidats à la présidence en lice étaient en campagne. Ils avaient déjà vendu leurs visions et leurs programmes aux électeurs. Nous connaissons tous la suite. Ils sont appelés à faire le même exercice. Mieux que la dernière fois en vue de séduire les électeurs. Considérant la conjoncture actuelle faite de crises de toutes sortes, la tâche est apparemment plus compliquée qu’elle ne l’était auparavant. Il y a tellement de questions pendantes qu'on se demande si les candidats trouveront les mots justes pour y répondre. Que diront-ils aux jeunes qui sont prêts à tout pour aller au Chili ou au Brésil pour qu’ils reprennent confiance dans le pays ? Que vont-ils promettre aux victimes du choléra qui attendent justice et réparation de l’Onu et à ceux qui craignent d’attraper la maladie ? La formation universitaire et professionnelle trouvera-t-elle une place dans le discours de nos candidats ? Voilà quelques-uns des problèmes spécifiques qui devront être résolus à travers des réponses à des problèmes structurels qui touchent l’économie, la justice l’agriculture, l’éducation, etc. Candidats, avez-vous quelque chose de neuf à dire sur ces problèmes par rapport à la dernière campagne électorale ?

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