Goût et Saveurs Lakay s’en vient

Du 15 au 19 septembre, Port-au-Prince bougera au rythme de l’édition 2016 du festival Goût et Saveurs Lakay. Chef Stephan, tout en déplorant le manque de soutien du gouvernement actuel à l’endroit de l’activité, souhaite que les participants festoieront en dépit d’un climat de morosité qui marque le pays actuellement.

Publié le 2016-08-24 | Le Nouvelliste

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Comme à l’accoutumée, Goût et Saveurs Lakay s’ouvrira par une soirée de cocktail qui se fera à Palm Residence, selon Chef Stephan, le 15 septembre avec participation des médias. La fête se poursuivra au Quartier Latin où deux chefs vont préparer des plats créoles. Le lendemain, dans la soirée, se tiendra le Village Gourmand au Karibe où plus de quarante participants rivaliseront en matière d’originalité. Le samedi, en journée, s’organiseront deux lunchs dont l’un au Café 36 et l’autre au Mupanah. Samedi soir, le Dîner sous les étoiles se déroulera à Asù. Dimanche, un brunch à Obi (restaurant de l’hôtel Ibolele) bouclera le festival, c'est une des nouveautés du festival, selon lui, pour cette année. A l’attention de l’ensemble des restaurants du pays, le chef ''décrète'' que tout le mois de septembre doit être considéré comme celui de la gastronomie et qu’il convient, à son avis, de le célébrer par des activités autour de la cuisine haïtienne. Les étudiants des écoles d’hôtellerie sont intégrés au festival comme ce fut le cas l’année dernière. « Ils ont cette chance de pouvoir évoluer dans le même carré que des chefs professionnels d’ici et d’ailleurs grâce à cet espace. C’est toujours bon pour un apprenant de faire des expériences pareilles sur le terrain, parmi des gens d’expérience », confie-t-il. Mais tout n’est pas rose dans la préparation et la tenue, d'après les observations du président de l’Alliance Culinaire Haïtienne. Ce n’est pas une sinécure telle qu’il l’explique. « Le pays, souligne-t-il, de par son climat de morosité, ne s’y prête pas a priori. Et il y a aussi la froideur des sponsors. Mais l’on comprend pourquoi il y a une réduction par ceux qui nous répondent des fonds de subvention. Un retard dans la préparation de l’édition qui s’en vient était dû justement à l’arrivée à pas de tortue des quelques fonds. » L’organisateur regrette le fait que l’on sous-estime la portée internationale et les incidences positives sur l’économie que peut entraîner l'événement Goût et Saveurs Lakay. « C’est une activité qui devait interpeller non seulement le ministère du Tourisme et celui de la Culture, mais aussi celui des Haïtiens vivant à l’étranger. C’est désolant que le présent gouvernement ne s’implique pas assez dans le support d’une activité qui peut attirer la diaspora en grand nombre à rentrer au pays pour y prendre part », s'attriste l'organisateur. Si l'événement était pris en charge par l’État, il s’imposerait déjà, comme Livres en Folie. Chef Stephan évoque à titre comparatif d’autres festivals culinaires qui se font à Bahamas ou à la Barbade et qui sont subventionnés par leur gouvernement respectif à l’ordre de 100 000 dollars en moyenne. Chez nous, selon ses explications, cette activité dédiée à la cuisine et à la gastronomie ne parviendrait pas jusqu’à la présente édition sans les moyens du bord et le soutien inconditionnel de sponsors privés comme la ligne aérienne Delta, Rhum Barbancourt et les participants locaux qui sont en soi des sponsors pour elle. Dans le meilleur des mondes, Goût et Saveurs Lakay devra attirer un tas d’Haïtiens vivant à l’extérieur aussi que des étrangers dans le pays durant sa tenue chaque année, selon l’éminent cuisinier. Un idéal qui peut être poursuivi par une promotion dans les grands médias du monde, par un travail de concert avec les ambassades d’Haïti disséminés sur la planète pour attirer les foules. « L’idéal, renchérit-il, c’est aussi d’agrandir le festival en prolongeant la durée. Pourquoi ne pas passer d’une semaine à un mois, en ajoutant plus d’activités ? Pourquoi pas des activités dans beaucoup plus de restaurants ? », s'interroge-t-il. Pour ce faire, une des stratégies payantes serait de pouvoir y inviter des chefs de renommée mondiale, à son avis. Chef Stephan cite entre autres de grosses pointures comme Chef Emelil Lagasse de Louisiane et chef Marcus Samuelson d’Ethiopie. Il avance que ces derniers pourraient venir chez nous avec beaucoup de gens. « En plus, de par leur popularité, le festival pourrait bénéficier de couverture de médias spécialisés et d’envergure... Mais de tels projets supposent de grands fonds », note-t-il. Quelques mots du chef à l’endroit du grand public « J’espère que tout le monde va continuer à nous supporter. Sans le public et les restaurateurs, Goût et Saveurs Lakay appartiendrait au passé. Vous êtes la garantie de son succès au fil des éditions. Revenez comme les autres fois, vous adorerez les mets et les plats que les chefs vont vous concocter ! »

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